vendredi 20 novembre 2015

Vivre de faim

Pierre poète
  
PIERRE MAUBÉ

Écrire,
lier le temps,
l’oublier sans le nier.

Habiter le présent
du poème,
comme un instant
qui serait un don
offert par un inconnu
à un inconnu.

Accompagner les processus
de
concentration,
saturation,
cristallisation.

Puis,
racler ce peu de sel.

Choisir l’amertume
plutôt que la corruption.

« Né en 1962 à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), Pierre Maubé est actuellement bibliothécaire dans sa ville natale, après avoir vécu 28 ans à Paris et 2 ans en Bretagne ». Voilà comment commence la bio officielle.





































Je stoppe de suite : il est davantage que bibliothécaire, mais le Directeur (ici on n’hésite pas à ajouter « général ») de la Médiathèque. Un énorme bâtiment moderne aux façades verticales de plaques de marbre gris, qui s’intègre pas si mal dans les façades XIXè blanches voisines, ornées de grands escaliers centraux, qui caractérisent le boulevard Bepmale, face aux cimes des Pyrénées en face. La dite médiathèque héberge l’Ecole de musique. Un auditorium. La Société d'Etudes du Comminges.

Bref un très (très) gros ensemble édifié par la Communauté des Communes du Saint-Gaudinois, qui regroupe 20 communes, 20.000 habitants.

Récemment, huit millions investis qui ont conduit à une augmentation des impôts locaux de 12 %, confirment que la population s’est fortement engagée dans la Culture ! Chut ! ...sujet épineux !



Quant à la Bretagne, soyons plus précis, puisque Pierre a officié à Pontivy, ah souvenirs, souvenirs !

Quant à Paris, c’est un gage que nous partageons tous, avoir fréquenté assidûment Paris nous rapproche de l’endroit d’où partent toutes les initiatives qui comptent au Pays des droits de l’homme, et fait de ceux qui y sont passés d’éminents émissaires de l’intelligence (cartésienne et tutti quanti) qui en fait (presque) toujours la Ville Lumière.

Enfin, cela ne servirait à rien que je cite la bio officielle si je n’ajoutais pas un peu de fleur de sel, qui donne de la couleur et du pep’s au produit. Car le nom d’un (grand) homme est encore le nom du père. Mais…le nom de jeune-fille de la maman ? Il est beaucoup plus intéressant puisque caché aux yeux du profane !

Coup de théâtre quand j’ai compris, il y a un moment déjà. Car comme 2000 ans après les Romains, tout se passe ici (ou presque) au marché du jeudi…(sauf quand c’est celui du samedi, plus petit, mais plus intime, autour du producteur d’huitres, venant passer le week-end depuis Marennes). Les acheteurs s’y retrouvent, et font connaissance. C’est là que j’ai rencontré pour la première fois la maman de Pierre, sa sœur, et sa seconde sœur : de (belles) italiennes, immigrées de la botte italienne après la guerre. Elles sont devenues Françaises, Parisienne, et commingeoises, en conservant la langue italienne, et l’accent. Le caractère joyeux, et l’amour des huitres, des spaghettis, et de tout ce qui concerne la culture. On se retrouve dans les expos autour des Arts, de la peinture, des tapisseries, (et on lit des poèmes).

Pierre est donc moitié Italien, vous savez la plaisanterie, suivant laquelle les Italiens sont des Français joyeux. Il est lui-même sérieux, joyeux, nostalgique, poète, tout cela caché (jusqu'à maintenant) derrière le très sérieux : Directeur général.

Je poursuis la bio officielle, qui paufine : « Membre des comités de rédaction des revues Arpa (Clermont-Ferrand) et Place de la Sorbonne (Paris), il anime le site web Poésie maintenant ». Après avoir réalisé l’anthologie de poésie contemporaine : Ce que disent les mots, consacrée aux éditions du Dé bleu (éditions Éclats d’encre, 2004), il a été un des trois coordinateurs, avec Patrice Delbourg et Jean-Luc Maxence, de l’anthologie L’Année poétique 2009, publiée en 2009 aux éditions Seghers sous la direction de Bruno Doucey ».

Plusieurs de ses poèmes ont été traduits en anglais et en russe.

Ici, je l’ai surpris (en public) en duo joué avec brio avec Aurelia Lassaque, brillante occitane

Derniers recueils : Sel du temps (éd. Mazette, 2012) ; Le dernier loup (éd. Bérénice, 2010) ; Nulle part (éd. Cahiers de Poésie verte, 2006).

attention : nous sommes déjà dans le futur : 

c'est un recueil numérique !


Voilà (pour 6 Euros) un très beau cadeau pour Noël !

jeudi 19 novembre 2015

L’hermine

en hommage à mon frère scorpion Jacques

Quand j’entends Luchini, j’entends mon frère Jacques, mon frère corse disparu trop tôt. Fabrice qui porte le même nom me rappelle ces doux souvenirs, avant le drame final. Aucun autre rapport avec l’Hermine que nous venons de voir.

Miracle du cinéma, une heure trente-huit à s’évader dans une Cour d’Assise, avec une histoire d'amour qui ne dit pas son nom, et un Fabrice Luchini justement récompensé à la Mostra de Venise.

Souvent, un détail change tout. Dans L'Hermine, il a pour nom Birgit Lorensen-Coteret. Nous la suivions sur Arte quand elle était la Première Ministre du Danemark : Borgen, les coulisses de la politique à travers une femme Premier Ministre, une journaliste et un conseiller en communication, un spin-doctor.

