mardi 27 décembre 2016

Besoin de Barcelone (4)

Je vous emmène à la Casa Comalat :

La Maison Comalat est un bâtiment moderniste situé au numéro 442 Avenida Diagonal, C'est une réalisation de 1911 de l'architecte Salvador Valeri i Pupurull (1873- 1954). Qu'il y avait donc d'architectes Art-Déco à l'époque !

Là on atteint le sommet de l'excès, notamment des boiseries. Mais les mosaïques sont toujours aussi créatives !










on peut se faire masser dans une ambiance modernista !









des portes de roses !






(à suivre, des portes de roses

encore plus étonnantes !)





PS : on a toujours besoin de Barcelone : le dernier :





besoin de s'asseoir (à deux) pour digérer le décor dingue !


lundi 26 décembre 2016

Caddy butterfly (20)

L'auteur de la ruta de las mariposas se doit de disposer d'une voiture adaptée pour franchir les Pyrénées. Certes, l'autobus est une solution, mais un torpédo individuel est encore mieux pour se promener en toute lliberté. 

Le modéliste doit avoir l'oeil partout, et je ne me souviens plus quand je suis tombé sur ce pin d'oreille (je suppose), en argent, représentant un papillon, une piéride ? Je l'avais soigneusement rangé, et il vient de trouver sa place sur le radiateur.

Il fallait bien le rayon de soleil de ce matin pour vous le montrer, juste au-dessous de la mascotte spéciale tirée d'un rubis (véritable).


S'agissant d'un  caddy, mais avec une carrosserie en métal, l'allusion au "cul de bateau" est insuffisante : j'ai donc ressorti mon Aristocraft_mahogany, actuellement en hivernage, pour l'atteler derrière, au cas où le voyage nous conduirait en Méditerranée.



Le projet est maintenant complet, et les photos vont pouvoir s'ajouter au book qui compile toutes mes oeuvres. C'est un gros bouquin désormais, rempli d'années d'histoires de mécanique d'art !



Pourquoi cette passion (saugrenue) 

pour les B14, de cette drôle d'année 1928 ?



on voit bien le ressort AR D







plein phares de nuit !

feux allumés, voyant rouge au tableau !



dimanche 25 décembre 2016

Merry Christmas

Je vous souhaite un très joyeux Noël !





mon père Noêl à moi construit toujours ses maquettes

de voitures américaines

mais qu'y a-t-il de plus joli 

qu'une belle ...Américaine ?



y compris perchée sur une échelle !

pour décorer le sapin




un billet doux pour Noël !



PS : j'essaie de varier les pin-ups :


samedi 24 décembre 2016

Last caddy (19 et presque fin)

un gros coup de collier...


     ...et il est fini !

Je réalise que je vous ai déjà fait le coup : c’était il y a cinq ans exactement, nous étions fin décembre 2011, je revenais de Vichy, d’où je ramenais the last torpedo. Je voulais dire par là que quand j’avais lancé en juillet 2005 la construction du first torpedo, le patron d’Art Collection Auto avait bien réalisé pour moi le numéro 1. Mais il avait préparé, au cas-où, plusieurs autres châssis, pour profiter du tour de main acquis en réalisant le prototype de caisse arrière, pour ne pas perdre la main, et en préparer d’avance . Normalement on en fait 6, et on garde le dernier pour sa propre collection. Dans le cas d’espèce il y en a eu 4, (ou 5 ?) et je vous ai expliqué que j’en avais racheté 2, devenus « la normande » et « the last torpedo », un modèle britannique, volant à droite, conduite à gauche. Le numéro 4 vendu entre-temps au directeur de l'hôpital de Foix, couleur bleu et gris.


la nouveauté, c'est le pare-brise débarrassé de ses protections...


...et le gainage de cuir vieilli


C’était une vision pessimiste de l’avenir, puisque ensuite furent réalisés le torpedo à chenilles P15N, et l'actuel caddy, qui devient the last caddy, mon cinquième…!

La Providence va-t-elle me donner le bonheur (qui sait ?) de démentir le terme « last », pour me permettre d’en réaliser un autre ?

ce serait : "the last, but not the least" ?

Je pourrais faire un caddy à chenilles, pour frimer dans la neige ?

qui sait ce que réserve l'avenir ?


contact pour une ballade vintage

la prochaine fois, je vous montre la calandre...

...avec le papillon !


PS : il y a précisément 5 ans :



l'histoire du caddy a commencé le 29 mai 2015 :

vendredi 23 décembre 2016

Le sphinx de Darwin (3)

Ce sera mon troisième sphinx, du genre à posséder une trompe propre à rentrer dans les fleurs cachant leur nectar dans des extrêmités de plus en plus ...extrêmes ! 

La plante est une orchidée Angraecum sesquipedale qui vit à Madagascar. Va savoir pourquoi, mais c'est calculé pour...elle dispose d'un "éperon", les spécialistes disent une "nectarie", je dirais plutôt un tube fermé au bout, annexé à la fleur, qui mesure 30 cm de long. Le nectar est au fond. 

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Tant qu'on n'a pas vu cette fleur et ce fichu tube annexé, on ne comprend pas ce qui se passe.

