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mercredi 24 avril 2024

Des médicaments (sur mesure) créés avec une imprimante 3D

je n'ai que 5 jours de retard !

MB Therapeutics est le fruit d’une étroite collaboration entre Lynxter, un fabricant reconnu d’imprimantes 3D industrielles, et le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nîmes, qui a bien changé depuis son occupation romaine ! MB Therapeutics émerge en tant que start-up spécialisée dans la médecine personnalisée, exploitant la technologie d’impression 3D. Cette entreprise s’engage à révolutionner l’administration des traitements, en particulier pour les jeunes patients touchés par des pathologies, à travers son innovation de fabrication de formes pharmaceutiques pédiatriques sur mesure. Cette avancée s’effectue en étroite collaboration avec les experts médicaux, démontrant ainsi l’engagement de MB Therapeutics envers la santé et le bien-être.


c'est ça la vie :

pendant que les uns parlent

tout le monde peut parler

avec la perspective des Européennes, il y en a ... qui parlent ! 

il existe pleins de nos jeunes, pleins de nos compatriotes

qui créent, innovent, et qui fabriquent notre vie du futur

ouf !

une autre pépite m'intéresse : grosso modo Treefrog Therapeutics sait élever des cellules-souches.

Elle sait élever des cellules-souches du pancréas, pour fabriquer (perso) de l'insuline (perso)

ainsi le diabétique de type 2, voit sa production (perso) reprendre

ça m'intéresse... en cas de manque d'insuline, menace permanente pour les clients diabétiques

la promesse d'une autre Pépite !

https://www.bfmtv.com/economie/diabete-un-contrat-geant-pour-treefrog-therapeutics_VN-202404230179.html

ll ne peut pas s'empêcher de sourire

Frédéric Desdouits est basé à Pessac. Il s'éclate à la télé, il a de quoi se regarder (en se marrant) dans la glace :  il vient de s'associer à Vertex qui met dans le pot $800 millions. 

pareil pour la maladie de Parkinson, les maladies du foie, 

à nous les malades les greffons de la guérison ... perso !

---o---

Mon ami René avait fabriqué, de ses mains, et tout seul, une imprimante 3D

bravo !

j'ai mis exprès des murs du Machu Pichu, pourquoi en 2000 ans à peine aurions-nous inventé la bombe atomique ?
et pourquoi ces mecs depuis 4000 ans n'auraient-ils rien fichu sur Terre ?


puis il a inventé, reprenant les inventions égyptiennes (contestées par les ignorants) sans doute

une "liqueur de marbre" liquide, dont il alimentait son imprimante, à la place du plastique habituel

sa liqueur devenait "pierre" en six heures, dure comme du marbre d'Egypte

il en faisait des bustes offerts à ses amis

il eût suffit qu'il remplaçât sa liqueur

par un composé de médicaments adaptés à chacun

pour qu'il fabriquât lui aussi

des médicaments naturels "sur mesure"

exemple : -des comprimés de spiruline, pour les éleveurs desquelles il avait inventé un concentrateur, pour doper naturellement l'oxygénation des aînés

          -des comprimés d'arnica, notre plante médicinale type des Pyrénées (1)

etc...

hélas, décu de ne pouvoir créer une entreprise sur place ... il est parti ! (à B...)

mais d'autres ont relevé le défi :

ils construisent notre santé de demain

Vive le Progrès-malin ! 


(j'ai connu l'époque où les Toulousains ajoutaient à leur plaque minéralogique 31

le qualificatif :

"Toulousain-malin")


PS : René a beaucoup compté pour moi :

https://babone5go2.blogspot.com/2017/04/imprimer-le-monde.html

https://babone5go2.blogspot.com/2016/09/pythagore-existe-2.html

https://babone5go2.blogspot.com/2016/09/pythagore-existe-3.html

https://babone5go2.blogspot.com/2017/01/pythagore-sort-son-site.html

https://babone5go2.blogspot.com/2021/11/rene-mexplique-larnmessager-prodige-de.html


PS : (1) notre érudit en plantes médicinales, Robert Pujol 

https://babone5go2.blogspot.com/search?q=pujol

https://babone5go2.blogspot.com/2020/02/robert-pujol-remplit-la-mediatheque.html


Pythagore avait coutume d'offrir leur profil à ses amis
voici le double profil de l'auteur





cela nous entrainerait trop loin de développer les profils de Rubin
une autre fois peut-être ?


