dimanche 9 novembre 2014

Ballade à Bossost


Que faire quand la cantine est tellement réservée, qu’il n’y a plus de place ? Nous nous sommes manifestés trop tard : la veille pour le lendemain…non…il faut prendre rang trois jours d’avance ! Désarroi…momentané : voir si (d’aventure) un autre lieu d’accueil, (malgré la foule des français exilés de leur Pays d’origine), disposerait d’une table libre… ?

Il ne s’agit pas de traîner : départ immédiat vers le Sud, malgré la pluie, le froid, peut-être peut-on entre deux éclaircies admirer les derniers feuillages d’automne ?

Les Français sont tous là, à Lès ! Nos compatriotes ont horreur de voir leurs magasins ouverts le Dimanche : et les travailleurs alors ? Même les volontaires, attirés par le double salaire ? Ils seraient interdits d’aller écouter la Messe ? Pas question, mieux vaut regarder la télé !

ça ne chôme pas le Dimanche, chez Boya !
Nos compatriotes adorent voir les magasins ouverts le Dimanche : quand les travailleurs sont ... espagnols…(enfin, les caissières parlent toutes parfaitement la langue de Molière). Et puis, ils sont comme nous ... européens ! Les alcools remplissent les caddies. Le porto coule à flots. Le touron s’entasse dans les sacs. Je ne parle pas des cacahuètes et autres olives aux anchois ! Difficile de se garer dans le parking plein, mais de temps à autre une voiture recule, prête à retourner au Nord : des apéritifs géants vont faire oublier la pluie de ce dimanche (sinistre) en France : tout est fermé, les magasins sont fermés, rien ne marche ...(sauf la télé) !


Depuis longtemps, nous avions un plan B. Après un arrêt photo (on n’a pas tous les jours l’opportunité d’acheter une chapelle dédiée à Saint-Sébastien (sacrifié par une volée de flèches) nous sautons la Garonne, pour rejoindre la rive droite. Une ferme ancienne a été reconvertie en auberge. Arrivés à 11 heures, les autochtones déjeuneront après notre départ, et le Patron nous trouve une table pour 12H30 : il brigue le double service : Français à midi et demie ; Espagnols à deux heures et demie, il doit bien  rentabiliser ses trois serveurs, le Chef et son aide, cinq salaires à financer !


Le menu privilégie le sucré-salé, et terre-mer. Vous vous souvenez de ces associations : pieds de porc et lamelles de calamars ? sardines marinées-foie gras ? Tartare de rascasse-trompettes de la mort et salicorne ? Lapin-anguille fumée ? Homard avec endives (petit supplément !)…quel choix ! quelles tentations !











Une fois portés les amuse-bouches préliminaires, Christian commande un blanc Penedes : dans les cépages, de la Malvoisie : plus précisément : Gewurtztraminer-Malvoisie et Muscat : des goûts de fruits mêlés délicieux ! Il connait, et préfère cette valeur sûre ! Encore un plan B ! Le service est rapide et précis, et comme le dessert arrive trop vite, nous n’hésitons pas à commander le café, puisqu’il est accompagné de petites douceurs terminales… !

tartare de rascasse et trompettes. Les salicornes viennent de Méditerranée





















les sardines à cheval sur leur bâton de foie gras



















les pieds de porc, coiffés de leurs lamelles de seiche

Bingo !

Nous savons nous ravitailler le Dimanche…au bord de l’eau

(la Garonne)

On achète la Chapelle…

…juste proche de la cantine

(la cantine numéro deux) !


vous n'allez pas me croire : je n'avais jamais vu de billet de 500 Euros...
il est interdit de photographier bien entendu !

pendant ce temps, Sébastien est sacrifié sous les flèches

se venda ! il est ...  à vendre !

Abbal : conférence au théâtre


Voilà des mois que nous avions programmé cette conférence : la voici enfin, Rose Fernandes, docteur en Histoire de l’Art depuis 2011, conservatrice (bénévole) du musée de Carbonne. 

