la devise de la maison est donnée par les plateaux marquetés de Gallé
"souci de plaire"
nous sommes au 37, rue de Limy à Mons, en Belgique
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| Léon Losseau était un photographe prolifique et avait accumulé les vues de l'Hainaut |
le ciel est parfois gris-gris
la façade côté rue est contigüe aux immeubles voisins
mais à l'opposé, un jardin énorme sur lequel donnent les accès arrière
l'entrée extérieure est un parfait exemple de l'effet Art Nouveau
des fuchsias dorés
La maison Losseau est un immeuble de style art nouveau situé à Mons en Belgique. Datant du XVIIIe siècle, elle est rénovée dans ce style au début des années 1900 à la demande de Léon Losseau par Paul Saintenoy. Elle est inscrite sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel. Elle est acquise en 1873 par Charles Losseau, le père de Léon Losseau, bibliophile montois.
Elle est totalement rénovée par Paul Saintenoy, contacté en 1899 par Léon Losseau, avocat, bibliophile, photographe et mécène, et les finitions sont confiées aux architectes parisiens Henri Sauvage et Charles Sarazin avant d'être poursuivies par le Bruxellois Louis Sauvage. Je vous rappelle qu'Henri Sauvage est l’auteur de la villa Majorelle à Nancy. Léon Losseau est très actif lors de la construction de sa maison. Il ne laisse pas les différents architectes travailler tout seul. Il est présent durant tout le chantier ; des plans, aux différents maquettes et échantillons, jusqu’à la construction même. Il y aura au total 116 plans, coupes et croquis repris dans son inventaire. Paul Saintenoy commence les travaux en 1900 et les achève en 1904, tandis que la majorité des décorations sont réalisées entre 1905 et 1912. La rénovation s'achève en 1913, et comprend notamment l'ajout de l'électricité, du chauffage central, et d'un ascenseur. Une fois la rénovation achevée, il s'agit de la première maison privée de Mons équipée de l'électricité et du chauffage central au charbon.
Voici comment on accède à l'étage : un escalier classique, certes, et l'ascenseur électrique qui fait penser aux appareils catalans de Barcelone :
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| la cave pour stocker le charbon et deux étages |
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| une verrière comme toit de l'ascenseur, je kiffe ! |

Durant sa vie, Léon Losseau accumule plus de 100 000 ouvrages dans sa bibliothèque, en majorité consacrés à la politique, mais aussi à la littérature et à la poésie. Le nombre d'ouvrages en fait la première bibliothèque privée de Mons. La maison Losseau accueille associations et sociétés savantes, et colloques...
Pendant la Première Guerre mondiale, la maison Losseau est réquisitionnée par Rupprecht de Bavière, puis occupée par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale.
Une fondation est créée en 1952. Depuis le 19 avril 1982, la façade et les toitures sont classées comme monuments tandis que l'intérieur de la maison l'est également depuis le 21 novembre 1983. En 2015, après un projet lancé au début des années 2010 en prévision de Mons 2015, une rénovation est entamée en 2011, la maison rouvre ses portes au public en 2015. Elle abrite un centre d'interprétation des collections de Léon Losseau et un centre de littérature hainuyère.
les entrées donnent sur la rue par le portail, et sur les jardins
les boiseries sont somptueuses, et ornent partout les murs
côté jardin, la lumière entre de tous côtés
vous pensez bien que je me précipite sur les deux petites statues !
nous entrons maintenant dans les pièces à vivre
le parquet est en marqueterie
l'entrée du vestibule en mosaïque
sur les murs de l'art nouveau
on n'hésite pas à se déshabiller dans l'Hainaut
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| Mosaïque murale d'Amalric Walter, représentant Thuin |
un petit tour aux cabinets
et voici le plus beau :
L’objectif principal de l’Art Nouveau est d’harmoniser l’ensemble des éléments de la pièce. Ils devaient être coordonnés tous ensemble. Dans sa demeure, les thèmes de la fleur et de la nature sont centraux. On peut y retrouver des plantes telles que la glycine, le chardon, l’iris, l’orchidée, la rose, le fuchsia et l’églantine. On retrouve généralement une fleur en particulier dans chacune des pièces. Par exemple, le bureau est consacré au chardon. La porte d’entrée décorée avec des branches de fuchsia en métal.
L’importance des plantes et de la nature trouve son origine à l’École de Nancy. Cette école trouve son inspiration dans les formes végétales et animales. Ces formes sont représentées dans des matériaux nouveaux comme la verrerie, le vitrail, la ferronnerie, l’acier, ou encore le bois. De plus, l’École de Nancy a pour but de mettre fin à la séparation entre les arts majeurs, tels que l’architecture, la peinture, la sculpture et les arts mineurs. Elle a pour objectif de promouvoir les arts décoratifs qui touchent de nombreuses disciplines. On retrouve beaucoup de ces éléments dans la maison de Léon Losseau. On peut observer son mobilier avec des gravures en formes de plantes, ou encore sa passion pour la ferronnerie avec sa porte d’entrée en fer forgé. Dans sa salle centrale, le grand salon, Léon Losseau y fait construire une énorme verrière :
je vous l'ai cachée, mais la voici enfin !
voilà la maison Losseau : boiseries, bronzes partout, et vitraux
éclairages à gogo
Marquetteries Gallé, et lampes Daum évidemment
et voici les fameux radiateurs-chauffe-plats
jamais une dame alors ne se déshabillait, sans se protéger d'un paravent
je pense, (aucun rapport pourtant) ... à cette toile de Manet...
tout dans cette maison est luxe et raffinement
"la fortune" souriait et sourit toujours aux Belges érudits
on apprenait encore le Grec à cette époque :
« το εὔδαιμον τὸ ἐλεύθερον » se transcrit comme :
« TO EUDAIMON TO ELEUTHERON »
➡️ « Le bonheur est dans la liberté »
ou plus littéralement :
➡️ « Est heureux qui est libre »
PS : Léon Losseau est connu internationalement pour un fait original : c’est pour avoir obtenu 425 exemplaires d’« Une saison en enfer » d’Arthur Rimbaud. « Une saison en enfer » est écrit par Arthur Rimbaud à l’âge de 19 ans. La légende de cet ouvrage est que tous les exemplaires auraient été brûlés par l’auteur sauf 6. Il s’agit donc d’un texte très populaire et très connu. Pourtant, Léon Losseau découvre en 1901 le reste des exemplaires (425) dans la resserre de la maison J. Poot, 27, rue aux Choux, à Bruxelles, alors qu’il cherchait un exemplaire de la Belgique judiciaire. L’auteur n’avait simplement pas payé l’imprimeur. L’avocat offre à certains cette nouvelle trouvaille, mais il veut que l’information reste secrète. Cependant, cette affaire commence à faire de plus en plus de bruit. Il reçoit alors fréquemment des lettres lui demandant plus de détails sur sa découverte, les correspondants affirment que ce sont sans doute des contrefaçons. Léon Losseau échange longtemps avec un personnage sous le pseudonyme de Paterne Berrichon. Il s’agit en fait de Pierre-Eugène Dufour, poète et fervent admirateur d’Arthur Rimbaud. Il se marie d’ailleurs avec la sœur de ce dernier. Pierre-Eugène Dufour essaye à même de convaincre Léon Losseau de détruire les exemplaires nouvellement acquis pour « continuer le geste de Rimbaud ».
Léo Ferré a repris ces textes en voici un souvenir :
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| "est heureux qui est libre" ! |
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