Quand je m'indigne et vous invite à faire de même

j'omets ce genre de personnes, les pointilleux, disciplinés, dévoués et rebelles créatifs

les progrès de notre Civilisation

 reposent sur eux !

... pas sur ceux qui parlent !

jeudi 10 janvier 2019

Pyrénées centrales : plantes médicinales en danger...


en conférence avec le Secrétaire Général de la SEC
La première conférence de mercredi de la SEC (Société d’Etudes du Comminges). La salle est pleine. Robert Pujol le conférencier est connu de tous : docteur en pharmacie, ancien pharmacien de Saint-Béat, herboriste, militant défenseur de la biodiversité (1), il connait les plantes comme personne. Nous sommes convaincus dans la salle de l’exception que constituent les Pyrénées Centrales : l’une des plus belles flores ... du monde ! 400 plantes connues propres à soigner les maladies ! Non seulement il connait les plantes médicinales, mais il, a pratiqué dans son officine « des formules », comme il les appelle, données par des bergers, obligés de trouver dans les estives de quoi se dépanner ; et des grand-mères dépositaires de remèdes traditionnels. Des plantes utilisées depuis l’antiquité grecque, romaine, arabe, citées dans l’ancien Testament pour soigner humains et animaux. 


Il écrit des articles, enseigne, et transmet une somme impressionnante de connaissances oubliées : on dit souvent qu’un conférencier n’expose, même en deux heures de temps que le dixième de ses connaissances : Robert Pujol debout devant l’assemblée attentive improvise, balançant à l’improviste une note d’humour : La salle rit ! Heureusement je retrouve une feuille vierge dans mon sac, et puis prendre des notes, attitude fortement conseillée par le professeur pour noter ses fameuses formules : exemple, l’Ecclesiaste explique que Dieu en créant le monde a donné à certaines plantes la forme d’un organe humain, pour nous inciter à l’utiliser afin de soigner l’organe en question : tenez le haricot, qui ressemble à un rein ! Surtout le cerneau de la noix ressemble à un cerveau : -« consommer de la ligueur de noix vous rendra intelligent » : Robert avoue qu’il en a consommé toute son enfance, « mais que le résultat n’est pas à la hauteur de l’espérance qu’y avaient mise ses parents » !


Dès le début, je suis à mon aise avec la fameuse coupe Nord-Sud, présentant les étages de végétation en fonction de l’altitude, qui m’ont guidé dans le repérage de la « ruta de las mariposas ». (2) Même si l’étage alpin disparait avec le réchauffement climatique, les plantes s’étagent toujours précisément du bas vers le haut et réciproquement, et le conférencier nous fait faire l’escalade assis dans nos fauteuils sans effort physique, (même si la salle n’a pas été chauffée et qu’il ne fait pas si chaud…mais la chaleur humaine comble cette économie après tout justifiée puisque la SEC produit toujours des conférences gratuites) !


Nous sommes habitués à consommer des médicaments en boite, des formules chimiques, ayant oublié que  nombre de plantes contiennent les principes actifs aussi précieux que ceux qui participent aux soins contre le cancer, comme l’if : non seulement il servait à construire des arcs, mais il contient des taxols anti-cancer du sein. N’oublions pas non plus le saule blanc, salix alba (je pense aux petits mars à reflets changeants dont les chenilles adorent les feuilles argentées de salix viminalis) qui contient de l’acide salicylique, autrement dit l’aspirine !

On a oublié que l’écorce de hêtre distillée produit de la créosote, qui servait autrefois à alimenter les boules de verre placées dans les boites à papillons pour éloigner les prédateurs, de même que le charbon de hêtre est détoxifiant, ou que les faînes que je récoltais en Normandie tout jeune grillées servent maintenant d’apéritif de luxe dans les restaurants étoilés.