Hélas, Anne-Marie Abbal, 93 ans, toute sa tête, (toute sa langue heureusement) est alitée, franchement désolée de ne pouvoir nous faire visiter la maison de sa mère Berthe Lécussan.






Nous sommes dans le foyer du joli Théâtre Marmignon, décoré des peintures de Ray Atkins, de renommée internationale, installé à Aspet, présent à côté de son épouse. J’en profite pour vous montrer comment les tas de copeaux de Fibre Excellence peuvent donner lieu à une œuvre d’art... (excellente).



Voici Berthe Abbal, la Saint-gaudinoise ! Elève du Collège Leclerc, fille de son père, professeur de maths au même Collège comme je vous l’ai déjà raconté !


Voici le faire-part du mariage, célébré le 7 février 1921.


C’est là que Rose Fernandes est précieuse, elle dispose de toutes les notes du sculpteur, jalousement conservées à Carbonne, qui ont nourri sa thèse de doctorat : indispensables pour fournir le ciment destiné à nouer les pièces du puzzle patiemment rassemblé par votre serviteur, mais souvent disparates.

Voici le monument aux morts du collège Leclerc : le projet d’André Abbal prévoyait un coq (gaulois) surmontant l’obélisque. Le coq s’est-il envolé ?


Voici la photo du Centaure, dernière des œuvres monumentales du sculpteur. Miracle, il taillait dans la pierre deux œuvres à la fois : on distingue à droite la tête d’Europe, juchée sur son bœuf, le taureau « pacifique » (petite opération chirurgicale qui s’opère avec des pinces…) décrit dans le poème de Louis Gratias :

Mais tu restes présent dans le dessin charnel
Le charme ailé de la déesse magnifique
Si fière sur le bloc du taureau pacifique
Que ton outil sculpta sur un rythme éternel

avec un oeil exercé, on devine à droite un petit bout d'Europe !

Questions multiples :

1- comment Europe, (qui ne passe pas inaperçue), est-elle arrivée à son point de chute actuel ? Par quel convoi exceptionnel, (encadré de motards) ? Personne jusque-là ne dispose de photo !

2- Jamais deux sans trois : quid du faucon pèlerin mentionné à l’inventaire du Musée : envolé lui aussi ?



















3-Par contre une découverte, enfin…photographique : un trophée agricole, offert par le Ministère de l’Agriculture, et reprenant le thème décliné toute la vie d’Abbal : les labours. La conférencière nous en montre des tas d’autres, en bronze, reproduits par le fondeur en quantité : il fallait bien faire bouillir la marmite !




Dans la salle, les esprits s'échauffent ; les initiatives décollent : Abbal est de Carbonne, mais Berthe Lécussan sort de l’oubli : elle est d’ici, la preuve est faite : elle gérait le ménage, prenait les commandes, envoyait les factures ... pendant qu’André taillait la pierre.

Jamais dans un couple (d'artistes) négliger l’épouse :

ou c’est la Muse ...

ou bien elle tient les comptes ...

parfois elle fait…  les deux !

PS-1 : voici mes billets récents (ou moins) sur André Abbal :

http://babone5go2.blogspot.fr/2013/12/andre-abbal.html

PS-2 : les photos prises dans l'obscurité avec mon Lumix appartiennent à Mme Rose Fernandes : ses originaux sont évidemment plus beaux...! Je lui demande l'autorisation de les montrer. She saids : YES : l'histoire n'est pas terminée...!

vendredi 7 novembre 2014

On a baptisé l’Esplanade…


…de la Légion d’Honneur !

sous la pluie !

Peut-on encore réunir des Personnalités pour inaugurer une place ? OUI ! Peut-on encore commémorer des valeurs, Honneur, Patrie, liberté, égalité, fraternité ? OUI ! Peut-on rassembler les bonnes volontés, pour créer des projets communs ? OUI ! Peut-on mettre en avant notre Histoire, notre géographie, nos anciens, nos succès, pour être fiers de qui nous sommes ? OUI ! Des leaders engagés, Ministre, Général d’Armée, Préfet de Région, Grands Elus, peuvent-ils mobiliser les énergies, pour rappeler les symboles républicains, et entraîner les volontaires avec eux ? OUI !

