mercredi 29 janvier 2014

La mort d’Emma…


Emma Bovary !

Vous aviez compris que nous séjournions à Rouen. Réflexe immédiat (après les urgences de l’arrivée) visite du Musée des Beaux Arts, tout près à pied. Pour dix Euros (à deux) pas la peine d’attendre le premier dimanche du mois gratuit : en semaine, il y a plus de gardiens que de visiteurs ! Les visiteurs attendent le fameux jour mensuel, d’ailleurs il y a peu de monde à pied dans Rouen : le plus grand nombre circule en périphérie en automobile à la recherche des grandes surfaces ! Les gardiens (surtout féminines) vous scrutent d’un œil farouche, méfiants devant ces rares intrus, sans nul doute à la recherche d’un vol d’une œuvre d’art de petit format (ils ont lu des mésaventures pareilles dans les journaux), notre passage ne passe donc pas inaperçu ! Par extraordinaire, demandant (poliment) à photographier, on me répond positivement (ça alors !) mais surtout pas les impressionnistes, car le reflet du flash constitue pour eux une agression irréversible. D’ailleurs, la lumière naturelle est soigneusement masquée, nous sommes dans la pénombre, et il arrive souvent que l’on ne voie rien du tout, meilleure manière de protéger les œuvres du regard (inquisiteur) du visiteur.
 














Le hasard (est-ce le hasard ?) nous guide vers une salle du premier étage, dans un coin. Je fais les comptes devant vous : 7 février 1857, la deuxième audience devant le Tribunal Correctionnel de Paris du procès intenté à Gustave Flaubert. Nous sommes quasi précisément 156 ans après (je vérifie ma soustraction, c’est bien ça), figurez-vous qu’on y pense toujours !
(enfin nous les rares visiteurs)


Je relis Madame Bovary (sans enthousiasme je le confesse) dans l’édition originale feuilletée il y a soixante ans. Je n’aime guère ces retours dans le passé ! Le procès fait à Flaubert est détaillé en fin du bouquin, presque plus intéressant que le roman lui-même ! Le réquisitoire est dressé par M l’Avocat Impérial Ernest Pinard, qui plaide l’offense non seulement à la morale civile, mais à la morale religieuse ! Les deux mon Colonel ! La morale civile pour adultères répétés, incluant l’émoi caractérisé des sens, circonstance plutôt aggravante assène Monsieur l’Avocat impérial. Et (inconcevable aujourd’hui) contre la morale religieuse. Par exemple, petite (vers 14 ans) Emma prenait un (malin) plaisir à confesser ses fautes de petite fille à l’abbé ! Adulte, elle abusait des sacrements de l’Eglise, par exemple la communion prise dans l’adoration du Christ-Sauveur (quelle exaltation de l’esprit, ça me rappelle l’extase de Sainte-Thérèse, évidemment très suspecte pour une Sainte !). Pire, l’extrême-onction est administrée à Emma sur son lit de mort, et elle en éprouve un soulagement de l’âme, et (pire) de ses souffrances corporelles, soulagement pervers bien suspect pour Monsieur Pinard : Flaubert badinerait-il avec les rites sacrés ? Pire, inciterait-il des jeunes filles, de la campagne qui plus est, à une conduite des plus dépravées ? Il faut interdire ce livre, apologie des vices ! (civils et religieux)



 














Il est vrai que quand on observe aujourd’hui (156 ans après) le comportement de Mesdemoiselles Zaïa et Nabila, force est de constater une dérive des mœurs : il n’existe plus d’offense possible aux mœurs civiles quand l’Empereur répudie son ex à coups de décrets pris en Conseil d’Etat. Quant à la morale religieuse, elle s’est volatilisée, pas encore remplacée par on ne sait quelle morale laïque (qui ne réprouve ni le mensonge d’Etat, ni le meurtre des populations opprimées en Syrie par exemple). De là à dire que c’est la Faute à Flaubert, il y a quand-même une marge !