Le sapin, les résineux en général, sont à l’origine d’huiles essentielles antiseptiques : les bourgeons mélangés à des feuilles d’eucalyptus étaient disposés par les instituteurs dans les classes primaires autrefois pour créer une atmosphère purifiée. Sans oublier la térébentine de Strasbourg, à ne pas confondre avec celle de Bordeaux fabriquée à partir de pin des Landes. Autrefois à Boutx les mamans récoltaient les gouttes de résine  (comparées à des vessies), qu’elles allaient « crever », pour en faire des emplâtres.

On oublie trop l’Aspérule odorante, la reine des bois. Et la recette du 22 mai : 60g de fleurs dans un litre de vin sucré de 80g de sucre ! Quant à la myrtille, elle contient des pigments antho carpiques permettant de fabriquer les collyres destinés à activer les veinules des yeux malades.

Tout le monde connait l’arnica ! Le principe des crèmes contre les coups ! Figurez vous que la cosmétique s’y intéresse tellement qu’elle en consomme 50.000 tonnes par an ! Or les massifs des Alpes par exemple sont complètement dépouillés… jusqu’à ce que les récolteurs mercenaires payés par les firmes débarquent dans les Pyrénées, et ... arrachent tout… contre quelques billets remis aux Maires dont la seule réaction est : -« pas grave, les animaux n’en consomment pas » ! Pourtant il existe des variétés cultivées contenant les mêmes principes. Mais avec la disparition des espèces, tout ce qui est sauvage est vendeur… sauf à faire disparaître les dernières plantes sauvages ! Nos plantes médicinales sont en danger !

La digitale ? Personne n’oserait en faire un remède : trois feuilles ingérées suffisent à tuer un humain ! Pourtant, à la dose idoine (mieux vaut confier la préparation à un pharmacien expérimenté), dans les plantes, c’est la dose qui compte, et la « marge thérapeutique » à l’intérieur de laquelle il faut rester. Robert Pujol l’appelle « l’herbe aux héritiers » : en en donnant à la personne dont on souhaite hâter la fin de vie, (sans laisser la moindre trace), on obtient (sans douleur) un ralentissement du rythme cardiaque, conduisant à l'arrêt final (du coeur) ...! Aucun rapport avec l’aconit, beaucoup plus radical, et donc...déconseillé !

La gentiane est à la base du principe amer bien connu dans la Suze, que commencent à découvrir nos amis américains : parfait pour les convalescents, surtout en ajoutant un zeste d’absinthe : on obtient le "quinquina du pauvre" ! le secret ? ajouter de l’écorce d’orange pour enlever l’amertume : 4g de racine sèche + 4g d’orange ; de l’écorce de citron, et voilà une infusion parfaite pour lutter contre la grippe car on a alors un excellent fébrifuge : indispensable à consommer dès à présent, puisque l'épidémie s'affirme forte ici en Occitanie ! ! . 

On a envie d’aller à Saint-Béat se faire prescrire des tisanes, non ?

Surtout ne pas confondre avec la Verâtre aux feuilles alternées au lieu d’être opposées ! Si on confond : des étourdissements au bout d’une heure ! Comme la mort intervient trois heures après l'ingestion, on n’a plus que deux heures pour se faire soigner dans un centre anti-poisons : prendre l’apéritif chez des pseudo-montagnards mauvais herboristes est strictement déconseillé !

feuilles opposées de la gentiane : ne pas confondre avec la Vérâtre !

Sont passées en revue les plantes des étages supérieurs, puisque la conférence continue de nous faire monter en altitude : oseille, attention au poison rénal causé par les oxalates ! Sermontain, contre les diarrhées des bergers. Sarriette…oui, une herbe méditerranéenne célèbre pour remplacer la corne de rhinocéros ... introuvable dans les Pyrénées ! C’est l’herbe aux satyres ! Le bouleau, contre les calculs urinaires : une branche permet de récolter deux litres de sève, vous ajoutez quelques clous de girofle, excellent rhumatismal !