Le Grand Chancelier avec le Député-Maire d'Encausse

Grand Chancelier au centre, nous attendons le Ministre
il arrive !























Derrière le rituel, c’est de tout cela qu’il était question, ce matin : les drapeaux, portés par les braves. Une Section de militaires, de Tarbes. Garde drapeau. Musique des parachutistes de Toulouse. Autorités, Madame la Procureure de la République. Monsieur le Sous-Préfet. Les membres de la Légion d’Honneur portent leur médaille pendante. Les enfants du primaire sont là, l’un va tenir le coussin et le ciseau ; deux autres tiennent le ruban tricolore, ils sont fiers du rôle que leur ¨Principal leur a confié. Quand il faut porter les gerbes du Maire ; du Général d’armée, Grand Chancelier de la Légion d’Honneur venu ce matin par avion ; enfin du Secrétaire d’Etat aux Anciens combattants et à la Mémoire, on a choisi trois binômes fille-garçon du Collège Leclerc. Les ados sont fiers d’encadrer le Ministre devant le Monument aux morts. La principale du Collège est fière de ses élèves : elle utilise à leur endroit un langage de « colonel-mère-du-régiment » qui montre son engagement envers les gosses qui lui sont confiés. On a présenté la Légion d’Honneur aux délégués des 24 classes la semaine dernière, les élèves étaient très réactifs, les prof d’Histoire intéressées, une heure de cours très excitante !


La musique (37 musiciens), arrive en autobus. Il a failli coincer dans un virage du centre ville ! Les militaires sont en civil, il a fallu réserver la salle du Conseil pour les faire s’habiller, les uniformes dans un « boxer » qui suit le car. Une militaire a nécessité un bureau particulier, pas question de mélanger les sexes ! Comme il pleut (pas de chance entre hier ensoleillé et demain de même), ils ont revêtu l’imperméable assorti. Trente-sept musiciens, ça vous envoie « la Madelon » on a la chair de poule ! On a prévu de les faire manger au mess de la Gendarmerie mobile, car ensuite ils repartent pour une seconde cérémonie. Le Préfet de Région en grand uniforme (puisqu’il a accompagné le Ministre) a revêtu sa cape de cérémonie, il a grande allure !



Les gerbes déposées, le carillon du beffroi sonne à la volée. Cortège vers la Halle aux Grains : on prononcera les discours à l’abri, il suffira plus tard de faire un demi-tour (tout le monde se plie au rituel militaire) pour déjeuner de « l’apéritif amélioré ». Ca fait des mois qu’on prépare tout ça. On a tout prévu, des parkings réservés ; des plantes en pot pour la déco ; un drap pour dévoiler la plaque ; des chaises pour les anciens ; des porte-vêtements pour les imper mouillés. Du rab si les militaires présents avaient trop faim…




Je croise les uns, je parle aux autres.

Le début était programmé pour 11 heures. ..à la seconde, on ne barguigne pas avec le protocole !

A midi, nous étions à l’abri

A treize heures, c’était fini

Deux heures de vraie fraternité républicaine

de temps à autre, ça fait du bien…


…c’est aussi bien qu’un câlin !


PS : le sujet a évolué depuis juin  :

jeudi 6 novembre 2014

Ici Bruxelles : c'est Pierre qui parle !

ici Bruxelles : 

c'est Pierre qui parle...



Ca me rappelle : « ici Londres » ! Sauf que ce n’est plus le Général de Gaulle au micro. Ce n’est pas un inconnu, il nous est même si proche : c’est un ami qui parle. De Bruxelles ! Il se nomme Pierre. Pierre Moscovici. Je consulte sa fiche Wiki : «  Il naît au sein d'une famille juive d'intellectuels de gauche. Son père est le psychologue social Serge Moscovici qui, adolescent pendant la Seconde Guerre mondiale, milita au Parti communiste roumain avant de fuir son pays en 1947 pour se réfugier en France. Il participe également à la fondation du mouvement des Verts. Sa mère, d'origine polonaise, est la psychanalyste Marie Bromberg. Proche du PCF, elle signera le manifeste des 121.

avant, c'était avant

En 2012, il révèle qu'il partage sa vie depuis cinq ans avec Marie-Charline Pacquot, jeune doctorante en philosophie, alors âgée de 24 ans, de 30 ans sa cadette. Séparés en août 2014, il partage ensuite sa vie avec Anne-Michelle Bastéri une inspectrice des finances, qui fut conseillère « participations de l'État » au sein de son cabinet au ministère de l'Économie et des Finances ».