Maitre Sénard, le défenseur, copain de Flaubert,  répond dans un florilège de démonstrations, cite Lamartine, cite Bossuet lui-même, et fait observer que comme morale, Emma meurt dans d’atroces souffrances. Elle est victime d’une culpabilité bien judéo-chrétienne ; a la conscience absolue de la différence entre le bien et le mal ; et sa chute finale ne risque guère de conduire les jeunes filles à l’imiter. Flaubert est finalement acquitté, ouf pour la littérature !

Je reviens au Musée car il honore un autre artiste : Albert Fourié (1854-1937) l’illustrateur ! Il représente Emma délaçant ses vêtements dans la fureur (luxurieuse) d’un strip-tease destiné à exciter les sens (vous devinez où ils se situent) de Rodolphe (ou bien Léon) ! Rassurez-vous, on ne voit rien du tout, on est bien loin du magazine LUI !
 


La scène finale, c’est la Mort elle-même : nous sommes dans la chambre d’Emma, et Fourié (qui s’y connaît) a ouvert la fenêtre (pour expurger les miasmes). Dans le coin, affalés sur leur chaise, (ils ont veillé toute la nuit), bedonnants, le pharmacien-apothicaire Homais, et le curé Bournisien (pour vous prouver que j’ai relu).  A gauche, debout, appuyé sur le pied du lit, en pleurs, Charles, le mari. Le cocu-(ruiné), qui adorait sa pécheresse de femme. Il n’avait naturellement rien vu, accaparé par sa médecine (en réalité on apprend que moyen à l’école, il n’était pas médecin mais officier de santé (pour vous prouver que j’ai relu).

Derrière le cierge pour tout éclairage (mais quel éclairage) Fourié a représenté Emma, la dépouille d’Emma plutôt, allongée. Le visage recouvert d’un voile est à peine visible. Aux pieds, la fameuse robe de mariée en soie, avec les petits nœuds si bien cousus côte-côte. C’est Charles qui a insisté pour l’habiller ainsi.

Voilà, l’issue fatale d’une dérive des mœurs (de campagne),
dans la petite bourgeoisie, en Normandie, au temps de l’Empereur !

ouf !

On a envie de se changer les idées. La Normandie, on la voit en fleurs, sous le soleil de mai, attablés autour d’une noce, il faut que le cidre coule à flots, ainsi que le beurre, avec beaucoup de crème, et puis un canard (de Rouen), et autres joyeusetés !


Le même Fourié présente au rez-de-chaussée une superbe noce à Yport : c’est gai, l’assemblée me rappelle les repas de famille, et je prends en gros plan mes souvenirs de gosse : de belles carafes en verre, remplies de cidre orangé,

C’est beau, c’est bon

ca pique le palais

il est temps qu’on se fasse une bouffe !





PS : Il y a trop de chefs-d’œuvre ici pour que je ne vous les montre pas :
A la prochaine !