Robert termine (à regret) par l’edelweiss. En danger ! Il serait considéré comme anti-vieillissement… vous pensez si là encore les récolteurs arrachent les derniers pieds !

Nadau l’a chanté dans une chanson célèbre : c'est en Occitan l’immortella :


Une bien belle conférence

Robert Pujol évoque Gaia la Terre

notre mère la Terre ...

... mieux que la terre nourricière

Respectons la, comme la respectaient nos anciens des Pyrénées qui ne cueillaient les plantes
qu’avec circonspection, en respectant les rites anciens, le prélèvement en silence, les fêtes des Saints...

un super conférencier




PS (1) cela tombe bien : le Monde attire notre attention sur la baisse spectaculaire de la biodiversité en France, y compris dans les vastes étendues maritimes d'Outre-mer : c'est bien mal parti...: cela vaut pour les oiseaux ; les petits mammifères... mais aussi pour les papillons...les plantes médicinales...et les plantes sauvages elles-mêmes  ! ! 

La " richesse" est certes dépendante du pouvoir d'achat. La richesse est aussi la diversité de la Nature. Cette richesse là est aussi compromise que la première. Je crains que le Grand débat ne fasse même pas allusion à cette question...?




PS (2) la ruta de las mariposas 


Les conférences de la Société d'Etudes du Comminges ont lieu tous les premiers mercredi du mois, à 17H30. Elles sont gratuites, et participent activement à l'identité des habitants des Pyrénées centrales...surprenantes Pyrénées Centrales.... à suivre !


depuis 1884

jeudi 13 février 2020

Robert Pujol remplit la médiathèque !


Une conférence du premier mardi du mois supplémentaire ! Celle de février. C'est à nouveau Robert Pujol ! Je dis "à nouveau", parce qu'il avait débordé lors de sa dernière prestation (1) et n'avait pu finir son sujet : "les plantes médicinales des Pyrénées". Il n'a pas tout à fait terminé là encore, tant le domaine est vaste ! Je ne m'étais pas méfié, impossible de garer mon véhicule dans les environs, j'arrive à 17H28 deux petites minutes avant le début à 17H30, rigoureusement respecté par le Secrétaire Général de la S.E.C... l'amphithéâtre est bondé. Je me dis que je vais tenter ma chance devant aux rangs des VIP : aucun fauteuil libre, les Autorités sont en nombre ! Une unique place disponible : l'avant dernière marche de l'escalier : je m'assois sur mon duffle-coat plié sous les fesses, pas terrible mais bon, je suis assis, et devant ! 




C'est là que je perçois l'âme de l'assistance : nous sommes dans le Comminges, un endroit encore miraculeusement préservé de la folie du Siècle : veut-on se rendre dans une ville ? On va à Tarbes. Mieux à Toulouse ...une mégapole barrée de bouchons automobiles, accessible uniquement par le train (quand il fonctionne) ? Arrivés sur place, facile alors de se balader en métro ou en bus. Mais pour les courses banales, on reste sur place, pour les examens de santé, on a un nouvel Hôpital. Pour les cas graves, on vous transfère à Purpan. Pour les courses, on a notre super-Leclerc-géant. Pour les achats spéciaux : internet. Par contre pour respirer de l'air frais, boire de l'eau pure, côtoyer les petits oiseaux, les fleurs et les papillons, il nous reste de la marge, dans notre "Jardin Planétaire", (2) replié sur les Pyrénées Centrales incluant nos voisins du val d'Aran, qui nous reçoivent si bien.

Au début de sa conférence, Robert Pujol insiste sur les valeurs que représentaient dans les années 70 la nature et la montagne : c'étaient des Créations divines, Gaïa, la Terre-mère, un don de Dieu, on les respectait et en prenait soin. On herborisait les plantes médicinales lors de jours particuliers, marqués par la fête des Saints, et on  prélevait avec modération, pour permettre à la Nature de perpétuer les espèces. Robert râle, quand il observe la contradiction entre la rareté du Génépi, la difficulté d'en ramasser quelques brins après une dure escalade ; et la quantité énorme de bouteilles que distribuent les professionnels ! qu'y a-t-il vraiment dedans ? Pire, en s'attaquant aux plantes "rares et sauvages", le must de la mode pour désigner les espèces en voie de disparition, les ramasseurs professionnels arrachent tout avec des pelles mécaniques, détruisant les plantations après leur passage : tel est le cas des gentianes...!