Il nous avait promis qu’il resterait Français (de cœur). Mais qu’il serait Européen (de convictions).
après, c'est maintenant !
















Son injonction à la France :

« Réduisez le déficit structurel : dépensez moins » . . .!


encore qu'il existe une autre hypothèse : 

« Imposez davantage » ! (la TVA ?)

Voici l’article de l’Expansion, cité intégralement :

« Le déficit public de la France va s'aggraver et devenir le plus important de la zone euro en 2016, à 4,7%, selon les prévisions de la Commission européenne. Par ailleurs la France ne tiendra pas ses objectifs budgétaires en 2015, a estimé ce mardi la Commission, qui table sur un déficit public à 4,5% du PIB (l'objectif de la France était de 4,3%). Le scénario d'un retour sous les 3% en 2017 s'éloigne.

Ces mauvais chiffres "sont largement dus à une croissance toujours modeste et certaines mesures comme une nouvelle hausse du coût du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et des réductions d'impôt pour les ménages à faible revenu", indique la Commission dans son rapport.

« L'exécutif européen a fondé son analyse sur le plan d'économies de 21 milliards d'euros annoncées par la France pour 2015, mais "certaines de ces mesures, autour de 2 milliards d'euros, n'ont pas été suffisamment détaillées pour être prises en compte". Les mesures nouvelles présentées par la France dans son projet de budget 2015, en cours d'examen par la Commission européenne, n'ont pas non plus été intégrées. Paris a annoncé la semaine dernière des "mesures nouvelles" qui permettront de réduire son déficit public de 3,6 à 3,7 milliards d'euros de plus que prévu ».

Croissance en panne dans la zone euro

« Pour la zone euro dans son ensemble, la commission publie une prévision de croissance revue nettement à la baisse à 0,8% en 2014, et 1,1% en 2015. Bruxelles se montre ainsi nettement plus pessimiste pour la reprise qu'au printemps dernier. En mai, la Commission anticipait encore une croissance de 1,2% cette année et de 1,7% l'an prochain pour les 18 pays de l'union monétaire. La zone euro ne devrait atteindre finalement 1,7% de croissance du PIB qu'en 2016 ».

« Cette révision à la baisse s'explique notamment par une confiance moindre, en raison des risques géopolitiques accrus et de perspectives économiques globales moins bonnes, explique la Commission.

« La situation est contrastée selon les pays, mais les trois principales économies de la zone euro n'incitent pas à l'optimisme. Le moteur allemand semble grippé, selon la Commission qui a nettement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour ce pays, à 1,3% cette année (contre 1,8% au printemps) et surtout 1,1% en 2015 (contre 2%). La France patine, avec une croissance de 0,3% cette année (1% prévu au printemps), 0,7% en 2015 (contre 1,5%), puis 1,5% en 2016. (D'où sort ce pourcentage incroyable ?). Enfin, l'Italie devrait rester en récession cette année pour la troisième année consécutive (-0,4%), alors que la Commission prévoyait encore une croissance de 0,6% au printemps.

Inflation et chômage: trop basse, trop élevé

L'inflation devrait rester très basse à 0,8% en 2015, à cause de la lenteur de la reprise économique, et 1,5% en 2016. L'union monétaire devrait donc cependant échapper à la déflation, caractérisée par une spirale négative des prix et des salaires néfaste à la croissance. En revanche, l'objectif de la Banque centrale européenne, qui était de maintenir une inflation proche de 2%, ne sera pas atteint.