La fleur va émettre son parfum d'orchidée le soir, de juin à novembre. Ca c'est à Madagascar, mais chez nous, c'est de décembre à janvier. Sauf qu'il ne risque pas de se passer ce qui va suivre.

là on est tranquille : la fleur n'est pas éclose
Par contre, on voit bien le réservoir à nectar dessous : étonnant !


C’est là qu’arrive notre Charles Darwin? Nous sommes en 1862, voici ce qu'il écrit :
je vous le sers en Anglais :

"I must say a few words on the Angræcum sesquipedale, of which the large six-rayed flowers, like stars formed of snow-white wax, have excited the admiration of travellers in Madagascar. A whip-like green nectary of astonishing length hangs down beneath the labellum. In several flowers sent me by Mr. Bateman I found the nectaries eleven and a half inches long, with only the lower inch and a half filled with very sweet nectar. What can be the use, it may be asked, of a nectary of such disproportional length? We shall, I think, see that the fertilisation of the plant depends on this length and on nectar being contained only within the lower and attenuated extremity. It is, however, surprising that any insect should be able to reach the nectar: our English sphinxes have probosces as long as their bodies: but in Madagascar there must be moths with probosces capable of extension to a length of between ten and eleven inches" !

"Dans plusieurs fleurs que m'a envoyées Mr. Bateman, j'ai trouvé des nectaries de onze pouces et demi de long, avec seulement le pouce et demi inférieur rempli d'un nectar très doux. [...] Il est cependant surprenant qu'un insecte soit capable d'atteindre le nectar : nos sphinx anglais ont des trompes aussi longues que leur corps; mais à Madagascar il doit y avoir des papillons avec des trompes capables d'une extension d'une longueur comprise entre dix et onze pouces" !

Tournée en dérision au début, cette prédiction se trouva renforcée par la découverte de papillons présentant ces caractéristiques au Brésil (Hermann Müller, 1873) puis par les recherches d'Alfred Russel Wallace qui proposa Xanthopan morgani comme pollinisateur potentiel en 1871.

Ce n'est finalement qu'en 1903 que la sous-espèce Xanthopan morgani praedicta fut décrite par Lionel Walter Rothschild (1868-1937) et Karl Jordan (1861-1959) : The predicted moth !

En latin : praedicta vous appréciez l’astuce ? Prédit par Darwin, confirmé par Wallace, et décrit par Rothschild. Au repos, la trompe du sphinx est enroulée 20 fois sur elle-même.



Une vraie lance d'incendie !

Il restait à tout vérifier sur place. Et de nuit. Notre époque permet d’accéder aux secrets les plus cachés, grâce à du matériel vidéo qui va se déclencher au passage d’un insecte, et le filme en infra-rouge, pendant que le proprio dort du sommeil du juste, puisque cela se passe la nuit.

La vidéo est époustouflante (pour l’amateur de papillons évidemment) car on voit bien le sphinx arriver, vol habituel genre colibri. Dérouler sa trompe, et la glisser (à toute pompe) avec une précision inouïe dans le tube en question, pour y pomper le nectar planqué à 30 cm de profondeur. Inutile de préciser que le sphinx a des récepteurs olfactifs idoines pour sentir l’orchidée de loin. Quant à glisser la trompe dans le petit orifice, chapeau de faire cela sans rétroviseurs ni radars externes (sauf s’il en dispose naturellement et que nous ne sachions pas les voir cachés sous les poils). Chapeau que la trompe soit dure, tout en pouvant se ployer dans le tube, puis s'aplatir enroulée au repos.

L'idée est la suivante : la plante s'est adaptée à la longueur de la trompe : le contact avec une longue trompe est plus long que dans le cas contraire : meilleure pollinisation. Ca c'est l'objectif de la plante. (cessez de transposer avec les humains !).

Quant au sphinx, plus il a une longue trompe, plus il est le seul à pouvoir bénéficier du nectar. Ca s'appelle la co-évolution. Extraordinaire non ?   Il y a là quelque chose à copier dans le monde des humains ?

la trompe est entrée. Le papillon alors écrase la fleur principale, et chope le pollen
des étamines (voir le schéma de Darwin ci-dessous).
Il y a donc similitude parfaite de longueur entre le tube (plante) et la trompe (papillon)
ça s'appelle : "le sphinx et l'orchidée"
un cas extraordinaire de co-évolution

Alors l’histoire n’est pas terminée puisque une autre espèce d’orchidée Angraecum eburneum possède un éperon encore plus long d'environ 40 cm :  on ignore s'il existe un pollinisateur particulier avec une morphologie adaptée à la longueur de cet éperon.

La recherche est lancée, 

sphinx trompe de 40 cm ?

"papa où t'es" ?

....il y a encore des choses à découvrir ...

sur notre étonnante planète !



40cm de long !
manque 10 cm !

pour lire Darwin on line :





j'ai retrouvé pour vous le bouquin décrivant
la fertilisation des orchidées par les insectes



petite visite au MHN de Londres ?

https://www.youtube.com/watch?v=iMz6lApJgu4

encore plus fort :

 la mante religieuse qui copie l'orchidée !