samedi 26 avril 2014

Résultat négatif


Comment, devenus majoritaires,
avaler les déficits des prédécesseurs ?


Tous les jours, les média nous détaillent tel ou tel ratio amenant le doute sur la gestion de la France, que ce soit au niveau central, obligé de restreindre ses dépenses pour revenir aux critères de déficit de -3% imposés par la règle européenne (nous tendons (en principe) vers -3,8% en 2014, nous poursuivons (en principe) vers les fameux -3% en 2015 !). Ou au niveau territorial, trop dépensier, qui va être davantage contraint encore par la diminution des subventions de l’Etat-providence.

On apprend que quand l’Etat diminuait ses effectifs de fonctionnaires, les Collectivités territoriales continuaient d’embaucher !

C’est une chose d’être simple citoyen, spectateur de la nouvelle politique gouvernementale « de rabot »,  qui ne s’appuie (malheureusement) pas encore, sur de véritables économies structurelles. Et de devenir (même à un modeste niveau) acteur, acteur Conseiller municipal de base d’une Collectivité territoriale : d’une commune de plus de dix mille habitants.

C’est fait : après l’élection, le temps de la gestion est arrivé, puisqu’avant la fin avril 2014 la règle est de voter les budgets d’une année déjà bien entamée. Cela commence par les comptes passés : le compte administratif 2013.

Vous reconnaitrez à l’évidence que ce compte passé, ressort de la gestion de l’équipe passée : elle est représentée à la proportionnelle par 6 élus, contre 27 de la nouvelle majorité. Le premier de ces élus est l’ancien Maire.

C’est bien lui le responsable du déficit de fonctionnement de 2 millions d’Euros ! Il apparait maintenant au grand jour, chiffre à rapprocher des 6,5 millions que rapportent Taxe foncière + taxe d’habitation. J’ai tort d’utiliser le terme : « déficit ». J’ai tort de penser : « trou » : le mot juste est bien plus doux aux oreilles : c’est : « résultat négatif » !

C’est quand même un déficit conséquent, dont j’ignore encore comment il va être financé : pour un particulier, il recourrait à un crédit révolving, comme le pratique SOFINCO avec ses taux préférentiels de 2,9% (sur un an seulement)  piège auquel je me suis parfois laissé prendre, avec comme punition l’obligation de rembourser tous les mois intérêts et capital. De tels taux sont bénins ! Nos prêts « toxiques » , dont le capital représente (quand-même) 15 millions, nous coûtent 10% d’intérêts chez DEXIA ! Dix pour cent, quand la France finance sa dette (sa chère dette) à 2% ! ! Nous sommes vraiment mal barrés !

Comment gérer ce « résultat négatif » ?

Quand des enfants reçoivent de leurs parents endettés de tels dons (négatifs), ils ont le droit de refuser la succession. Nous n’avons pas le droit de refuser l’héritage : il va falloir résorber deux millions d’Euros, et 15 millions d’emprunts toxiques, par la seule force de notre gestion « en bons pères et mères de famille ».


 
vous voyez au mur le tableau d'Auguste Charpentier que je vous ai présenté précédemment
photo : la Dépêche

Voilà dans quelle situation nous sommes ce soir du 24 avril, premier Conseil municipal public, avec la présentation des comptes à l’ordre du jour. Il y a des centaines de pages, pour en arriver à l’héritage. Tout le monde, majorité et opposition, a voté les comptes déficitaires. Tout le monde adoptait un rictus figé, celui des hommes et des femmes qui avalent une couleuvre : dur à avaler, il faut déglutir, respirer en même temps, éviter la « fausse route », on doit se concentrer sur la manoeuvre, faute de tousser, voire de « recracher le morceau ».
 
Dans la langue française, il y a une expression pour définir ce que nous venons de faire : « avaler des couleuvres ». Synonymes ? rester muet, ne rien dire ; dur à avaler ; incroyable, invraisemblable ; avaler sa chique ;  avaler un crapaud ; avaler la pilule.

Je me souviens du Président Chirac, affirmant sentencieusement : « faire de la Politique, mon bon Monsieur, c’est un métier ».

Je progresse dans l’ordre de la connaissance :

Ingénieur, je ne croyais qu’aux faits, aux lois de l’Univers, à celles de la mécanique.

au cycle du carbone ; au bon sens (paysan) ; à la succession des saisons…

…à la règle d’or : « on ne dépense pas davantage que ses ressources »…

je progresse, j’avale des couleuvres

je découvre la Politique



Dans le Figaro n°21679 de samedi de Pâques, Edouard Balladur cite le Président Pompidou :

« si vous avez du bon sens, et si vous avez du courage, alors vous faites partie d’une toute petite minorité ».

pour finir sur une note artistique, voici "la justice et la vengeance...poursuivant le crime"...!
Proudhon


PS : dans les pages saumon du Figaro du samedi 26 avril 2014, l'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a décidé de ne pas modifier la note AA- de la France, prédisant l'augmentation de la dette mais jusqu'en 2017 seulement. A cette date (bénie), le déficit ne sera plus que -2,7%. Tout se présente donc pour le mieux ! Ne doutons pas qu'à la même date, notre commune aura elle aussi résorbé sa dette, et son déficit de fonctionnement, pour retrouver la note AAA.


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