lundi 4 avril 2016

Tentation de Bruxelles

vivre dans un palais Art Déco ?

Si Molenbecck est devenue tristement célèbre, tout le monde connait Bruxelles. Heureux les Parlementaires européens qui sont obligés d’y faire de nombreuses mobilités géographiques, déplacer leurs valises jusqu’à Strasbourg, revenir en Belgique, la tentation est grande pour (certains) de se faire porter pâle. Les meilleurs restent et bossent, ils doivent bien se loger !

En vérité, mon histoire ne se passe ni à Molenbecck ni à Bruxelles, mais tout à côté, à Ixelles. Nous avons tous visité un jour ou l’autre les merveilles d’Art Nouveau qui y ont été édifiées. Paul Hankar, architecte et designer belge né le 11 décembre 1859 à Frameries et mort le 17 janvier 1901 à Bruxelles, est reconnu comme l’un des principaux représentants de l’Art nouveau à Bruxelles.

Vous voyez où je veux en venir ?

...pas encore ?

Je reconnais qu’il faut être au moins un Parlementaire, disposant d’un budget de 25000 Euros par mois. Du moins c'est ce que conseillent nos banques à nous : avoir trois fois plus de rentrées que le prix d'un loyer.

Car mon bien n’est pas à vendre, mais à louer. (On perd le loyer, mais on ne paie pas de taxe foncière... dans mon cas de figure, le locataire ne paie pas d’impôts non plus ! Et puis, on peut déménager en cas d’attentat . J’ignore si cela existe ? (des salaires mensuels de 25000). Peut-être un Très Haut Fonctionnaire Européen ? Je ne pratique pas ce genre de tarifs, un Ministre français doit gagner 10-12000 ? Il est logé gratos me direz-vous. Il faudrait une coloc’ à deux ministres... ?

...ou encore un de ces personnages qui vient de se faire pincer à optimiser sa fortune au Panama comme l'annonce le Monde d'aujourd'hui ?


car le bien est à louer ...

                  ...7500 € par mois !

J’ai une autre hypothèse plus réaliste : un joueur de foot, qui aimerait l’Art Nouveau ! Peut-être cela existe-t-il ? S’il avait de nombreux enfants, voire plusieurs moitiés, pas de problème, il y a sept chambres ! Une suite parentale, et il en reste six. Cela fait précisément une famille de huit personnes. On peut même loger une jeune anglaise engagée au pair, pour apprendre l'anglais aux bambins. Puisqu'au dernier étage, il existe des chambres de bonnes. En pratique, le tout mesure 800m2, il y a des salles de réunions, des sous-sols...c'est é-nor-me !



Il faut une immense cuisine pour pouvoir nourrir tout ce monde : YES, elle est immense. Il faut dix chaises, plus les invités dans la salle à manger : pas de problème !

Je vous emmène direct chez Paul Hankar. Bon, il est malheureusement décédé il y a plus de cent ans. Plus précisément il avait construit « son hôtel » car il s’agit d’un Hôtel particulier pour Madame veuve Ciamberlani, maman du peintre de la façade.

Voilà le parti architectural

La symétrie prônée dans les bâtiments classiques est rompue : au rez-de-chaussée, qui compte quatre travées, la porte est rejetée à l’extrémité de la façade. La structure métallique est laissée apparente en façade ; c'est le cas d'une Poutrelle à Profil Normal ou IPN, au-dessus des fenêtres du deuxième étage.



Les fenêtres ont des formes particulières. Au premier étage, où se trouve le salon donnant sur le balcon, elles sont en arc outrepassé, avec des fins châssis en bois qui compartimentent la baie et dont le dessin ressemble à un dessin extrême-oriental. La taille et forme des percements sont elles aussi en rupture avec l'architecture classique. La façade est dictée par la nature des pièces à l’intérieur. Elle se doit d'être le reflet de la distribution intérieure de l'hôtel, conséquence directe de l’intérêt d'Hankar pour Viollet-Le-Duc et sa théorie sur le rationalisme, théorie qui énonce que l'ornementation doit être liée à la structure même de l'édifice et que la façade doit être pensée en fonction du plan et de l’organisation intérieure.




le parc est bien au fond


Quant à la décoration, les sgraffites conçus par Ciamberlani lui-même pour orner la partie supérieure ainsi que la partie entre les deux fenêtres semi-circulaires du première étage ont été réalisés par Adolphe Crespin.