Quant au chômage, il ne devrait baisser que lentement, avec un taux à 11,6% cette année, 11,3% l'an prochain et 10,8% en 2016.

Je vous avais prévenu :

Le pire n’est jamais certain

Le premier Ministre vient de reconnaître regretter de n’avoir pas soutenu la CFDT lors de la réforme Fillon des retraites. Il est honnête.

Le Président s’exprime ce soir à la télé

Il faut qu’il soit honnête.

en bon français : "un Français, avec un problème de crédibilité s'agissant de dignité"

la langue de Goethe vous exprime tout ça en un collage de mots plutôt brutal




mercredi 5 novembre 2014

Voyage connecté


C’est devenu toute une aventure pour se rendre à Toulouse … (si on n’est pas Toulousain) ! Car, d’où qu’on parte, il va falloir franchir … les bouchons !


Contrairement à Shangaï, il n’existe pas de gratte-ciels à Toulouse, ni dans la périphérie : chacun ici pratique le gaspillage … de l’espace naturel. Chacun veut une « toulousaine » (c’est une maison de briques roses au moins XVIIIè), avec autour dans l’ordre : une piscine (bleue). Une pelouse irriguée (verte) pour pratiquer le barbecue et le golf, enfin un potager-bio pour disposer de tomates plein-champ (goûteuses ayant le goût vrai des tomates de mère-grand).

les files de gauche des abonnés

Alors, on est prêt à habiter loin, pour se rendre le matin en Ville en voiture. On prendrait bien le train, le TER par exemple, mais ou bien il est en grève ; on bien en retard (pour cause d’incident technique par exemple le vol des fils cuivre qui commandent les passages à niveau). Ou bien il n’y a pas de trains.
motards signalés : danger !



Alors on fait (chaque matin) un calcul arithmétique : pour arriver mettons à 9 heures (arriver avant relèverait de l’auto-mutilation), il faut arriver au péage de Muret (pour ceux qui habitent au-delà) à 7 heures. Donc on part avant, à 6 heures 30. Trente pas trente-cinq car alors, on perd-direct une heure. De bouchons. Ils sont récurents (comme on dit à la télé). Leur durée peut-être … indéterminée. Vous allez me rétorquer : -« arrivés à 8 heures, vous allez la reperdre, l’heure de bouchons gagnée ». Réflexion typique de Toulousain-malin ! Sauf que notre voiture, à nous, est garée. Nous sommes assis à la Brioche Dorée (ça rime). Au chaud, on peut re-petit-déjeuner. Croissant-café. On peut méditer ; rêver ; écrire ce papier ; certains d’être à l’heure : 9 heures.

au retour nez au Sud, les attardés vers Toulouse s'engouffrent dans les bouchons sans issue de secours

Comme on est organisés, on sait qu’on devra repartir, (de ce lieu idyllique). En principe 8 heures après, 17 heures. Bouchons garantis. On va donc transiger pour 16 heures. Dernier carat ! (ce serait mieux 15 heures). Le véhicule est place Jeanne-d’Arc, le nez au Nord. (Pour se garer, on a pris un billet). Comme 3000 agriculteurs sur leurs gros-tracteurs bloquent toutes les issues périphériques, (donc le centre-Ville où ils déversent des remorques de fumier), les véhicules de CRS les entourent sirènes hurlantes. Ne pas rester dans le coin, vite filer ! Vous aurez remarqué : il fallait absolument libérer hier soir les CRS occupant le barrage de Sivens, pour leur permettre de libérer Toulouse. Pauvres CRS, n’ont pas le temps de souffler ! Nous, va falloir contourner les barrages !


Nous vivons la métamorphose d’un monde. Du monde. Notre monde. On ne peut se contenter de nos anciens sens, de nos traditionnels pouvoirs, conçus pour chasser le mammouth laineux, pas pour se sortir du double barrage des CRS contenant les agriculteurs.

Nous devons être supermen. Nous devons être connectés !

Emmanuel a pigé la métamorphose du Monde. Il a équipé sa maison de plaques photovoltaïques, pour être autonome en électricité. Il a acheté (dans les premiers) l’iphone (le dernier). Relié à la 4G, il est informé 24H/24, on lit les messages d’alerte de la Dépêche en voiture in live. Je lis car je suis le passager, mais dans sa voiture connectée, il a le plan de GoogleMaps sous les yeux dans un cadran exprès. Le passager dispose d’un écran plus grand, pour regarder le Monde (au lieu de la télé). Il est connecté, sa voiture est connectée. Ce matin, elle l’a réveillé à 6 heures pile, le café (connecté) était chaud quand il fallait (ça rime) le toaster (connecté) a craché un premier croissant. Il m’a pris à l’heure  dite, le même dispositif avait fonctionné pareil pour moi. En route, le premier péage passé (file de gauche, celle des mecs connectés qui passent le péage sans s’arrêter (ils paient après), vitesse 132Km/H compteur, 129,9 au GPS. On est suivi par des satellites, tout est enregistré. Pilote automatique, la voiture sait où elle doit aller. Le GPS veille, le radar avant contrôle la distance de sécurité derrière le véhicule devant (vous suivez ?). Un radar latéral nous guide en se calant sur la bande blanche. On peut papoter (en toute sécurité…ça rime). Pilote enclenché. Alerte ! un signal s’allume ! Incident devant : ACCIDENT ! Second signal : 2 motards veillent sur le trafic depuis le pont au-dessus. Ils ne sont pas armés. Ouf ! Danger passé ! Radio : « les agriculteurs bloquent les rocades » ! Dépêche (je tiens l’iphone) : tous les bouchons sont géolocalisés ! Plein trafic, en dents de scie. Ca démarre. Ca s’arrête.


Nous envoyons le drone (arme secrète, nous sommes connectés). Visio avec le drone. Il filme le tracteur. Rocade barrée !  Fumier. Itinéraire bis. Voiture propre, pas question de la … saloper ! Tous warnings allumés ! On sort. Alerte ! Danger imminent ! Deux motards (sur le bas-côté) fument leur clope (Danger). Ils ne sont pas armés : Danger passé. Le conducteur presse le bouton (adapté) : danger confirmé. La centrale comptabilise la confirmation : un nouveau « veilleur » va être confirmé. Le compteur donne le nombre : devant nous, 118 ; 125 ; 150 « veilleurs confirmés » veillent. Ils confirment les risques : radars fixes ; mobiles ; motards désarmés. Motards armés. Tracteurs. Fumier. CRS armés. Grenades dégoupillées. Le système alerte ceusses-qui-sont- connectés. Eux, ils renseignent le système.

les CRS traversent, tous phares allumés..danger !


Tracteur-fumier...contourné

C’est le printemps arabe . . . des routiers.

On ne risque pas de s’ennuyer : c’est tout un système social en veille, qui est connecté. Le jeu (est-ce un jeu ?) : contourner le système. Vivre quand-même, malgré les bouchons. Arriver (quand-même) à l’heure. Repartir (quand-même) de même. Réussir à vivre, à travailler. Malgré les dangers.

Quelle société !


On s’arrête chez Mac Do : borne digitale : commander… à manger. Carte-bleue enregistrée. Facture payée. Les serveurs, oreillettes (pour écouter). Blue tooth (pour parler) ont suivi la commande électronique sans jamais s’arrêter !  Quelques secondes après (pour rimer) arrive la serveuse (connectée). L’ordi a foiré… Manque la sauce des potatoes. On râle (un peu). L’ordi crache la sauce. Des détails à perfectionner ? Rien  n’est jamais… parfait ! Nuggets (poulet). Potatoes (patates françaises). Et Coca…à volonté. In fine, on a (bien) déjeuné !


Le système D, le must du modèle français

désormais … connecté !

Se rendre à Toulouse, bloqué par les agriculteurs, un matin de semaine ordinaire

requiert de super-pouvoirs

Pas de souci :

on est connecté



Inutile de préciser que les mecs non connectés sont … de l’autre côté
… de la fracture numérique
Nous ne vivons pas qu’une crise économique
mais la métamorphose d’un monde
Jeunes, ou pire : vieux
y-a intérêt
à bien s’accrocher : ça va secouer !