Comme la fois précédente, il énumère les plantes médicinales les plus connues, évoquant ses expéditions, et les notes prises durant sa vie pour élaborer décoctions, remèdes, boissons, préparations que prescrivaient jusqu'aux années 70 les médecins. Il y a deux manières de concentrer les principes actifs : soit les diluer dans l'eau, on en fait des tisanes. Soit dans l'alcool (à 40°), qui peut être un simple vin. Pour confectionner un génépi, il nous raconte le principe des 40 : 40 brins. 40 sucres, dans l'alcool à 40°, le tout macéré 40 jours...!

On a oublié (pour peut qu'on l'ait jamais su) toutes ces plantes, le bouleau, dont une branche donne du jus de bouleau en abondance ; le sorbier des oiseleurs d'où vient le sorbitol. Le pin à crochet, expectorant bactéricide, dont on récolte les bourgeons. Autrefois l'instituteur mettait sur le poêle une casserole d'eau contenant eucalyptus et bourgeons de pins, formule intéressante pour assainir l'atmosphère de la classe. 


le Raisin d'ours est excellent contre la cystite, avec 20g de fleurs de bruyères ; 20g de busserole (c'est le synonyme) ; 2g d'espérule (Galium odoratum) ; et 20g de baies de genèvrier, le tout en infusion. On entend des rires de connivence dans la salle, on devine des spectateurs concernés je devrais dire des spectatrices).

Avec le genèvrier, on parfume le feu de bois quand on cuit une viande sur la braise. C'est le principe de la fumigation, qui réalise un effet antiseptique.

Attention au Rhododendron ! c'est un neurotoxique ! Si des abeilles (turques) butinent la variété (turque de rhododendron) elles rendent leur miel toxique, tant pis si vous en importez par mégarde : mieux vaut consommer du miel des Pyrénées qui est de ce point de vue sans danger : pour les autres, c'est l'intoxication, déjà  décrite par Xénophon !

On en arrive au saule : il produit l'acide salicylique, extraite de l'écorce. En 1899, Bayer dépose son brevet : il a limité les défauts de l'acide, perçant les parois, par acétylation, créant l'aspirine, déjà conseillée par Hippocrate sous forme de décoction d'écorce de saule pour lutter contre les fièvres et les douleurs. On peut aussi faire mariner des racines dans l'huile d'olive pour en faire un onguent.

Attention, on monte encore dans l'étage subalpin des estives, avec l'aconit napel ou casque de Jupiter. 

L'aconit est connu depuis l'Antiquité pour l'activité toxique de ses alcaloïdes puisqu'on l'utilisait pour la chasse ou empoisonner l'eau potable. Une légende grecque le disait issu de la bave des crocs du Cerbère, chien féroce à trois têtes gardant l'entrée des enfers et ramené sur Terre par Hercule. Cela montre à quel point on redoutait les effets de son poison.

Dans le mythe de Jason et des Argonautes, dont l’épopée a pour objectif ultime la conquête de la Toison d’Or, Médée utilise l'aconit pour essayer de tuer Jason, lorsque ce dernier manifesta sa volonté de ne plus être son amant.

Durant l'hiver 183 avant Jésus-Christ, Hannibal se serait suicidé avec un mélange d'aconit et de ciguë, qu'il détenait dans une de ses bagues pour éviter d'être livré aux Romains. Les Gaulois l'ont utilisé pour chasser les loups et les ours qui occupaient les forêts en en enduisant leurs flèches. Au Moyen Âge, Aconitum napellus était considérée comme une plante magique associée à la magie noire. Le casque de Jupiter est craint comme la peste par les loups-garous, les vampires et les démons. Certains rebouteux et guérisseurs prescrivaient l'aconit aux malheureux qui se croyaient eux-mêmes transformés en loup ! À la Renaissance, poison familier des Borgia, il avait leur préférence pour l'atroce agonie que son ingestion provoquait. Attention aux salades ! attention aux bulbes en omelettes ! Même toucher la plante entraîne une migration de l'aconitine par les graisses et occasionne les premiers symptômes... des sueurs, des nausées... précédant l'issue fatale ! pire encore que la digitale !