C’est absolument somptueux, on coloque à huit dans un immeuble historique. Il est meublé, il suffit d’emmener ses valises. On devient Bruxellois, on mange des frites, on boit de la bière d'Abbaye ambrée, on vit dans la Capitale de l’Europe, au milieu des Hauts Fonctionnaires (et des banquiers), dans des palais Art-Déco !

Ah si j’avais joué au foot !

c'est cela un sgraffite
les travaux d"Hercule (il y en a sept en haut)


Hôtel Ciamberlani asbl
Delphine Laforge / Lara Ronayne
48, Rue Defacqz - 1050 Bruxelles (quartier Louise)
+32 (0)2 537 91 86 (heures de bureau)

Pour réserver, contactez-nous par mail :
Pour les particuliers : 
info@hotelciamberlani.com
Pour les entreprises : 
info@dayoff.be



pour louer, il faut contacter Barnes-Bruxelles

International Luxury Real Estate



vous avez vu le Parc derrière ?
je vais partout avec GoogleMap
le minimum : le garage donne sur la rue

mais le chauffeur vous transporte au bureau tous les matins
le garage est réservé à l'épouse

il comporte deux emplacements



dimanche 3 avril 2016

Zineb chez Ardisson

la femme la plus protégée de France


Elle parait ce samedi soir 2 avril, tête nue, volubile, un aplomb sans faille, elle parle de théocratie musulmane, (1) et de la religion islamique qu’elle a étudiée et pratiquée au Maroc depuis son tout jeune âge, dès la maternelle, 15 ans d'éducation religieuse -"je connais l'Islam mieux que les frères Kouachi" ! Les versets du Coran, elle peut les citer de mémoire ! Son nom complet est Zineb El Rhazoui, 34 ans. Le témoignage d’une femme là-bas vaut la moitié de celui d’un homme ! Une femme musulmane, que ce soit au Maroc ou en Tunisie...n’hérite que de la moitié de l’héritage de son époux ! En France, on ignore ces détails, il est interdit d’en parler pour ne pas choquer... nos amis musulmans ! Elle préfère pourtant la liberté d’expression que lui offre la France, à l’enfermement mental dans lequel restent ses compatriotes, conditionnés dans le respect d’une théocratie qui ne dit pas son nom.

Quel parcours ! Elle est professeur à l’université française d'Égypte (UFE), où elle enseigne la méthodologie de l'écrit et de la recherche.  Reporter de guerre lors de la guerre de Gaza de 2008-2009. Elle mène de nombreuses enquêtes sur les libertés individuelles et les droits de l'homme au Maroc, ce qui lui vaut d'être arrêtée à plusieurs reprises.


Elle cofonde avec Ibtissam Lachgar le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles, qui organise le mouvement des « Dé-jeûneurs », (qui signifie ne plus pratiquer le jeûne imposé du Ramadan, l'article 222 du code pénal marocain punissant de 6 mois de prison le fait de boire de l'eau en public). Elle se fait remarquer lors d'une réunion plénière d'Europe Écologie Les Verts (EELV) le 18 août 2011 à Clermont-Ferrand par son intervention contre Driss el-Yazami, conseiller du Roi.

Elle trouve refuge en Slovénie en 2010 dans le cadre du programme International Cities of Refuge Network.  Elle part ensuite vivre en France. Elle devient porte-parole de « Ni putes ni soumises » en septembre 2011. Elle écrit dans l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo sur le thème des religions.

En vacances au Maroc, elle échappe à la fusillade au siège de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. Elle contribue au « numéro des survivants », qui sort en kiosque le mercredi suivant. Elle s’oppose à l’octroi aux actionnaires de la recette de 12 millions provenant de la vente de ce numéro, ce qu'elle trouve indécent, alors qu’un dédommagement s’impose d’abord, selon elle, pour les victimes, et la pérénnité du journal. L'annonce en mai 2015 de l'entretien préalable à son licenciement déclenche de nombreux commentaires dans la presse. Sa mise à pied ne débouche finalement pas sur un licenciement, mais ses relations avec la direction restent tendues.