(ça secoue déjà grave)



au retour, 10 veilleurs veillent dans un rayon de 7Km : nous sommes sortis
de la zone dense urbaine, mais nous ne sommes pas seuls !





















Zone danger : on est connecté

dimanche 2 novembre 2014

Vous êtes 60.000


La dernière fois, c’était il y a 86 jours : 10.000 contacts depuis, 115 contacts en moyenne par jour. Si je travaille 310 jours par an, (dans la mesure où je puis bien m’octroyer les 52 dimanches), ça doit faire 36.000 contacts (nouveaux) par an !

Rendez-vous en novembre 2015 ?

Vous avez noté que, toujours avec les mêmes rubriques, (sans quoi que ce soit de racoleur), je tente de me remuer les méninges avec un billet par jour ?

Ce n’est pas toujours facile, mais quand les voyages ou les arts font défaut, l’actualité entraîne souvent des billets d’humeur. Je m’essaie à repérer les héros et héroïnes, ils sont nombreux, ceux que je prends pour idoles. Je repère les livres qu’il faut avoir lus, même si comme Madame la Ministre de la Culture je n’ai pas le temps, et  lis (comme elle) surtout les journaux et les notes. Je viens de recevoir par exemple le bouquin d’Attali, « Devenir soi », c’est tout simple : un chapitre affirme « qu’il ne faut rien attendre des autres », et ne compter que sur soi. YES par exemple, on peut tous se retrouver (sous une blouse verte ouverte au grand jour car les boutons sont devant) sur un brancard d’hôpital. Si l’on doit faire confiance aux autres, au personnel soignant évidemment, on ne peut compter que sur soi car malgré l’entourage des siens, on est bien seul (et tout nu) devant les « embêtements graves de la vie ».(vous m'avez compris ?)


Quand même, il arrive souvent de rire de choses toutes simples, avec le Chat de Philippe Geluck par exemple , et son 19ème tome : « le chat passe à table ».

On y apprend que :

Si on appelle les seins
Les glands de ma mère
On doit nommer les couilles
Les glands de mon père !

Et la dernière d’Antoine (elle est très osée). Comme nos amis américains collectionnent les mots français comme des bonbons précieux, je leur ai posé une question technique, issue du Corps des Ponts et Chaussées, auquel je ne cesse de vous répéter que j’appartiens désormais.

Ils connaissaient comme tout le monde l’existence des ponts, sur les routes. Ils savaient que la partie horizontale se nomme « le tablier ». Au masculin. "Comme un tablier de cuisine" ai-je précisé, ce qui n’a aucun rapport. Un grand pont repose, de chaque côté, sur une construction qui a (va savoir pourquoi) un nom au féminin : c’est une culée.

Voici un élève-ingénieur, sous le parrainage d’un Ingénieur des Ponts et Chaussées, qui découvre avec des yeux neufs un petit pont, objet auquel il n’avait à vrai dire jamais fait attention de sa vie, se moquant des ponts comme d’une guigne. L’Ingénieur confirmé décrit le tablier, qui repose directement sur la terre, de chaque côté. Et le jeune de s’esclaffer : -« merci, je n’avais jamais vu de pont sans culées » !


Je me lâche un peu : on est dimanche, il fait très beau, j’ai salué tous les anciens qui me regardent depuis l’autre dimension où est rangée leur âme. Hier les 25 ans de Laurent Gerra donnaient lieu à une fête splendide sur la seconde chaîne. 


Bientôt, (le 3 décembre) des « Racines et des Ailes » vont montrer (dans son avion décoré des lettres Navy) Eric Soulé de Lafont, photographiant les Pyrénées. Lui médecin, et son épouse Marjorie, sont extraordinaires ! 

J’ai rendez-vous bientôt … je vous en reparlerai








Je découvre (en cherchant) des Personnages formidables


(ils sont souvent tout proches, 

il suffit d’ouvrir les yeux)



le hasard de la vie peut offrir des rencontres...

...étonnantes  !