lundi 24 avril 2017

J’achète l’atelier de Tamara de Lempicka


J'ai conscience de vivre un moment surréaliste : Dany le Rouge que je viens d'entendre sur Europe 1 salue la victoire hier soir du jeune-futur-Président Emmanuel Macron, prédite contre Marine le Pen dans quinze jours. Une grande partie de la France qui n'a pas voté pour "l'héritier" reste en colère, et s'interroge pour qui réellement voter au second tour, justement car le choix n'existe plus. Cette colère reste prégnante, et va bien finir par ressortir un jour. L'action prochaine du nouveau Président ne va pas être facile, même s'il sera appuyé par une Première Dame de choc !

Alors, comment réagir ? En revenir aux domaines, sur lesquels l'élection présidentielle a peu de prise : ce qui dépend de nous, en bas. La beauté du monde reste réelle, quand on arrive à l'apercevoir ! 


Efforçons nous d'y être sensible, 

et d'y trouver la joie de vivre ?

Avant de vous livrer (demain ?) un billet d'humeur qui s'impose, 


évoquer Tamara Lempicka va nous changer les idées !

Il n’y a pas que la Catalogne pour proposer des demeures d’exception : il y a Paris. Voici que l’atelier de Tamara de Lempicka est à vendre ! Pas grand, 152 m2, mais une hauteur sous plafond exceptionnelle : 6 mètres. Un grand escalier mène à l’étage, avec un bar, et un salon-fumoir. Une chambre, celle de Tamara. Une seconde chambre, une cuisine, pas de quoi loger une famille nombreuse !

Mais ici, que de l’Art-Déco : l’architecture est de Mallet-Stevens, et les vitraux…oui les vitraux ! de Barillet.




le vitrail de la chambre, miroir au centre



A  deux pas de l'avenue de l'Observatoire, donnant dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, la rue Méchain ne se remarque guère. Pourtant, derrière l'une de ses façades, se cache un immeuble au passé prestigieux. D'une part, parce qu'il est signé Robert Mallet-Stevens, célèbre architecte du début du XXe siècle surtout connu pour ses réalisations de maisons, hôtels particuliers et magasins (rue Marbeuf, boulevards de la Madeleine, des Capucines, Haussmann et avenue de Wagram...). Une rue du 16e arrondissement conçue par l'architecte lui doit même son nom. D'autre part, parce que dans cet immeuble, à l'origine commande d'un propriétaire privé qui souhaitait en faire un immeuble de rapport, a vécu dans les années 1930 la non moins célèbre Tamara de Lempicka, à laquelle vient récemment d'être consacrée une rétrospective au musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt.





L'artiste peintre, d'origine polonaise, s'installe, en effet, à Paris en 1918 où elle vivra une vingtaine d'années avant d'émigrer _ montée du nazisme oblige _ aux Etats-Unis, puis au Mexique où elle mourra en 1980. A Paris, elle se passionne notamment pour le cubisme, déchaîne les passions et la chronique avec des nus parfois très provocants pour l'époque. Mais qu'importe ! Ne disait-elle pas : -« Ne pas copier, créer un nouveau style, des couleurs lumineuses et brillantes, je veux qu'au milieu de cent autres on remarque mes oeuvres au premier coup d'oeil. »

Réussi !

C'est justement l'atelier d'artiste qu'elle occupait 7 rue Méchain qui est à vendre. Un lieu chargé d'histoire et qui vit défiler tout le gotha parisien de l'époque, entre autres, André Gide, Suzy Solidor, Paul Poiret, Georges Braque...









Quand on pénètre dans le hall dont la porte d'entrée est signée Jean Prouvé (créateur notamment de la chaise Antony), on ne peut d'ailleurs s'empêcher d'être ému à l'idée que Tamara de Lempicka y créa une grande partie des oeuvres qui l'ont rendue célèbre. Tout ici semble resté intact : un jette-manteaux chromé, à l'époque réalisé par la soeur de l'artiste, campe encore dans le hall d'entrée de l'atelier, lui-même d'une hauteur sous plafond impressionnante : 6 mètres éclairés d'une immense verrière orientée plein nord, comme il se doit, et donnant sur le petit jardin de la résidence. En mezzanine, trône un bar-fumoir resté intact et aujourd'hui classé, de même que son mobilier Art déco d'origine. Un peu partout, on retrouve la signature de Mallet-Stevens : miroirs offrant de belles perspectives, colonnes décoratives pour mettre en valeur des objets, rampe d'escalier chromée, éclairages indirects par des niches dissimulées dans les murs, vitraux aux dessins géométriques signés Louis Barillet, grand complice de Mallet-Stevens.




la déco change selon les photos !

A lui seul, l'atelier développe 60 m2 et s'adjoint une chambre, un bureau et deux salles de douches. Aux niveaux supérieurs, desservis par ascenseur intérieur, s'installent une cuisine, deux autres chambres, une salle de bains et deux douches. De même que deux chambres de service, deux caves, un box et deux parkings. Cerise sur le gâteau : deux terrasses, l'une de 18 m2, l'autre de 22 m2. Depuis certaines pièces, on peut aussi admirer les beaux jardins et potagers du couvent des soeurs bénédictines. Le prix de l'ensemble est évidemment à la hauteur de ce lieu magique.

c'est dans la chambre que l'on voit bien les vitraux, qui redonnent dans le loft


J’en ai assez de râler contre la vie chère, et les ceusses qui s’accaparent le patrimoine.

J’apprends que les charges sont de 9015€ mais par an !

Il faut dire que les parties communes sont de Mallet Stevens

Et toujours les vitraux de Barillet

Je me lance :


J’achète !



voici une petite idée des parties communes :






PS : Mallet Stevens :

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