dimanche 21 mai 2017

La jument de Diomède...

...est herbivore !

C’est une histoire toute simple dont les origines sont pourtant compliquées : dans la mythologie grecque (qui ne nous quitte jamais), vivait en Thrace un roi sanguinaire, Diomède. Il était le fils de Mars, le dieu de la guerre et de Cyrène, la néréide. Je ne développe pas qui est Cyrène ce qui est dommage, car elle avait une grande réputation de beauté, et, comme une espèce de Diane chasseresse, protégeait son troupeau de moutons des prédateurs en les abattant sans aucun état d’âme…Bref ! Il régnait (je reviens à Diomède) sur un immense territoire au nord de la mer Egée. Les îlots rocheux étaient si nombreux que de nombreux navires venaient s’y fracasser. Diomède faisait capturer les naufragés et les donnait en pâture à ses chevaux. Les juments, qui étaient quatre, étaient devenues carnivores car le roi de Thrace ne les nourrissait que de chair humaine. Réputées indomptables, les juments de Diomède restaient en permanence enfermées dans les écuries, devant leurs mangeoires de bronze, solidement attachées par des chaînes de fer. Leurs noms (par ordre alphabétique) : Dinos, Lampon, Podargos et Xanthos. Aucun ne commence par C, vous allez voir que ce détail a de l’importance.

Devant le danger que représentaient ces juments, Eurysthée, roi de l'Argolide (région comprenant Mycènes et Tirynthe), et ennemi d'Héraclès son cousin à qui il cherche à nuire, lui commande douze travaux impossibles. Dont un numéro huit : se rendre en Thrace, capturer les juments de Diomède et les rendre inoffensives.



Hercule embarque dans la galère de Philos, le plus valeureux lieutenant d’Amphitryon, et se rend dans la capitale de Thrace. Ils arrivent la nuit et repèrent aisément les juments. Ils entrent dans les écuries où ils sont surpris par Diomède et sa garnison. Hercule fait prisonnier le roi et le jette dans les mangeoires en bronze où les juments se ruent sur leur maître (pour le bouffer). Le temps de digérer, elles se calment et Hercule peut les approcher et les faire monter à bord de la galère….où elles acceptent le foin préparé à l’avance qui les rend à nouveau herbivores…jusqu’à ce qu’elles soient rendues à Eurysthée.

Fin du huitième exploit.

Voilà sans doute pourquoi les écuries que fréquentent Marine se nomment « les cavales de Diomède », j’espère une fois domptées par Hercule et rendues herbivores. Le cheval de Marine est une jument, Cali, diminutif de California, ou plutôt c’est l’éleveuse de la race pure Minorquine à laquelle appartient Cali qui l’a nommée ainsi, obligée de commencer par un C, des histoires de stud-book.


noeud vert dans la queue = Cali est débutante





caresse terminale = bravo pour le sans-faute !

Comme un jeune humain, Cali apprend à se conduire dans la vie : à ne pas bouffer sa maîtresse (elle avait tendance au début). A ne pas taper (elle a toujours tendance ce qui explique le prochain nœud de couleur rouge sur la queue). A marcher, trotter et galoper du bon pied. Et mieux à sauter l’obstacle, ce qui pour un cheval représente un effort, qui suppose un véritable entrainement.

Marine a donc du régresser par rapport à son propre niveau, pour s’adapter à Cali qui saute moins haut que des chevaux plus expérimentés. Et pour donner des références à la jument, il faut l’inscrire au maximum de concours possible, faire des sans-faute, et plus il y en a, plus Cali prend goût à être applaudie, plus elle va sauter haut, et progresser, y compris en prix.

Cela nécessite une alimentation équilibrée (surtout pas de viande), des soins vétérinaires permanents, des crèmes, onguents, et potions diverses. La dentiste est venue à domicile lui raboter les dents (qui étaient un peu trop pointues) pour mastiquer l’herbe, vieille déformation génétique du temps passé où ses ancêtres bouffaient leur patron.

Ca se passait dimanche à Luchon, on ne sait qui féliciter, Si : Marine pour son opiniâtreté, Cali pour ses progrès, la coach Mélanie Cavanac pour la qualité de ses soins, Pierre le mari de celle-ci qui produit de la si bonne viande de mouton des Pyrénées, et tout ce monde qui aime les chevaux...

...herbivores



Gustave Moreau a représenté la scène 

où Diomède est dévoré :



Antoine-Jean Gros
Hercule tient fermement Diomède pendant qu'il se fait dévorer vivant


il faut aller voir la mosaïque de Valence (Drôme à
St-Paul-les-Romans), musée de Valence


mais...pas besoin d'aller si loin :

au musée St-Raymond de Toulouse

les bas-reliefs de Chiragan :

Hercule livre Diomède à ses cavales :



et voici Cali

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire