mardi 8 septembre 2026

Festin d'oronges impériales ...au pays des Gueux !

un Gueux typique de notre territoire rural et forestier porte le béret classique abandonné par les Urbains.
Pour éviter de se raser, il porte une barbe hirsute,
et il sait de génération en génération trouver les Oronges dont il se régale lui et sa famille,
comme les Romains avant lui et avant nous.

accoutumé à l'autonomie alimentaire, il se nourrit de cueillette (les champignons en automne ; les chataignes ; les plantes médicinales, et autres herbes propres à créer des breuvages fermentés) et d'élevages de volailles diverses dont grasses ; d'ovins, caprins et bovins. Il est ainsi sensible à la qualité que recherchent chez lui les Grands Cuisiniers étoilés.

L'Amanite des Césars doit son qualificatif à ce qu'elle aurait été un mets de choix à la table des empereurs romains, en adoptant le nom de César (à l'origine un nom de famille) comme titre. C'était l'un des noms préférés de l'empereur romain Claude. Il semble qu'ils l'appelaient boletus, mot grec datant de -500 dérivé du grec ancien βωλίτης, nom donné à ce champignon par Galien, un des rares noms de champignon hérité de l'Antiquité et repris de nos jours pour désigner un genre tout à fait différent, mais également riche en espèces savoureuses.

Nous avons bien conscience que, naturalisés Occitans, nés d'un père Béarnais, croisés par l'origine maternelle de Vickings blonds normands, nous ne sommes pas d'origine gauloise, mais plutôt romaine, retrouvant nos origines à Lugdunum convenarum. Aussi, passant au marché du samedi pour rendre ma visite périodique à la pharmacie des Arceaux, je me détourne pour passer au marché, et tombe sur cette cueillette impériale d'oronges tombées du ciel.



Son nom vernaculaire normalisé est donc l'Amanite des Césars, mais elle est plus couramment nommée sous son nom familier d'Oronge. Elle est aussi parfois nommée oronge vraie, par opposition au nom parfois utilisé de "fausse oronge" pour l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria) dont le chapeau rouge peut prêter à confusion pour les ceux qui confondent le rouge et l'orange, ce qui n'est vraiment pas pareil.



L'intéressant, c'est le repas d'oronges, que chez nous nous avons pris dehors, reconstituant une salle à manger romaine, je veux dire allongés sur des lits de camp, comme faisaient les Romains. Certes, nous manquons d'esclaves pour le service et la cuisine, mais nous avons joué ces rôles, la condition de Gueux permet sans complexes de passer du rôle de patricien à celui de domestique. Il y a deux solutions pour la dégustation : couper en lamelles, ou ne rien couper du tout, ma voisine lors de l'achat me conseillant de passer les chapeaux directement sur les braises, dont elle jouit H24 pour chauffer sa cheminée et donc la cuisine dans laquelle elle vit. La nuit, elle dort (avec son chat) sur sa paillasse de paille.

la volve est énorme, comme un oeuf végétal


nous avons préféré la poêle, plus simple pour notre gaz




nous avons mangé à deux séniors un plat pour quatre juniors, arrosé d'un Chardonnay blanc sec et glacé, en pensant à nos amis parisiens dévorant en même temps leur steack aux hormones garanti mercosur, arrosé de frites grasses et mal cuites.

Cette histoire de Parisiens d'un côté, vivant de plus en plus dans une ville chaude ; sale et dangereuse, vouée aux trafiquants, qui les conduit à tenter de sortir le plus possible en dehors pour rejoindre leur résidence secondaire à Bordeaux sur la côte, qui seraient supérieurs aux Gueux, vivant dans les provinces caractérisées par les déserts médicaux interdisant les soins, est caricaturale.

Chez nous les conditions de vie restent encore traditionnelles
quand on pense à la saison du chasselas de Moissac,
des cèpes et des girolles,
des noix et des figues, sans oublier les prochaines truffes toujours rares mais toujours si merveilleuses,

tout cela nature se ramassant par terre,

tous ces dons du Ciel nous rendent favorisés
comme des Césars 






PS : attention ! j'ai regardé avec attention la célèbre peinture d'Herculanum conservée au musée archéologique de Naples : on y voit sur deux étagères trois grives, surmontant des lactaires, forcément "délicieux". Ce ne sont pas du tout des oronges, dommage ! 



Nature morte, Le banquet des Romains, Herculanum, Casa dei Cervi
Fresque - Pigments à l'eau sur enduit (40 × 168 cm) 45-79 apr.J.-C.

Cette fresque était située dans la maison dei Cervi d’Herculanum.

Elle complète la liste des mets préférés des Romains de cette époque.

Dans le cadre de gauche, un poulet déplumé est accroché à un clou. À son côté, un lièvre, déjà éviscéré, est suspendu par une patte. Dans le cadre suivant, une perdrix est suspendue à un anneau. On distingue également une pomme et une grenade. Dans le cadre qui suit, nos rois grives sont posées sur une étagère sous laquelle se trouvent les lactaires de tout à l'heure. Enfin, dans le dernier cadre, sur l’étagère la plus haute, on peut voir deux perdrix. En dessous d’elles se trouvent plusieurs murènes.


Nature morte, La table des Romains, Herculanum, Casa dei Cervi
Fresque - Pigments à l'eau sur enduit (41 × 129 cm) 62-79 apr.J.-C.

Cette peinture murale illustre bien ce qu’on mangeait chez les Romains aisés à l’époque d’Herculanum et de Pompéi. Elle est intéressante sur le plan historique, mais aussi artistique.

Dans la partie gauche, l’artiste a représenté deux jambons. Les Romains les mangeaient avec du miel et des épices. Notre jambon est donc bien d'origine romaine, eux aussi pensaient que dans le jambon tout est bon. Sous les jambons, on peut voir une poule sultane qui s’approche d’une cruche en terre cuite couverte d’un bol en verre. Au centre de la scène se trouvent deux seiches posées sur une étagère en dessous de laquelle on peut voir des murex, des palourdes et un homard. À droite, une perdrix est suspendue par son bec, tandis qu’un lapin se régale d’une grappe de raisin posée sur une table.


Nature morte, Pompéi, Praeda di Giulia Felice
Fresque - Pigments à l'eau sur enduit (100 × 234 cm) 65-79 apr.J.-C.

Cette fresque se trouvait sur un mur du « tablinum » de la Praedia de Giulia Felice.

Dans les maisons romaines, le « tablinum » était une pièce située entre l'atrium et le jardin, ou le péristyle. Cette pièce servait de bureau et de salle de réception, et on y recevait également les clients. Cette fresque permettait à la maîtresse de maison de montrer aux invités ce qui leur était offert symboliquement lors de leur entrée dans cette pièce.

À gauche, on distingue une volaille et une coupe en argent remplie de vin. À droite, on peut voir un cratère, un vase en verre rempli de pommes jaunes et rouges, ainsi qu’une grappe de raisin. Au bas du cratère on peut distinguer une grenade ouverte dont émergent ses grains. À droite du vase, on trouve une amphore fermée et un pot en terre cuite contenant des fruits secs.


Pêches, dattes, figues et pièces d'or et d'argent, Herculanum, Casa dei Cervi
Fresque - Pigments à l'eau sur enduit (40 × 119 cm) 45-79 apr.J.-C.

Cette fresque se trouvait avec les fresques précédentes dans la maison dei Cervi à Herculanum. À gauche, on voit des pêches et une carafe d’eau en verre. On retrouve ces pêches, présentées de la même façon dans le cadre de droite. Au centre, un plat en argent contient des figues, des prunes et des dattes.

Il est imporant de noter qu’une pièce de monnaie d’argent est enfoncée dans l’une des dattes, et une pièce de monnaie d’or, dans l’autre.

Ces pièces de monnaie enfoncées dans les dattes font référence au Nouvel An et aux cadeaux qu’on offrait à cette occasion. À cette date, on fêtait les calendes de janvier en l’honneur de Janus, le dieu romain des commencements et des fins.

À l’origine, il s’agissait de petits cadeaux simples qui présageaient que l’année à venir serait douce, d’où le don de figues, de dattes et de miel. Puis, chez les Romains les plus riches, on a considéré que ces cadeaux étaient trop humbles et on ajouta aux fruits secs des 45-79 apr.J.-C. et d’argent, comme dans cette fresque.

Ovide y fait référence en faisant dire au dieu Janus que l’argent est encore plus doux que le miel !

notre modernité, est que le pétrole est encore plus précieux que l'argent
sans oublier le cuivre dont le prix culmine, maintenant que le Chili n'arrive plus à fournir !