lundi 27 janvier 2014

Fabricant de Jésus Christ



C’était mon grand-père

Il se prénommait Jean, on l’appelait Joseph

Initiales J.N. C’est ainsi qu’il signait. Je m’en souviens, fumant le tabac qu’il cultivait lui-même dans la cave de la maison familiale. Odeur extraordinaire pour le jeune garçon que j’étais, je devais avoir six ans. Cela se passait en pleines Landes, dans la cave séchaient les gémelles de pin odorantes de résine avec lesquelles on boutait le feu dans le poêle, le tout dans une ambiance d’œufs au plat cuits dans la graisse du cochon élevé au fond du jardin, avec les épluchures des légumes du-dit jardin. Le jardin du grand-père. Un cycle du carbone parfait, puisque la fumure se faisait en recyclant le contenu de la fosse…je vous laisse deviner ! Mes souvenirs se passent dans les années 50, rassurez-vous, il y a prescription ! Je lui demandais, -« à quoi penses-tu papé ? » ; Réponse : -« je réfléchis ». C’était un créatif de première, il inventait toutes sortes de trucs, il fabriquait des sièges d’osier. De l’osier qu’il allait chercher au bord des ruisseaux avec son vieux vélo. Des graminées coupantes comme des rasoirs avec lesquelles il tressait des sièges de paille au début verte. Il édifiait dans le jardin des abris pour les pigeons en fausses branches de ciment comme c’était la mode alors des rocailles artificielles. Connu dans le quartier, la maréchaussée tolérait la plantation de quelques pieds de tabac qu’il mettait à sécher avant d’en bourrer sa pipe. Vous comprendrez plus bas pourquoi. Fumée garantie ! Prétexte pour réfléchir. Il souffrait d’une affection dite « surdité mondaine », rarement décrite dans la littérature, suivant laquelle il supportait difficilement la présence d’autrui. Il avait l’art de se défiler au moment des cérémonies familiales, donnant lieu à d’inquiètes recherches quand tout le monde en tenue de Dimanche, on le voyait arriver sur son vélo rempli d’herbes, ayant justement décidé ce jour là de se lancer dans d’indispensables travaux de bricolage.
 


Il y a peu de photos de lui. On le voit en gendarme, en gendarme à cheval s’il vous plait. Fière allure ! Il avait la réputation d’un dresseur de chevaux d’élite, et avait sauvé son Colonel d’une grave chute, en maitrisant sa monture emballée. Le Colonel retourné à la vie civile à Pau était bijoutier, et lui avait offert une médaille d’or, avec une dédicace fameuse dans la famille, de « brave parmi les braves ».

Mobilisé pendant la seconde guerre mondiale, artilleur au 1er régiment, (qui prend part aux opérations de Champagne à Massiges de fin 1917 à juillet 1918. Cité deux fois à l'ordre de l'armée, il a perdu près de 600 hommes), il avait une ferveur particulière pour Sainte-Thérèse dont il portait la médaille sur lui, persuadé qu’elle avait protégé son modeste atelier de la chute des obus allemands.
  





Car son job là-bas était des plus singuliers : « Fabricant de Jésus-Christ ». On le voit sur l’une des rares photographies d’époque, à côté de son tas d’obus, devant son atelier. Sur la tablette du haut, le casque du poilu. A côté, deux scies. Et devant lui, sa production : six crucifix, que la famille conserve jalousement. Ici c’est le modèle dit « à accrocher », avec un bénitier en bas, et toujours une dédicace à son épouse, notre grand-mère Catherine, qui se faisait nommer « Anne », plutôt Anna pour respecter le parler des Landes. C’était une Ducourau, d’où une rare mention au crayon au dos d’un crucifix. Figurez-vous qu’ici, je viens d’en retrouver d’un coup trois exemplaires, je les photographie pour l’Historien qu’est mon frangin.


Au dos d’un d’entre eux, cette mention quasi illisible : « Fait sur le front, forêt de Coucy, 1918 ». Lieu célèbre, à proximité de la fosse conservée de la Grosse Bertha ! Au moins, on a retrouvé où il était !















 





Un autre modèle de crucifix est celui « à poser » : il dispose d’un socle, est plus grand, bois précieux, mêmes dédicaces. Avec ces souvenirs nous conservons pieusement les douilles d’obus de cuivre, travaillés comme on le fait au Maroc, pour les transformer en objets de décoration. Briqués à l’huile de coude, ils brillent comme de l’or. Belle reconversion pour des engins de mort.




J’offre ainsi à la réflexion de tous ceux

intéressés cent ans après par la Grande Guerre

cette méditation de Joseph, mon grand-père paternel

Fabricant de Jésus-Christ

Etonnant non ?
encore un dernier ! il ne figure pas sur la photo du front :
il est de 1917 !










fabricant de cannes aussi !
Oise 1914 au centre,
Vive la France 1918 à droite
à gauche, canne épée avec une baionnette


en 1914, Catherine Ducoureau a 24 ans. Jean N 34 ans

dimanche 26 janvier 2014

Fausse route



Nous avons déjà chanté la chanson : « J’irai revoir ma Normandie » (1)  : c’est fait : maison bouclée. Cap au nord. Dix heures de route, le dimanche c’est plus commode, seuls les camions étrangers filent vers Paris. Partis à 7 heures pile, huit heures d’autoroute plus tard, la capitale est contournée sans trop de circulation, profitant des agapes des parisiens qui ne reprennent la voiture qu’à quinze heures pour digérer. Cap au nord toujours et encore : la Seine, la « Forêt Verte » (on ne voit pas les feuilles agressées par les pluies acides puisque les feuilles sont tombées à l’automne dernier). Banlieue noire. Banlieue grise. On arrive à Rouen. Pont Mathilde toujours fermé, on ne se presse pas ici pour terminer les travaux. Détour par le pont Corneille. Arrivée Place Saint-Marc. Entrée dans le parking souterrain. Ouf ! Arrivés sans encombre !

Cela fait déjà huit jours, et le rythme s’est de suite mis en place : matin, tournée (à pied) dans le quartier Saint-Maclou : il faut  bien faire les courses, facile dans ce quartier encore plein de commerçants en tous genres. Après-midi trajet au Nord, toujours le Nord, on escalade les collines au-dessus de la Ville, vers Boisguillaume. C.H.U. Ces initiales qui marquent pour tous les incidents du grand âge. Nous, nous en sommes au second stade : après l’opération à Charles Nicole, notre CHU est destiné à la rééducation : Ouf ! seconde et dernière étape avant le retour à la maison.


Pour les médecins, en cas de maladie, la formation initiale sert à s’approprier moult protocoles pour faire face, et délivrer les gestes et médications appropriées. Pour le malade, il a été brusquement transplanté depuis son univers (où il était entouré de tous les appareils et appuis matériels permettant les gestes de la vie courante. Permettant de s’alimenter. De participer à la vie extérieure par la radio et la télévision) … dans un lieu étranger. L’environnement réduit à une armoire et un lit, tout est d’un coup anéanti : il se retrouve en pyjama pour tout vêtement, et assis dans un fauteuil la plus gande partie de la journée. Proche d’un voisin inconnu. Soumis aux horaires fixes des repas et prises de médicaments. Soumis aux interventions inopinées mais continuelles des professionnels de santé. Pas facile de s'isoler pour méditer !

Pour la famille, l’objectif est de créer une atmosphère pseudo-familiale. Comprendre les soins et les traduire au patient soucieux de comprendre ce qui lui est administré de l’extérieur. Créer la motivation à vivre, à sortir du lit. A sortir du fauteuil. Pour reprendre les gestes automatiques de la vie : se lever. Marcher. « Déambuler » dans le couloir. Demi-tour. Rentrer. Bouger quoi. S’alimenter. La physiologie de base. Le préalable à retrouver le goût de vivre.

« C’est vous la personne de confiance ? » Terrible question à sens-multiples. YES I’m. Voici le téléphone où nous joindre 24H/24. YES we are here. Personne de « confiance ». Personne « ressource ». C’est complémentaire.

Assez vite, on rentre dans le vif du sujet. Parmi tous les risques que l’on court quand on est dans son lit, hospitalisé, il y a la fausse route. J’adore cette expression, qui me rappelle pour les anciens latinistes, la différence qu’adorait le prof de latin, entre le faux sens. A ne pas confondre avec le contre-sens. Quand on fait une traduction d’une langue étrangère, voilà les deux pièges à éviter : le faux-sens. Le faux-sens, c’est se tromper d’interprétation. Le contre-sens, c’est faire dire à la langue d’origine le contraire de ce qu’elle dit. Ce qui est très emmerdant, imaginez pour les relations diplomatiques ! Je pense à François le Saint-Père, discutant (à fleurets mouchetés) en italien, avec François, notre Saint-Père-Laïc, qui lui répond en français. C’était hier ou avant-hier. Pas intérêt à dire le contraire de ce qu’on pense ! En 15 minutes hors traduction, pas beaucoup de temps pour faire connaissance ! Je repense évidemment à l’audience accordée par François à François en présence du Ministre de l’Intérieur et de Nicolas Hulot (venu pour réclamer au Pape de veiller écologiquement à la durabilité de la Création, au motif qu’elle a été conçue par Dieu, et que le Vatican doit en assurer l’après-vente (ce qui ne manque pas d’humour puisque Nicolas est censé être bon laïque, et qu’il ne croit plus à toutes ces fadaises depuis la théorie du Big-Bang et de l’évolution… !).


La Fausse-route alimentaire est l’accident dû à l'inhalation dans les voies aériennes de liquide ou de particules alimentaires normalement destinés à l'œsophage. Quand on est alité dans la position inconfortable mi-allongée mi-assise de son lit médicalisé, le risque est que les aliments que le malade absorbe (par devoir car il n’a pas faim), fassent fausse route.

La Docteur (la théorie du genre veut que bien que son sexe soit féminin, on l'appelle "Docteur" au masculin) nous explique de suite après notre arrivée la manoeuvre de Heimlich : le poing de la main (de la personne de confiance) au contact du ventre (du patient) doit être fermé au niveau de l'estomac pour former une boule qui va servir à appuyer. Ensuite il faut « très brutalement, sans délicatesse », serrer le thorax entre les bras en enfonçant vers le haut le poing dans l'estomac de la personne en détresse, comme si l'on voulait la décoller du sol.

Roger ayant du mal à avaler, je m’essaie (doucement) au geste en question. Ouf, il avale, et rote, soulagé. J’apprends, je suis là pour ça. Ici comme en économie, la confiance fait tout !

J’aime beaucoup l’expression : « il faut très brutalement, sans délicatesse, serrer le thorax entre les bras en enfonçant vers le haut le poing dans l'estomac de la personne en détresse, comme si l'on voulait la décoller du sol ». En médecine la brutalité, dans certains cas, peut être vivement recommandée !

Nous sommes dimanche 26 janvier, une semaine déjà.

Je m’intéresse comme nous tous au sort de Valérie : hier François (le personnage privé) a dit-on personnellement téléphoné à l’AFP pour l’informer du fait qu’il (le Président) avait définitivement viré Valérie. L'expression utilisée amuse d'ailleurs les journaux : "j'ai décidé de mettre fin à la mission ...de Valoche...". A titre et privé, et public. Il avait fait, a-t-il avoué, « une fausse route ». Il devait appliquer la manœuvre d’Heimlich. « Un coup de poing sans délicatesse, pour la décoller du sol ». Je suis rassuré : lui et moi connaissons le geste professionnel, on sait quoi faire en cas de fausse route : un bon coup de poing en dessous du sternum.


Je ne suis pas très inquiet pour Valérie : sortie de la Salpétrière sans fausse route. Sortie de la Lanterne relookée. Elle part en mission officielle en Inde, pour une mission humanitaire d’ex first lady, avec un garde du corps ; et des compensations financières qui vont l’aider à retourner à une vie parisienne enviable pour le commun des mortels, sans compter son poste protégé à Paris-Match (qu’elle n’a jamais quitté nous raconte son Patron).

François repart maintenant pour une juste route, avec Julie, j’attends avec impatience (comme toute la France) la décision (privée) de François de la nommer (publiquement) first lady. De lui recréer le cabinet dissout hier. On va voir s’il emmène Julie rencontrer Michèle Obama aux States, le feuilleton n’est pas terminé ! Julie après tout pourrait jouer le rôle de traductrice. Elle est forcément bilingue ? Et puis, elle est accoutumée aux rôles...de composition !


Ici, nous sommes dans la vie ordinaire. Des gens ordinaires. Roger est un patient ordinaire.

On fait tout ce qu’on peut (avec l’aide de Dieu) pour le faire rentrer chez lui, dans son univers cosy et familier, rempli de livres rares et de meubles d’antiquaires. De musique et de films sur Chartres et l’Art Roman. Dans son quartier charmant, plein de traiteurs chics. Aussi bien qu’à Paris 15ème. Le quartier de Valérie. La vie des gens heureux des Centre-Villes chics. Vous voyez ? Il n’y a pas que les Bobos pour y être à l'aise !

Gare aux fausses routes !

mieux vaut réfléchir avant d’agir

sinon…

                                                                    gare à Heimlich !



(1) c’était il y a presque deux ans :
il y a des billets avant, il y aura des  billets après… !

samedi 18 janvier 2014

Le Poilu de Saint-Gaudens


  
Je vous avais promis de vous reparler de 14-18, et ayant retrouvé d’émouvants souvenirs aux Archives départementales, je vous en fais profiter.

Le Poilu de Saint-Gaudens est une note manuscrite célèbre pour les initiés locaux, car elle est de la main même de Norbert Casteret : tout le monde connaît, le célèbre spéléologue, découvreur des sources de la Garonne. On a peut-être oublié sa découverte, décrite dans le livre sorti en 1933 «Dix ans sous terre », de la grotte de Montespan (ça on sait qui c’est !) d'une statue d'ours en argile blessé de pointes de sagaie montrant que la dite Dame Montespan tenait ses ancêtres des temps préhistoriques ! (1)
  

Il a 26 ans en 1923, a fait la guerre avec son frère Jean, et sait de quoi il parle. Il a conservé son casque de tranchée sur lequel il fixera une lampe pour ses premières explorations. Et il commente le monument, et ses deux poilus : celui du bas ligoté « une rumeur disant qu’un fantassin du 83° régiment, basé alors à Saint-Gaudens, avait été ligoté puis exécuté par les Allemands ». La presse locale rapporte une version plus lyrique : « une France enveloppée dans de longs voiles de deuil reçoit sur son sein un soldat français, martyr héroïque qu’elle détache du gibet odieux où la barbarie l’a lié après l’avoir meurtri ». La presse adore les métaphores (et la langue de bois).
  






























L’inauguration du monument a lieu en grande pompe le 28 octobre 1923, en présence du Maréchal Foch lui-même venu de sa résidence familiale de Valentine, en bas de l’oppidum, dans la vallée de la Garonne toute proche. Il y retournera aussitôt après la cérémonie, il est venu en voisin, dans la maison de son père, Bertrand Jules Napoléon Foch, ce qui explique les initales NF du perron, Napoléon Foch.

Lui aussi prononce un discours conquérant, mais convenu, cite les batailles de la Marne ; félicite les héros disparus, et évite habilement d’évoquer le monument pourtant si particulier : fait-il allusion aux fusillés, non pas par les odieux barbares allemands, mais par les (gentils) Chefs de guerre français ? Fusillés pour l’exemple, pour montrer à leurs copains que se faire tuer, que ce soit par les allemands ou les français, était inéluctable !
 


Le plus énigmatique en l’espèce est le sculpteur Paul Ducuing. Encore une fois les discours le nomment. Mais sans plus de commentaires. Son œuvre, c’est Casteret qui en parle avec le plus de sensibilité ; détaillant l’équipement ; évoquant le triomphe modeste du héros sur le piédestal, tenant sa branche de laurier sans ostentation, conscient de la multitude des morts autour de lui qui endeuillent une Victoire chèrement acquise.

Mais qu’a-t-il vraiment voulu dire ?

Les délibérations du Conseil Municipal sont bien énigmatiques : un crédit de dix mille francs a été facilement voté. Après la cérémonie la somme manifestement arrondie a été remise sans barguigner à Ducuing. S’il a laissé (comme il l’a fait à Hendaye) des notes ; des maquettes ; et l’interprétation de son monument, tout cela a bel et bien (apparemment) disparu !

Il faut vraiment entreprendre

des recherches historiques sur ce grand sculpteur !

si un candidat-thésard pouvait lire ce billet…. !



avec un papa prénommé Napoléon, Ferdinant Foch
ne pouvait être qu'un grand Maréchal !

PS : (1) bien que cela n'ait rien à voir avec notre sujet d'aujourd'hui voici le lien vers la grotte de Montespan : http://www.plongeesout.com/sites/roussilon-pyrenees/haute%20garonne/montespan.htm

jeudi 16 janvier 2014

Europe existe….



elle s’appelle Julie

le mythe éternel perdure

Zeus ne peut s’empêcher d’être amoureux : c’est comme ça : c’est la raison pour laquelle ses aventures sont un mythe, et que ce mythe nous concerne tous et toujours : Zeus existe, Closer l’a rencontré. Mieux, l’a photographié !

J’ai réfréné mon excitation initiale : j’ai attendu les nouvelles nouvelles. La conférence de presse d’hier. J’ai attendu la parution du Canard du mercredi. C’est aujourd’hui mercredi. J’ai appris ce matin que Julie avait été nommée au comité Médicis, ceci avant même Noël, démontrant ainsi la préméditation de Mme la Ministre de la Culture décidant de pistonner celle qui est comptablement au moins la Deuxième Dame. J‘imagine aujourd’hui de fait la Première ? Dommage que le couac qui a suivi annule la dite nomination, voilà Julie privée de voyage à Rome… ? A moins que… ?
 

Permettez moi (qui ne suis que l’un des 65millions de Français, et l’un des 20 millions de contribuables. Mais qui tente de comprendre l’Histoire avec un grand H) ces quelques commentaires :

1/ Zeus est Zeus. Un tout insécable. Il faut toute la torsion d’un esprit français (coupeur de cheveux en quatre) pour plaider qu’il existerait deux personnalités dans « Qui-est-le-Chef-de-l’Etat », une publique ; une privée. Pour moi c’est Zeus, un Dieu, le Monarque. Il porte le feu nucléaire. Il dispose qu’il le veuille ou non de pouvoirs exorbitants. D’avantages impossibles à refuser, y compris qu’on lui fasse des grâces non sollicitées, pour lui faire plaisir, pour se prouver que l’on est fan. Pour l’adorer. Car on adore Dieu : ce n’est pas de l’ordre de la raison, mais de la foi.
 


















2/ Du coup le fait qu’il se ballade en scooter. Qu’il se protège d’un casque de motard en résine et plastique en place du heaume de nos Chevaliers d'autrefois. Qu’il fasse porter des croissants par un tiers fonctionnaire de police (mais il doit bien être protégé par le même garde du corps), a un côté un peu ridicule. Un peu trop humain. Il faut qu’il s’en persuade : autant qu’il fasse ses coups en plein jour : c’est son privilège : il est Zeus !

Assume ! (1)

D’ailleurs quand il assume le fait d’avoir une nouvelle compagne. Plus jeune. Qui l’adore au point de lui redonner l’énergie dont nous avons besoin pour qu’il améliore notre sort, personne « ne moufte » : il le vaut bien. Julie va le faire gagner. Merci Julie, nous te (1) nommons dans le secret de notre imaginaire Juliette, d’avoir relooké Roméo.

3/ C’est tellement pro que voilà notre Zeus les sens apaisés grâce à Julie-Juliette ; la raison enfin recouvrée pour diriger les affaires d’Etat de manière rationnelle. Comment dit-il maintenant : "socio-démocrate"...? La confiance revient : Zeus se met à la manœuvre, le changement c’est maintenant, on est prêts à bosser pour lui, et à remettre la France en marche. Ouf ! Julie, il était temps que tu nous le remettes dans la bonne direction !


4/ Il y a dans cette affaire des dégâts collatéraux. Quand Zeus fait ses fredaines, Héra sa meuf reste légitime : c’est une Déesse, son statut n’est pas en cause : elle est et reste Déesse-épouse de Zeus. Ils sont égaux. De manière logique, elle sauve la face en se payant un inférieur, un bouc émissaire. Donc quand Héra est bafouée, Ségolène fait (chèrement) payer à la maitresse éconduite son infortune : il n’est pas bon pour une humaine d’être aimée par un Dieu, elle encourt irrémédiablement les foudres de l'enfer.


Pauvre ex-Première Dame, elle est simple-humaine. Pas mariée. Pas de statut. Pas d’airbag ni de parachute (doré). Vouée à retourner bosser pour Paris-Match. Comme une simple Agent C de la fonction publique, son refuge : enfiler des calmants pour se faire porter pâle à l’Hôpital est pathétique. Roméo ne va même pas monter en scooter lui rendre visite ! Répudiée ! Le risque de fréquenter les Dieux (sans porte de sortie) est qu’on s’y brûle les ailes !
 

5/ Notre affaire a beau se passer à l’Olympe, c’est un vaudeville. A épisodes. Tout commence, combien de numéros au feuilleton ? Il va y avoir celui des Obama recevant Zeus... célibataire ?  Celui du Vatican : on comprend pourquoi les prêtres font voeu de chasteté ! Heureusement que le Pape François ne juge ni les homos, ni les pas-mariés, on peut espérer de lui la compassion du Sage ? Ma quête est loin d’être aboutie : Julie est bien Juliette..../...

...mais...est-elle Europe ?

Europe qui séduite par Zeus (c’est fait) le domine suffisamment

pour lui apporter la sérénité, l’apaisement, la force tranquille

impossible d’y couper : de réformer la France, dans la durée ?

tu as trois ans Julie

pour devenir Europe !

(accroche toi)


(1)   Mon tutoiement est un tutoiement romain : le légionnaire pouvait tutoyer son Centurion, ce qui n’empêchait pas la déférence. Je tutoie Julie avec respect, Zeus évidemment, davantage encore, il pourrait me foudroyer (je suis moi simple-mortel) !
(2)     J’ai suffisamment réfléchi sur Europe pour poursuivre mes méditations sur ce sujet passionnel… ! http://babone5go2.blogspot.fr/2013/12/europe-mieux-quabbal.html voir avant, et encore après  !
(3) Ceux qui me connaissent savent qu'il faut lire tout cela au second degré : la vie terrestre n'est pas Disneyland, et on peut craindre que le Président ne soit après tout qu'un homme normal, sans les attributs des Dieux, et qu'à force de rouler ses conjointes dans la farine, personne ne le croie plus...!

mercredi 15 janvier 2014

Rêves de métal (3)



Le coupé de ville…

…encore Jean-Luc !

En exclusivité, voici une autre merveille pour Rétromobile !

Je commence par le vrai Jouet Citroën d’époque : il est à l’échelle 1/10°, et seul le blog de notre ami jouetscitroen-overblog peut nous montrer des photos de ses jouets d’origine, impeccables malgré les années :

Voilà le véritable jouet, je ne vous dis pas le prix, si d’aventure vous réussissez à le trouver !


C’est toujours
pareil : le 10ème est plus petit que le 7ème, qui est 1,43 fois plus gros : c'est mathématique ! Plus on avance en âge (je ne sais pas si cela vous fait pareil, car j’imagine que nous devons être de la même génération pour aimer ces voitures) je préfère maintenant le gros plutôt que le petit.

Dans ses productions « rêve de métal », voilà que Jean-Luc sort un coupé de ville. Oui mais...
à l'échelle du 1/7ème : un "gros coupé de ville" ! 


Il mesure 52cm de long, à vrai dire la longueur de la limousine d’origine. Si nous comptons bien, il y a d’origine la limousine et la camionnette. Plus aujourd’hui le coupé de ville, et le torpédo que je vous ai montré la dernière fois. Plus une camionnette de dernière génération : beaucoup de nouveautés !

vous allez adorer...

... Rétromobile 2014 !

vous n'oubliez pas ? babone31@sfr.fr