Robert passe en revue le lotier, l'iris des Pyrénées qui est un vomitif et purgatif, la gentiane de Burser. Depuis que les Américains ont découvert la Suze, ils font ramasser les gentianes dans tous les Massifs européens, provoquant un risque grave de disparition de la plante.


La fleur mythique est l'edelweiss, immourtèla en Béarnais, flore de neou en Bigorre, dont Nadau a fait une si jolie chanson.




Non ce n'est pas la peine de tout arracher, l'ingestion ne confère par l'immortalité !

Et voilà le Pied de chat, la Valériane des montagnes, l'Absinthe, l'Armeria ou Antennaire des Carpathes, le génépi blanc, 30 brins+25 morceaux de sucre+1l d'alcool à 42° macéré 15 jours avec tous les jours une heure d'exposition au soleil du Sud.... on peut ajouter de l'absinthe, ou/et de l'anis ou/et de l'écorce d'orange...chacun autrefois différenciait sa recette en parcourant les montagnes de haltes en haltes dégustatives !


Dix neuf heures sont passées... la salle reste pleine, personne ne veut sortir... Je m'extrais de mon escalier, aspiré par les assis-des-escaliers qui dégagent la place pour les assis-qui-ne-veulent-pas-partir...

Robert Pujol, comme Nadau, sont les chantres

de nos Pyrénées Centrales

on en redemande !


pour approfondir :

Thebe n'est pas en Egypte, mais pas loin d'ici
une des capitales de notre Jardin planétaire

PS (1)

PS (2)
Hervé Bichat, malheureusement disparu, m'avait associé au "Jardin planétaire", identifié à partir des données satellitaires de l'information géographique naissante dans les années 2000, et que je pilotais en France. Je considère toujours que les Pyrénées centrales, par leur géologie, leurs sols, leur altitude, leur variation climatique Nord-Sud, leur découpage international, leurs plantes, leur faune d'arthropodes dont les papillons évidemment, leur faune d'oiseaux et mammifères, sont partie constituante du Jardin Planétaire, qui explique l'existence des Parcs nationaux et régionaux actuels, avec le projet qui avance de Parc Régional naturel. L'homme a occupé ces territoires depuis la nuit des temps, le rôle de notre génération étant de les protéger des prédations des foules, qui détruisent désormais par leur simple nombre les plus beaux coins de la planète.

samedi 7 janvier 2023

L'âme d'Emile Lévy


Une fois encore, les artistes nous montrent l'invisible : voici qu'Emile Lévy (1826-1890) fonce dans le tas : il n'a pas peur de nous montrer sa version de l'âme, pourtant invisible aux mortels ! Le titre : "l'envol de l'âme". La voilà qui flotte dans l'éther avec (ou pas) ses vingt et un grammes, la tête tournée vers l'arrière : une vie entière d'homme ou de femme, accompagnée de son ange gardien représentant l'amour. Mais qui tient (ou est-ce une illusion ?) un compas pour donner sens à la Création du Grand géomètre ? Que de mystères dans cette peinture ! 

