lundi 9 mars 2015

Les vitraux retrouvés



Il y a longtemps que je ne vous avais pas parlé de vitraux … art disparu … !

Ceci ressemble aux histoires de temples égyptiens … enfin, en toute petite proportion : Padiomenopé n’était ni un prince ni Vizir, mais le plus grand érudit de son temps. -700 avant Jésus Christ.  Isabelle Régen, de l’Université de Montpellier, est une des épigraphistes qui recopie les hiéroglyphes de ce temple souterrain. Ce n’est pas un temple, mais une bibliothèque : elle contient tous les livres égyptiens, dont  le livre des morts. Ce Padiomenopé m’inspire, c’était un théologien ; « celui qui est initié ». Il était écouté, la différence entre nous étant que lui était riche, assez pour rémunérer des milliers d’ouvriers pour construire son temple-bibliothèque. Mon score perso, 6 mètres carrés de vitraux… déjà pas mal pour un particulier !

Quel rapport me direz-vous ? Ici pas de désert. Pas de fouilles…quoique. Je fouille autour des anciens abattoirs, nous sommes dans l’enceinte privée de la Ville, et c’est dans ce lieu privé donc que les employés municipaux déposent (ils ne stockent pas, ils jettent) des résidus qu’ils n’osent déverser au rayon « encombrants » de la déchetterie. Ils ont raison : peut-être pensent-ils que « ça peut servir un jour » ? Peut-être que des bouts de marbre sculptés présenteront un jour de l’intérêt ?

Bref sans comparer à l’Egypte, le curieux peut rêver qu’en fouillant, il va tomber sur quelque chose qui vaut le coup.

C’est là que j’ai trouvé les candélabres Montmartre démontés dont je vous ai déjà parlé pour en remonter un sur ce qui est devenu l’Esplanade de la Légion d’Honneur. Il en reste pas mal !


Pourquoi vais-je voir sous ces tas de feuilles alors que j’étais déjà passé par là ? Pourquoi suis-je attiré par ce tas de ferraille rouillée ? 

Presque bien rangé si l’on considère l’empilement de douze (comme les apôtres) gros morceaux de grosse ferronnerie rouillée : vous savez en regardant de près, comme les portails de châteaux !







Les portes, on dirait des portes, sont disposées en quinconce : on pourrait rêver que la partie supérieure coiffe et protège ce qu’il y a dessous : la porte supérieure est recouverte de feuilles mortes, branches, tout ce qui a pu être accumulé par les intempéries pendant trente ans. 

Non ! Le dessous dépasse, on devine la lisière encrassée. La pluie a enlevé un peu de dépôt de la terre accumulée par le vent sur un morceau. Je n’en crois pas mes yeux : on dirait du verre. Je tombe sur un cercle plat, un peu ondulé, on dirait une cive : du verre cathédrale : c’est une cive découpée dans du verre cathédrale plat et blanchâtre.

Je suis tombé sur un "tas de vitraux" !

J’en frissonne encore !

Comme les chercheurs découvrant les merveilles de la tombe de Padiomenopé, 322 m de couloirs ornés, ici ce n’est pas aussi extraordinaire, mais quand-même !

Il est important de ne pas en parler (à n’importe qui). Il faut quand-même savoir ce que c’est. Je ne tarde pas à trouver en l'un des amis de la Collégiale, un connaisseur de l’Histoire locale, j’ai mis un grand H.

Ma découverte ne l’étonne pas, même il serait au courant : comme dans beaucoup d’immeubles dans les années soixante, faire moderne a consisté à virer les vieux trucs pour moderniser : je vous ai déjà parlé de la Caisse d’Epargne de Toulouse : imaginez les mêmes pratiques ici : on enlève les ferronneries, on met des fermetures plus classiques, des passages pour les clients mieux adaptés à leur taille, pas besoin de 2 mètres de large, et surtout, pas besoin de 4 mètres cinquante de hauteur, pour des clients qui mesurent rarement deux mètres !

Je vais voir : l’emplacement est toujours là, mais en effet l’architecture est plus contemporaine. L’entreprise qui a été chargée du chantier a du se demander que faire des vieilles portes : la Ville a proposé sa décharge : -« ça servira peut-être à quelqu’un un jour » ? Et l’affaire a été faite.

J’ai simplifié car il parait qu’il y avait aussi des vitraux à l’intérieur. Ils n’intéressaient personne. Ils auraient été donnés, aux employés municipaux, en guise d’étrennes ? Rien n’est sûr, les rumeurs, vous savez ! Comme ils n’avaient qu’en faire, les vitraux auraient été vendus, à un antiquaire (à moins que ce soit un brocanteur). Vendus et rachetés par quelqu’un donc ? Il parait qu’un morceau représentait l’agriculture ! C’était les plus beaux évidemment à l’intérieur. Disparus à jamais. Comme ceux que je retrouve mais qui, vous allez voir, réapparaissent !

Aujourd’hui, on se moque des djihadistes qui cassent à coup de masse les copies de plâtre du musée de Mossoul en Irak. Le Figaro Magazine énumère page 32 du numéro du 6 mars 2015 « Ces trésors qu’on assassine » au Mali ; en Lybie ; Alep et Homs. Syrie, j’en passe et des meilleurs.

Pour moi, un vitrail est déjà sacré. Dire que c’est un trésor est très exagéré. Mais 18 m2 de vitraux, abandonnés, avec une prescription trentenaire, c’est quand-même une sacrée trouvaille !

Le Roi Louis devenu Saint a fait construire la Sainte-Chapelle pour imaginer le Paradis

Je veux voir un tout petit bout du Paradis (des épargnants)

Aidez moi à recréer ces vitraux !


façade actuelle

reconstitution des 3 portes, malheureusement à l'envers
l'une des 6 portes






sauvemévitro.com











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