En 2016, elle publie, chez l'éditeur d'auteurs polémiques Ring, un livre sur les attentats du 13 novembre intitulé 13.

Elle parle, la voix d'une femme libre.

Elle dénonce l’enfermement mental dans lequel nous sommes, nous Français qui n’osons plus parler, au prétexte que toute critique contre l’Islam serait clivante, donc raciste, alors qu’il est si aisé par exemple de conspuer la religion chrétienne, personne ne risquant d'être traité de "christianophobe".

"Je suis contre l'Islam, dans la mesure où l'Islam est contre moi"

Quand Ardisson fait observer que le Président de la République précise : -"les terroristes ne sont pas des musulmans, ce sont des criminels"

elle rétorque :

-"comme si on ne pouvait pas être et musulman, et criminel" !

elle fait du bien à entendre,

Super, Ardisson, de l'avoir faite s'exprimer !

Ouf, nos forces de Police paraissent la protéger sérieusement


elle le vaut bien !



réécoutez Zineb en rediffusion :

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-salut-les-terriens/pid7527-salut-les-terriens.html?vid=1377943


(1) Le terme théocratie — θεοκρατία (theokratía) — est formé sur les mots grecs « Θεός (Theós) » pour « Dieu » et « κράτος (krátos) » pour « pouvoir ». « Théocratie » signifie « gouvernement de Dieu ». Dans la théocratie, le titulaire de la souveraineté est en effet la divinité…

...depuis le XIXè siècle, le terme théocratie est le plus souvent employé pour désigner des régimes politiques fondés sur des principes religieux ou gouvernés par des religieux....

…La problématique de la théocratie dans l'islam peut  s'étudier à partir de la charia, du fait qu'elle soit en vigueur ou non, et dans le cas où elle l'est, des modalités par lesquelles elle s'applique. La charia est un ensemble de lois qui n'ont pas toutes le même statut. On peut y distinguer les droits de Dieu (huqûq Allâh) et les droits des hommes (huqûq alâdamiyyîn). …


…Le Coran ne comporte que trois occurrences de termes se rapportant à la même racine que le mot charia. L'idée de la charia est qu'à chaque communauté sont assignés un programme, un projet ou des commandements. Par la suite, sans jamais cesser de faire débat, s'est développée l'idée que la charia réglait tous les gestes du plus anodin au plus grave. La charia fixe ainsi les obligations rituelles (prières, pèlerinage, aumônes, etc.), les taxes, les expiations, le jihâd ou les punitions. La charia définit aussi différentes communautés auxquelles elle fixe des droits et des devoirs selon leur condition d'homme, de femme, de musulman, de « gens du livre » ou autre….

samedi 2 avril 2016

2 avril 2016

C’est un jour spécial aujourd’hui : contrairement à hier 1er avril, jour du poisson, où il pleuvait des cordes, le soleil brille comme en été : c’est le premier jour de sortie des papillons version 2016 : les cardamines sont en fleur dans les fossés, et les premières femelles d’anthocaris cardamines attendent les premiers mâles pour pondre dès que…le mariage aura été consommé, je parie que ce soir ce sera le cas dans de nombreux foyers, (dans les fossés à cardamines bien entendu).


Ce même jour, Perséphone, mariée de force par son père Zeus, (un vrai taliban celui-là), à son propre frère Hadès, Roi des enfers... 

...condamnée à être enfermée pour l’éternité (en enfer), et qui dans son contrat de mariage a réussi à négocier un droit de sortie six mois par an (pour faire les magasins, du shopping, vous voyez le genre, c’est une femme après tout), sort des Enfers, pour durant les six autres mois accompagner la sortie estivale des papillons.

Perséphone a revêtu les ailes brillantes du morpho...
son corset lui fait une taille de guêpe







































Cette même date, la foire de Papil-Lyon se tient comme tous les ans salle de la ficelle bd des Canuts dans le quatrième. On inaugure le Musée dédié à Colette à Saint-Sauveur en Puysaye….Colette, auteur de "splendeur des papillons". Je le détiens dans mon cabinet de curiosités naturellement (même si j'ai un peu oublié où il est trop bien rangé).






































Toujours aujourd'hui, 2 avril, est rediffusé dans notre cinéma le Régent (où nous sommes ce matin  salle 2 qui est ma foi bien remplie) Madame Butterfly, chanté par notre superbe Roberto Alagna, qui joue le rôle du triste officier américain Pinkerton, un drôle de Cupidon celui-là, pour avoir délaissé cio cio san, comme on dit "papillon" en japonais.






































…et votre serviteur est le conférencier de l’Assemblée Générale de la Légion d’Honneur de notre Ville dédiée au Saint Gaudens.


là je fais Taddéi dans l'émission d'Art d'Art
Pas mal non ?

Mon titre est repris de Jean-Marie Pelt, mon maître (j’en ai plusieurs) qui a écrit « mes plus belles histoires de plantes », je titre : « mes plus belles histoires de papillons ».

La conférence est finie. Le repas qui a suivi est terminé. Je médite sur la vie en général, et la Création en particulier.
Comme a écrit Dany Lartigue (le fils d'Henri)

qui en a fait un film :


« demain, je pars  aux papillons »

dans la 6ème constitution, (inévitable)
je plaide pour une quatrième devise de la République :

beauté

(car elle orne, et on en a besoin)

vendredi 1 avril 2016

Iridescence des morphos

Un article de « passion entomologie »

La couleur n’est pas une caractéristique intrinsèque des objets et des organismes vivants. 

Elle dépend du type de récepteurs et du processus de traitement de l’information de celui qui regarde. En effet, un coquelicot, que nous voyons rouge, sera perçu différemment par une abeille qui ne perçoit pas les longueurs d’onde correspondant au rouge mais aux ultra-violet (300-400nm).



 a) Photo d’écailles de Morpho au microscope électronique (barre horizontale : 50μm) ; b) Coupe transversale d’une écaille de Morpho au microscope électronique (barre horizontale : 1μm) (Source : Vukusic et al., 1999 – Modifié par Benoît GILLES)

La couleur est générée à partir de la couleur blanche, constituée de l’ensemble du spectre visible (pour les humains), où certaines longueurs d’onde sont éliminées par des pigments (absorption optique) et les autres réfléchies, qui selon leur nature, renvoient une couleur spécifique. Ainsi, un objet qui émet l’ensemble du spectre (aucune absorption) apparaîtra blanc, à l’inverse, si toutes les longueurs d’onde sont absorbées, l’objet apparaîtra noir.

Le processus à l’origine de la production de couleur peut être de deux types : chimique (pigmentaire) ou structurel.

Chez les insectes, les couleurs proviennent de pigments ou de structures présents sur la cuticule, l’épiderme si celle-ci est transparente.

La coloration structurelle la plus connue et la plus étudiée chez les insectes est celle des papillons du genre Morpho (famille des Nymphalidae). Ce sont des papillons d’Amérique du sud et centrale dont la coloration alaire, aux reflets métalliques, s’étend, selon les espèces, d’un bleu pâle à un bleu profond, parfois visible à de grandes distances.



Les ailes des papillons sont recouvertes de toutes petites écailles disposées à la manière d’ardoises (200 à 600 par mm2). Leur configuration structurelle permet de ne réfléchir que certaines longueurs d’onde bien spécifiques : processus d’interférence. La surface de chaque écaille est constituée de crêtes, formées de couches successives, séparées d’une distance correspondant à un quart d’une longueur d’onde déterminée (ici celle du bleu : 120nm). Ce principe permet la superposition de ces longueurs d’onde, renforçant ainsi leur réflection, les autres, s’opposant, sont annulées et donc disparaissent.

Le nombre de couches constituant chaque crête détermine la brillance de la lumière réfléchie. Par exemple, l’espèce Morpho rhetenor, avec des écailles constituées de crêtes de 8 à 12 couches, émet une couleur bien plus lumineuse que l’espèce Morpho didius, présentant 6 à 8 couches : réfléchissant respectivement 80% et 40% des longueurs d’onde correspondant au bleu.

Chez ces papillons, cette configuration est particulièrement précise et régulière (dite pure), limitant le phénomène d’irisation : changement de couleur d’une surface lors du déplacement de l’angle d’observation. La modification de l’angle d’observation équivaut à augmenter la distance de trajet de la longueur d’onde entre les interfaces (crêtes) et donc de la longueur d’onde réfléchie.

Les distances séparant les crêtes et les couches déterminent les longueurs d’onde qui vont être réfléchies. Les espèces du genre Eurema (famille des Pieridae) émettent par exemple des longueurs d’onde d’environ 365nm, des couleurs non visibles par les humains car faisant partie du spectre des ultra-violets.

L’iridescence se rencontre également chez d’autres groupes d’insectes comme les Odonates (libellules) et les Coléoptères.


Les propriétés physiques et optiques étonnantes des ailes de Morpho font l’objet de nombreuses études scientifiques pour reproduire artificiellement ces caractéristiques étonnantes. De multiples applications sont envisageables dans bien des domaines. La complexité et la difficulté résident cependant dans l’échelle de taille dans laquelle ces processus se réalisent. Il s’agit en effet de fabriquer des surfaces dont les structures sont de l’ordre du nanomètre (un milliardième de mètre !).



les papillons n'ont pas fini de nous surprendre !








Occitanica (2)

Il y en a d'autres, des papillons ...occitanica ! Je fouille dans mes boites, ravive mes souvenirs enfouis, Oui, j'en ai ! 

Zygeanea occitanica


colonne de gauche

(à droite c'est rhadamantus)
Je me souviens très bien, fouillant les touffes de dorycnium suffruticosum dans la garrigue du Lot, pour découvrir les chenilles :


le papillon adulte est très joli :


et les chasseurs de la Haute-Garonne 

l'ont pris comme mascotte !



l'écologie est le rapport triangulaire 

entre les individus d'une espèce ; l'activité organisée de cette espèce

et l'environnement de cette activité

Occitanie, terre des papillons !

Occitanica...

concours ouvert par la nouvelle Région LR-MP

Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

…au royaume des papillons…!

Il existe encore des papillons, sur notre planète en proie à la VIè extinction des espèces, soumise qu’elle est à la pression des hommes, les spécialistes appellent cela « l’anthropocène ». Il existe encore des chasseurs, mais ils ont déposé les filets (à papillons), ce sont plutôt des observateurs de la Nature. Le Muséum d’Histoire naturelle de Paris les a réunis dans l’association « Noé-conservation » : on devine l’humour un peu désespéré de ce titre, ils comptent les papillons, afin de mesurer la diminution progressive de leur nombre. Réfléchissons un peu : un monsieur (papillon) pour faire la connaissance d’une dame ne peut recourir ni au GPS ; ni à Meetic et autres instruments de géolocalisation amoureuse ! Moins il y a de papillons, moins ils peuvent se rencontrer, pour faire des bébés. Et quand leur biotope est pulvérisé de pesticides, comment les chenilles pourraient-elles trouver de quoi se nourrir bio ? Ils disparaissent...avec les abeilles… !

Les entomologistes-observateurs se parlent entre eux. Plus précisément, ils parlent encore latin, comme dans les jardineries d’ailleurs le seul endroit de la planète où ils perpétuent cette langue morte. Ils sont un peu hors du siècle, et constituent entre eux une espèce (humaine cette fois) en voie, elle aussi, de disparition.

Je pense être l’un d’eux, échappé du XIXè Siècle, pratiquant les langues grecque et latine, et peux (si on m’y force) prononcer des phrases aussi étranges que celle-ci :

-« Je connais bien Occitanica » (c’est du latin) Voulez-vous que je vous en parle » ?

Curieuse en effet cette manière de s’exprimer ! Mais après tout, les linguistes savent que l’Occitanie se caractérise par un territoire géographique : c’est par exemple au Sud. Avec un terroir ; un climat ; des limites, mer et montagne. Tout cela étant partagé avec l’autre côté Sud de la chaîne pyrénéenne : Catalogne et Aragon. L’Histoire nous en dit beaucoup sur ces territoires, sur leur organisation, sur les Duchés, les Comtés, les diocèses et les paroisses antiques. Souvent communs il y a mille ans entre la France et l’Espagne d’aujourd’hui. La Religion aussi, le Camin de San Jacques, ont conduit les bâtisseurs d’Abbayes et de chapelles romanes à égrener en Occitanie les mêmes chapiteaux. Les mêmes symboles sur les voussures des églises. La langue nous réunit, l’Histoire et l’architecture également.

cette carte étonnante vient du chateau de Lamaquère, visité lors des journées du patrimoine

Nous ignorions qu’un papillon nous était commun. Le nom des papillons a été inventé par d’illustres personnages comme Carl von Linné, suédois, qui faisait observer "qu’une chose n’existe que si elle porte un nom" (en réalité il prononçait ces mots en latin, je n'ai pas voulu en rajouter). Nommant tous les objets de la Création, et puisant dans nos racines grecques et latines, il a nommé celui que nous appelons le « demi-deuil » melanargia galatea. Melanargia vous dit quelque chose : cela donne mélanine. C’est le noir en latin. Galatea aussi vous rappelle de très très anciens souvenirs : c’est le blanc. Noir et blanc vous y êtes ! Ce papillon vit en été, et on le voit dans tous les champs devenant peu à peu secs. On le nomme en langage vulgaire « l’échiquer » : les dessins de ses ailes forment des cases. Et à l’intérieur, un cercle parfait est comme le pion d’un jeu de dames, ou d’un jeu d’échecs. Notre demi-deuil a de nombreuses variations dans ses dessins, et les spécialistes recherchent ces variations, car plus elles sont rares, plus l’individu est précieux pour eux.

Occitanica est l’une de ces variations. Le voici dessus-dessous. Il faut protéger ce papillon : il est le symbole de l’Occitanie du Sud, et de notre union avec l’Espagne sur le versant sud des Pyrénées.

Je propose qu’il devienne un emblème : celui de la Grande Région Languedoc-Roussillon-Catalogne-Aragon, ancien Royaume d'Aragon !

Ce serait formidable, s’il donnait lieu au célèbre : « effet papillon »


« Occitanica »






Ciceron reviens !


10è édition du Festival européen latin grec à Lugdunum


(enfin Lyon, capitale des Gaules comme vous savez !

Cicéron reviens !

Il y a encore des jeunes pour déclamer en latin !

Ouf !

C'est le Figaro qui nous annonce cela, une fois le festival terminé. Plus de 150 jeunes latinistes, à la recherche de la citoyenneté si à la mode, ont déclamé Cicéron, dans la première catilinaire lancée contre Catilina, le cynisme et la corruption caractérisés (c'était à l'époque, ces défauts ont été totalement éradiqués depuis).

Ca commence par :

Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra !

Quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet?
Quem ad finem sese effrenata jactabit audacia?
 »

Jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ! Combien de temps encore serons-nous le jouet de ta fureur ? Jusqu’où t’emportera ton audace effrénée ? »

Immédiatement, (illico), les mauvais esprits (dont j'aurais tendance à faire partie) se demandent :

-"comment se dit François en latin" ? : il suffit de penser au Pape, François, lui doit bien avoir une traduction, c'est Franciscus, éthymologiquement "Homme de France", un prénom de Président tout à fait approprié je le concède.

Il suffit donc, pour être à jour, de prononcer :

Quo usque tandem abutere, Francisce, patientia nostra !

en déclinant Franciscus en Francisce, désignant le vocatif !

(c'est très très enfoui dans ma mémoire encombrée)

Parler latin, encore mieux grec, nous rapproche de nos racines, nous fait comprendre notre Civilisation, et nous aide à analyser qui nous sommes, voilà la leçon de Lyon.

Je vous laisse avec le Figaro :



rassurez-vous : c'est flou car je ne suis pas abonné !







Fortuna juvat !

la fortune sourit aux audacieux !

attention, il s'agit de fortuna, qui est plutôt la réussite ; le bonheur
que l'accumulation d'Euros
même si l'on peut reconnaitre 
que l'argent (propre) n'est pas incompatible bien entendu, avec le bonheur


Jean-François Armand Félix Bernard

les ailes de papillon confirment que derrière la pluie d'or de sa corne d'abondance
elle a bien une âme !

PS : pour le mythe de la pluie d'or :