Verlaine nous en dit plus : "que ton âme soit blanche ou noire" (1)

et puis je vous ai expliqué le "poids de l'âme"

http://mesamispapillons.blogspot.com/2011/02/me-reincarner-en-papillon.html

L'art d'illustrer ce qui n'existe pas : voici Diane, la chasseresse : elle n'existe pas, 

mais Emile...  nous montre ses...  (déesses)-fesses :

il nous la fait donc voir !



forcément, peindre Diane ou peindre Vénus, c'est peindre le corps d'Eve

voilà donc Emile Lévy peintre classique, peignant l'invisible et la Mythologie antique

comme la mort d'Orphée

ou Abraham lavant les pieds des trois Anges


encore une scène que l'on a jamais vue : la reddition de Vercingétorix, qui nous a rendus 
colonisé-romains





la version d'Emile Lévy est une variante de celle, plus connue, de Lionel Royer


L’iconographie de Vercingétorix jetant ses armes aux pieds de César est certainement l’une des plus répandues de la France de la seconde moitié du XIXe siècle, et l’une des images fondatrices de la IIIe République. La source en est en général la Vie de César de Plutarque (Livre XXX), dans laquelle l’auteur latin décrit le chef gaulois qui, ayant mis pied-à-terre, jette devant l’estrade sur laquelle se tient César vainqueur ses armes, son bouclier et ses ornements. Lévy montre le gaulois debout et fier, ôtant son casque dont le cimier est constitué de la tête d’un coq. Il prend sans doute pour source, plutôt que Plutarque, l’historien français Amédée Thierry, dont le catalogue du Salon de 1863 reprend, dans la notice du tableau, une longue citation décrivant la scène : « Vercingétorix n’attendit point que les centurions romains le traînassent pieds et poings liés aux genoux de César. Montant sur son cheval, enharnaché comme dans un jour de bataille, revêtu lui-même de sa plus riche armure, il sortit d’Alesia, et traversa au galop l’intervalle des deux camps jusqu’au lieu où siégeait le proconsul… Il sauta de cheval, et prenant son épée, son javelot, son casque, il les jeta aux pieds du Romain, sans prononcer une parole. »

 

Le tableau, perdu depuis le XIXe siècle et connu par la photographie, est une des œuvres majeures de l’artiste dans le domaine de la peinture d’histoire. Emile Lévy, formé auprès de François-Edouard Picot (1786-1868) et d’Abel de Pujol (1785-1861), est troisième Grand prix de Rome en 1854, derrière Félix Giacomotti (1828-1909) et Théodore Maillot (1826-1888), ce qui lui permet de passer les deux années suivantes à la Villa Médicis. Exposant régulièrement au Salon, il présente, en 1863, cette scène habilement composée et exécutée avec une matière picturale très fine, dans un camaïeu de verts et de bleus. Comme souvent dans la peinture historique de cette génération, le goût pour la précision archéologique est ici remarquable, mais par sa palette étonnante, le tableau conserve un caractère irréaliste, presque onirique.


mais c'est décidément l'âme qui m'intéresse davantage 

car Emile a peint Psyché, jeune fille



elle contemple un farfalle

"nous naissons avec une chenille d'âme,

 notre travail est de lui donner des ailes et de voler". 

Alexandre Jodorovsky

l'âme représentée dans un papillon


PS (1) :                                QUE TON ÂME SOIT BLANCHE OU NOIRE

Que ton âme soit blanche ou noire – Verlaine

 

 Que ton âme soit blanche ou noire,

Que fait ? Ta peau de jeune ivoire

Est rose et blanche et jaune un peu.

Elle sent bon, ta chair, perverse

Ou non, que fait ? puisqu’elle berce

La mienne de chair, nom de Dieu !

 

Elle la berce, ma chair folle,

Ta folle de chair, ma parole

La plus sacrée ! – et que donc bien !

Et la mienne, grâce à la tienne,

Quelque réserve qui la tienne,

Elle s’en donne, nom d’un chien !

 

Quant à nos âmes, dis, Madame,

Tu sais, mon âme et puis ton âme,

Nous en moquons-nous ? Que non pas !

Seulement nous sommes au monde.

Ici-bas, sur la terre ronde,

Et non au ciel, mais ici-bas.

 

Or, ici-bas, faut qu’on profite

Du plaisir qui passe si vite

Et du bonheur de se pâmer.

Aimons, ma petite méchante,

Telle l’eau va, tel l’oiseau chante,

Et tels, nous ne devons qu’aimer.

 

Paul Verlaine – Chansons pour elle