dimanche 25 janvier 2015

L'école de Mona Ozouf (16)

Je retrouve cet article du Nouvel Obs du 7 avril 2014…

je cite :


"Combien de fois l’an passé n’avons-nous pas entendu des appels à la restauration de l’école de Jules Ferry", lance l’historienne Mona Ozouf, dans le grand amphi de la Sorbonne, ce 29 mars 2014 lors d’une conférence sur le thème "L’année 2013 vue par l’Histoire", en clôture d’un colloque de France Culture. Mona Ozouf est une des grandes spécialistes en France de Jules Ferry, sinon LA spécialiste. Elle a publié une somme sur lui en 2005 dans la collection "Les grands hommes d’Etat", et elle publie ce 10 avril 2014 chez Gallimard "Jules Ferry, la liberté et la tradition".

L’historienne ironise sur ceux qui convoquent à tout bout de champ Jules Ferry dès qu’on parle des problèmes de l’école, voire de "refonder" l’école. Vincent Peillon n’est pas directement cité, lui qui ne se réfère à Ferry qu'à propos de son concept de "morale laïque". Tiens ? On n’en parle plus, mais plus du tout ! ! Dommage ?

En revanche, en réponse à un article de l’académicien Marc Fumaroli publié le 6 mars dernier chez notre confrère "Le Point" et titré "Un nouveau Jules Ferry ne serait pas de trop", Mona Ozouf  stigmatise une "connaissance incertaine de l’histoire" doublée d’une "illusion". Et  ironise sur le fait que Jules Ferry, idole traditionnelle de la gauche (François Hollande a déclaré placer son quinquennat sous sa bannière) est maintenant constamment invoqué par la droite qui réclame un retour "aux valeurs oubliées de l’école républicaine". 

Pour Mona Ozouf, ce rêve est une illusion, et "le discours de restauration [de cette école] qui a été tenu durant tout l’année 2013 est une chimère ! [...] C’est une invocation thérapeutique aujourd’hui profondément anachronique, pour toute une série de raisons dont l’inventaire serait interminable." Elle égrène quelques-unes des raisons qui, selon elle, nous distancient irrémédiablement du modèle Ferry.


Primo, il avait légiféré pour une France en grande majorité rurale qui a quasiment disparu aujourd’hui. Ensuite, il était dans une société dont toutes les composantes – famille, école, église – soutenaient conjointement des normes autoritaires. Aujourd’hui, tous ces groupes ont perdu leur autorité et ne s’entraident plus mutuellement. "Quand les parents de ma mère conduisaient leurs enfants à l’école, ils recommandaient au maître de ne pas hésiter à corriger les marmots. Aujourd’hui, nous savons que les normes scolaires ne sont soutenues ni par les familles, ni par la société, mais sont au contraire l’objet permanent du soupçon et de la contestation". Par ailleurs, Jules Ferry avait conçu son école en songeant au bien commun, avec un souci du collectif qui est très éloigné des "consommateurs d’école" d’aujourd’hui, qui en attendent tous un bénéfice personnel et particulier.

Mais, surtout, l’école de Ferry était "la principale, sinon l’unique institutrice de la nation". Aujourd’hui, elle ne peut plus prétendre à cette situation dominante : le savoir vient aux jeunes par bien d’autres canaux. La révolution numérique met à disposition tous les savoirs immédiatement et sans contrainte, "même pas l’obligation de retenir". Voilà qui "déboulonne la figure du maître et du professeur. Et cela conduit même à se demander si entre ce type d’acquisition des savoirs et celui de l’école républicaine, qui véhiculait des valeurs d’effort et de patience, il n’y a pas une incompatibilité radicale "

L'historienne en tire notamment cette leçon : "Tout cela  montre à quel point il est léger d’attribuer tous les maux de l’école actuelle à des volontés délibérées, à des intentions malfaisantes de pédagogues qui se seraient acharnés à bouter Phèdre, le Cid et la Princesse de Clèves hors de l’enseignement. Tout comme il est maladroit de les attribuer à des méthodes inadaptées. Je ne dis pas que cela n’a pas compté, mais on se rend bien compte que le bouleversement est infiniment plus vaste." Mais elle recommande que "dans le torrent d’images, de rumeurs et d’informations qui se déverse sur les jeunes, des « passeurs » soient chargés de les orienter. Mais cette tâche est inédite et nécessite un effort considérable d’invention pour lequel ni les recettes du passé, ni l’invocation de l’âge d’or de l’école républicaine ne suffiront."

"En revanche, l’esprit dans lequel cette école s’est bâtie peut encore nous inspirer ", poursuit Mona Ozouf. Et de décrire un Jules Ferry qui était "un homme ardent mais toujours soucieux de rendre ses réformes écoutables, acceptables, et prêt à transiger sur l’accessoire pourvu que l’essentiel soit préservé. Contre cet homme de transaction, la gauche radicale et la droite mêlaient sans scrupules leurs voix pourtant antagonistes, et ceci lui inspirait des réflexions sur la difficulté des Français à accepter des réformes partielles, réflexions qui sont toujours d’actualité".

On ignore si elle pensait à des événements récents, ou à des acteurs politiques précis, en disant cela, mais n'oublions pas que le thème de la conférence était "2013 vu par les historiens"... Pour Mona Ozouf, la pente de l’esprit national français est de voir dans la prudence une timidité, dans le compromis une compromission, et dans la transaction une trahison : "Les hommes de négociation doivent donc obligatoirement rencontrer l’animosité voir la haine de leurs concitoyens ."

Mona Ozouf rappelle enfin ce fait aujourd’hui largement méconnu, à savoir que, de son temps, Ferry fut détesté au point d’avoir été molesté dans la rue et victime d’une tentative d’assassinat. "Ce fut un des hommes les plus haïs de notre vie politique, d’une haine à coté de laquelle nos "bashings" d’aujourd’hui font piètre figure".


On l’accusait d’avoir affamé les Parisiens lors du siège de Paris en 1870, d’avoir chassé Dieu des écoles, et on soupçonnait son école, dans les années 1880, d’être le moyen mis en oeuvre par la bourgeoisie pour renforcer la domination des nantis. Du Bourdieu avant l’heure. On parlait même de "dressage des individus" et de "génocide culturel" en raison de la vision nationale qui était la sienne avec l’impact des mêmes programmes pour tous, renforcé par l’uniformité de bâtiments scolaires ressemblant à des casernes. Enfin, il se heurta de front à Clémenceau, qui lui reprochait avec véhémence la nature idéologique de son engagement dans l’aventure coloniale.

Pour Mona Ozouf, invoquer si souvent un homme qui fut aussi contesté constitue un paradoxe reposant sur une méconnaissance de l’histoire. En revanche, elle voit une constante dans la force des passions que soulève l’école dans notre pays : "On attribue à l’école les défaites de 1870, de 1940, et la déprime actuelle des Français".


Cet interview date d’un an.

Depuis, est passé le 11 janvier 2015, dont parle Mona Ozouf à Anne Sinclair ce samedi 24 janvier sur Europe 1

Elle avoue la nostalgie de l’Ecole disparue de Jules Ferry, celle de mon père

dans une France engourdie … qui parait s’être réveillée le 11 janvier

relevant ainsi les craintes des déclinistes

d’un lien social, moins dégradé que l’on pouvait craindre.

Comment retrouver le lieu de fêtes révolutionnaires


Où se forgerait la conscience et la cohésion nationales ?


vendredi 23 janvier 2015

L’école bretonne (15)

 Les femmes de GAD

Aujourd’hui notre Ministre Macron se rend chez Gad dans le Finistère, pour s’excuser d’avoir accusé d’illettrées les bretonnes affectées aux chaines d’abattage.

Dans son monde de la finance épargné des contingences des gens «normaux», il n’a pas pris conscience de sa bourde tant sociologique qu’historique. Comme il parait sympa, il va sur place (au risque de se faire engueuler) pour s’excuser, et renouer le dialogue. Les employées au chômage vont rester au chômage, mais un peu d’humanité va j’espère passer entre le monde d’en bas, et celui d’en haut.


Je dédie au Ministre ce tableau de Richard Hall, l’école des petites filles justement, dans un hangar agricole du Finistère. Ce tableau est exposé au Musée des beaux-Arts de Rennes. Il présente d’une certaine manière l'école républicaine en Bretagne. Et l’enseignement pour tous dans la France rurale sous la IIIe République. On a changé de République, nous sommes à la 3ème. Je me sens très concerné, puisque c’est là-bas que j’ai reçu mes palmes académiques, et que la tradition familiale continue en quelque sorte.


Au XIXe siècle, la Bretagne est encore largement déficitaire en écoles et connaît un retard dans l’alphabétisation de sa population. A nouveau, je tente d’illustrer pour vous l’Histoire, c’était au 19è, nous sommes au 21ème, deux siècles plus tard !  La loi Falloux de 1850 avait obligé les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école de filles, ce qui avait permis le développement des écoles religieuses tout en consolidant la place du clergé dans l’enseignement.

En rendant l’école primaire obligatoire, laïque et gratuite, les lois de Jules Ferry de 1881-1882, votées au début de la IIIe République, intensifient cet effort de scolarisation tout en contrant l’influence de l’Eglise. Toutefois le manque de locaux adaptés et un certain souci d’économie contraignent les mairies à dispenser cet enseignement dans des endroits improvisés, comme ici dans une grange. Cette pénurie permet à la Bretagne d’être l’une des premières à bénéficier du décret de 1881 sur la création des écoles de hameaux, mais l’obligation de les fréquenter ne sera effective que dans les années 1920.

Jean Geoffroy 1889


Quand on a vu ça, 

on comprend un peu mieux l’amertume des femmes de GAD





1848, le Pacte (14)


Beau nom : le pacte !

François Biard

La révolution parisienne de février 1848 renverse Louis-Philippe. La IIe république est proclamée, le suffrage universel instauré. Il y a 167 ans ! Ouf, on reconnait ce que l’on nomme « l’utopie républicaine de 1848 » ! C’est  l'abolition de l'esclavage. Affirmant l’égalité entre les hommes et leur droit naturel à la liberté, les philosophes du XVIIIe siècle engagent un débat sur la légitimité de l’esclavage. Des révoltes violentes, en 1791 à Saint-Domingue, provoquent une première prise de conscience. Pendant la Révolution française, en 1794, une première abolition de l’esclavage des Nègres dans les colonies est tentée, mais Bonaparte, sous la pression des planteurs antillais, le rétablit en 1802. Victor Schœlcher (1804-1893), sous-secrétaire d’Etat à la Marine en 1848, choqué par les horreurs du système esclavagiste, a consacré sa vie à la lutte pour l’émancipation. La République lui offre l’occasion de rendre effective et immédiate la liberté de tous les esclaves des colonies et des possessions françaises (décret d’abolition 27 avril 1848).

Frédéric Sorrieu nous décrit l'utopie républicaine en quatre tableaux


La révolution parisienne de février 1848 renverse donc Louis-Philippe. La IIe république est proclamée, le suffrage universel instauré. Connus dans les capitales européennes, les événements français réveillent les aspirations libérales et nationalistes. En mars 1848, à Vienne, à Berlin, à Rome et à Prague, des insurrections éclatent et contraignent les souverains autoritaires à la fuite ou aux concessions. Le pape, le roi de Prusse, celui de Bavière, l’empereur d'Autriche, accordent des constitutions et reconnaissent les libertés fondamentales. Les mouvements nationalistes ne sont pas en reste : alors que la Hongrie ou la Bohême imposent plus provisoirement leur autonomie aux Habsbourg, les différents Etats allemands et italiens posent les jalons d’une unité nationale.


on reconnait les valeurs universelles de la République ; le peuple-lion ; déjà l'organisation du travail !
Liberté, égalité, fraternité fleurissent sur les monuments
Il faudra attendre la 3è République pour voir s'instaurer l'Ecole. Ensuite les droits des femmes.

Enfin la Laïcité

L'utopie initiale n'a pas abouti en un jour !

jeudi 22 janvier 2015

Odalisques (4)


J’en termine avec un sujet très dense : plus je cherche, plus les illustrations abondent.

Ca ne rigole pas aux Pays de l’esclavage : Rome, l’Orient, à des années de distance pourtant, mêmes pratiques ! Le trafic d’être humain (plutôt féminin) se porte à merveille !

on reconnait Rome aux costumes et aux inscriptions, sinon, le reste, pareil
on reconnait l'Orient aux costumes, sinon, c'est comme à Rome
Les mecs surarmés font peur : aujourd’hui des armes de guerre, les spécialistes disent « longues », des kalachnikov. Hier des armes blanches terribles aussi, qui vous décapitent l’adversaire vite fait. Vous me direz : « ils » les utilisent toujours !





































Les femmes (désarmées) sont dévêtues (de force). Punies (de force). Finalement, le résultat de cet embrigadement, la maxime : -« feignons d’accepter ce qui nous est imposé » finit-elle par fonctionner ? Les hommes en sont persuadés en tous cas. Ils enferment leurs favorites, et les couvrent de voiles, pour les garder…pour eux seuls !



premier avertissement

comme disent nos amis anglais : final punishment


J’insiste (lourdement) : ça se passait avant ! au XIXè siècle. C’étaient des Barbares.

Ca fait froid dans le dos


ces mœurs…millénaires… !

aujourd'hui on dirait : "un casting"

Alfredo Valenzuela : "la perle du marché"
Milos Mihalovits : "t'as pas cent balles ?"

c'est vrai que vu comme ça

l'Orientalisme soulève un peu le coeur ... non ?


























Odalisque (3)


Le fantasme de l’esclave
Ettore Cercone

Je vous invite à réfléchir sur la condition de la femme … nous sommes au XIXè siècle bien entendu, et les peintres occidentaux (qui n’ont pas toujours voyagé en Orient) fantasment sur l’exotisme supposé d’une civilisation exotique pour eux… !


Voici quelques-unes  de leurs œuvres, centrées sur une femme, pas toujours consentante, mais apparemment adulée … tant qu’elle n’est pas remplacée par une nouvelle « conquête ».

Les mots ont un sens, bien entendu !

test de la dentition, on se demande pourquoi ?

























là au moins, la grille est visible

















marchés improvisés dans le désert
si tu prends le tapis, tu as la fille en prime !
sans tapis, pas de danse !
 
pensive, l'odalisque de Matisse

même Picasso s'y met
le titre anglais est glaçant : "deposing favorite" : la favorite monte en grade. L'ex est rétrogradée, livrée au gardien

une solution : "planer"
les Messieurs, eux, prient...


mercredi 21 janvier 2015

Orientalisme (2)


Lion de l’Atlas
aquarelle Frédéric Rötig

Je vous ai parlé de chasse aux lions, voici quelques belles nouvelles peintures : le Lion de l'Atlas (Panthera leo leo), également appelé Lion de barbarie ou Lion de Nubie, est une sous-espèce de lion, aujourd'hui éteinte à l'état sauvage. Il régnait autrefois sur toute l'Afrique du Nord. Le dernier spécimen sauvage fut vraisemblablement abattu en 1942 à Taddert (versant nord du Tizi n'Tichka).

L'ours de l'Atlas et le léopard de Barbarie, les deux autres principaux prédateurs d'Afrique du Nord, sont désormais, respectivement, disparus et près de l'extinction (aussi).

même auteur
Ce sont ces lions de Barbarie qu’utilisaient les Romains dans le Colisée pour les combats de gladiateurs. Au Moyen Âge, les lions conservés dans la ménagerie de la Tour de Londres étaient aussi des lions de Barbarie, preuve apportée par des tests ADN sur les deux crânes bien conservés dans la tour en 1937. Jusqu’à il y a environ 100 ans, le lion a survécu à l'état sauvage au nord-ouest de l'Afrique, zone correspondant aux pays de l'Algérie, la Tunisie, et du Maroc.

évidemment, ce n'est pas un lion (peint par Gerome)

Bien que l'espèce soit considérée comme éteinte à l'état sauvage, quelques spécimens, environ 90 (principalement descendants des lions de la ménagerie royale de Rabat au Maroc) sont encore conservés dans certains parcs zoologiques, comme ceux de Rabat où subsistent 35 spécimens (le Jardin zoologique de Rabat détient le plus de lions de l'Atlas dans le monde), ou ceux du Port Lympne Wild Animal Park au Royaume-Uni, de Madrid, du Parc zoologique des Sables-d'Olonne... Tous ces derniers lions de l'Atlas pourraient être des « hybrides » comptant peut-être des lions d'Afrique (sub-saharienne) parmi leurs ascendants.

Horace Vernet : une lionne
Rudolf Ernst : encore une lionne

Ce lion est (était) caractérisé par une crinière beaucoup plus volumineuse que celle de ses cousins africains, très sombre voire noire et allant jusqu'au milieu du ventre.

Contrairement aux autres sous-espèces de lions, le lion de l'Atlas ne vit pas en groupe de plus de deux ou trois membres adultes. Le mâle participait donc également à la chasse. Vivant principalement dans les montagnes du massif de l'Atlas, ces lions étaient plus robustes et beaucoup plus massifs que les autres sous-espèces de lions, atteignant facilement les 200 à 280 kg.


Belle prise pour les chasseurs !

la classique chasse au faucon
le top : la belle et la bête : Diana et le lion
Angelo Graf von Courten

mardi 20 janvier 2015

Orientalisme


Art et pouvoir…
J.L Gerome

(La beauté sauvera-t-elle vraiment le monde ? ?)

On adore en France tout classer dans des catégories bien définies. C’est vrai pour les œuvres d’art et notamment la peinture. La découverte des merveilles de l’Orient a inspiré bien des artistes, venus chercher là d’autres coutumes, d’autres mœurs ; des couleurs ; des odeurs ; des sons ; des mets différents. On se souvient de la demeure de Pierre Loti. Qui n’a pas dès le XVIIè créé son salon turc ?

Tout esprit curieux des voyages aime l’exotisme. Les peintres en question, qui quittaient le néo-classicisme italien pour découvrir le Monde, ont été classés dans les « Orientalistes ».



Horace Vernet : chasse au lion

Très instructif ce qu’ils ont retenu : des paysages évidemment, avec du sable, des palmiers : le désert avec les oasis d’un côté, le côté dramatique des tempêtes de sable de l’autre. Et puis des animaux (féroces) : lions et tigres, souvent apprivoisés, signes de richesse d’une civilisation dominée par des notables qui ont su soumettre les espèces sauvages. J’évoque exprès le terme « soumission ». Ils sont entourés de guerriers à cheval. Transportant les fameuses  richesses (de l’orient) sur des dromadaires, groupés en caravanes. Gardant des portes ornées donnant sur leur univers privé, sévèrement interdit aux yeux étrangers.

de Gérome : heads of rebells !







































On pense aux jardins (abondamment irrigués alors que l’eau est rare). Des fleurs à profusion, des parfums subtils.

À cette époque, la représentation picturale de la nudité est choquante si elle n’est pas justifiée. Or, le harem se veut être l'expression d'un ailleurs inconnu. Les mœurs y sont différentes et certaines pratiques tolérées (telles que l'esclavage, la polygamie, le bain public, etc.). 

Cette tolérance entraîne en Europe un phénomène de fascination/répulsion pour le harem (ou sérail), lieu de despotisme (sexuel) par excellence du sultan. En effet, le harem, si éloigné des mœurs et de la culture européennes de l'époque fait l'objet de nombreuses interrogations, mais aussi de nombreux fantasmes.

Otto Pilny : slave market



Tanoux : la petite nouvelle
Les harems rêvés, fantasmés, imaginés sont peuplés d'odalisques lascivement alanguies, offertes, dans les vapeurs du bain... un thème très prisé notamment par Jean-Léon Gérôme. On zappe la vraie question : odalisque, esclave ? La réponse officielle : une odalisque est une esclave vierge, qui peut monter jusqu'au statut de concubine ou de femme dans les sérails ottomans, mais dont la plupart étaient au service du harem du sultan. Le mot vient du turc odalık, qui signifie « femme de chambre », d'oda, « chambre ». En littérature, le terme désigne une femme de harem.

Normand





































Bouchard : après le bain







































Nous sommes dans l’intimité du monarque. Les vierges, il n’attend pas le Paradis pour les soumettre (encore), puis les consommer ! Sont-elles consentantes ? That’s the question pour nous, européens !

Bien sûr, nous sommes au XIXè siècle la plupart du temps. Les peintres sont Gérome. Bénouville. Bonnaud. Rosati. Fabre. Raynaud. Cormon. Collier. Normand. Tanoux. Horace Vernet. Sans omettre Ingres, Delacroix, Alexandre-Gabriel Decamps, Théodore Chassériau,  Eugène Fromentin, Félix Ziem, Alexandre Roubtzoff, jusqu'à Renoir (avec son Odalisque de 1884) ou même Matisse et Picasso au tout début du xxe siècle. On n’aurait pas cru qu’il y en avait tant !

c’était avant !

On a admiré ces scènes : c’était une autre civilisation : l’Orient. D’où vient la lumière.

c’était du raffinement.

Nos musées en sont pleins.

Toutes ces femmes …


… elles y trouvaient leur compte ?

Rochegrosse : l'esclave et le lion
Leighton a tout arrangé : l'odalisque (apprivoisée) devient la lumière du Sultan : "light"
Fabre a cette interprétation magnifique : la favorite under the thumb, "sous le pouce" comme disent nos amis anglais