Marrant ce rôle d'éminence grise ! Une femme centriste, obligée à construire des alliances avec les partis politiques  voisins, pas toujours "catholiques" !

Avec Luchini, on pouvait s’attendre à du second degré : il se fait appeler Michel Racine, Président de cour d'assises. Dans son rôle consistant à pourchasser la Vérité, et à rester objectif conformément à la Loi, il est solitaire. Au-dessus des autres, c'est le Président. Pourtant il peut contracter la grippe…avoir des lettres ; réciter des poèmes…et aimer un visage de femme lumineux, la révélation (pour le malade qu'il a été autrefois) non seulement de la beauté, mais de la Vie : avec un naturel parfait, lui qu'on croit timide, exprime ses sentiments à Birgit ! Dans le film Ditte ! Comment va-t-elle réagir ?

Ces femmes du Nord !


Dès lors, le scénario de L'Hermine s'articule autour de deux débats contradictoires: l'un, dirigé par le Magistrat, lié au procès d'un homme accusé d'avoir tué sa fillette, et l'autre, qui agite le même magistrat, peu habitué au trouble provoqué par les affaires de coeur....encore qu'il s'en sort pas mal !  

Il peut suffire d'un échange de regards, à la fin, pour que tout bascule et s'éclaire. Le fameux détail qui change la donne. Et qui donnerait presque envie de revoir le film….si en cet automne où sortent des tas de films prometteurs, on ne nous en annonçait pas un par semaine à voir absolument (je pense au dernier Lelouch le 9 décembre)

Borgen : Premier Ministre

A un joli moment, Lucchini récite à Birgit "les passantes" d'Antoine Pol (1888-1971)
artiste méconnu, il a fait la guerre de 14, il aimait les papillons ...lui aussi !

ses vers sont devenus célèbres grâce à Brassens, 


j'ai retrouvé son poème pour vous :

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne

Des épisodes du chemin 

mercredi 18 novembre 2015

Noir et blanc

ou : black and white

ce sont des photos de toute manière...

...en noir et blanc

on disait aussi : "argentiques"


1952


ça se passe forcément à Paris

on a connu ce genre de pique-nique

Françoise Sagan y parvenait peut-être ? pas facile pour les séniors : avec tout le temps perdu à rattraper !


street art


la même Peugeot que "en mai fais ce qu'il te plait"

empreinte carbone zéro

les mamans savaient coudre à la machine (du même nom)

les premiers exhibistionistes

ça me rappelle cette histoire (vraie) à Bastia, concernant Maggi :

trois Bastiaises se promènent sur  la plage de Furiani :
elles découvrent un homme nu, qui lit Corse Matin.
les voyant, il se cache le visage avec son journal
vous devinez ce qu'il exhibe alors !

la première : "tiens, ce n'est pas mon mari" !
la seconde : "non, ce n'est pas ton mari" !
Maggi : "ce ne sera même pas un Bastiais" !

lundi 16 novembre 2015

mai 1940

…fais ce qui te plait ?

tu parles !  ... survis surtout comme tu le peux !

C’était bien le moment de voir le film de Christian Carion, un ancien de l’Agriculture, connu pour son film « une Hirondelle a fait le printemps », (quatorze ans déjà avec Mathilde Seigner, et naturellement Michel Serrault). Cette fois ci les acteurs sont toujours ceux qui nous touchent, la même Seigner quatorze ans plus tard (elle tient un bar de campagne et est la parfaite épouse du Maire), et puis tous ceux rassemblés ci-dessous. Le premier rôle c’est un Allemand polyglotte, opposant à Hitler donc chassé par les Allemands. Il parle Allemand et est donc emprisonné par les Français, toujours prompts à mettre en tôle les héros pourvu qu’ils aient un faciès ne leur plaisant pas (je parle pendant la guerre de 40 bien entendu). Il parle un Anglais parfait.













Il devient  copain avec un Ecossais bien sympathique, Mattews Rhys, qui finit, pris par une patrouille Allemande qui filme l’humiliation des captifs, par revêtir l’habit écossais de ses ancêtres tués en France en 14, et à jouer la cornemuse conservée pendant 26 ans par Laurent Gerra. Bêtement tué lui aussi. Pour rien, caprice du réalisateur des films de propagande allemand. Quel salaud ce mec !


Le sujet, c’est l’exode, en pleine période des moissons. Occasion de rappeler le bouquin d’Éric Alary :

« L’Exode, un drame oublié » dont ceux nés dans les années après 40 comme moi ont encore dans les oreilles les histoires racontées par des parents qui eux l’ont vécu  : Huit à neuf millions de réfugiés civils sur le sol français en mai-juin 1940, 10 000 personnes tuées par les bombes et les mitraillages des avions allemands Stuka, 90 000 enfants perdus recensés par la Croix-Rouge internationale : la grande peur collective du peuple français fut un événement cauchemardesque que le terme biblique d’« exode » servit à qualifier.
















L’exode a blessé et tué sans distinction, il a frappé des villes et des villages et fait exploser des familles ; il a touché les personnes au plus profond d’elles-mêmes ; il a traumatisé et humilié des millions de Français qui voulurent l’oublier. L’exode fait partie des plaies mal cicatrisées de notre mémoire nationale.

Aujourd’hui, les convois à pied des réfugiés accourant vers l’Europe et butant sur les barbelés tout neufs érigés aux frontières nous rappellent cette histoire : c’était nos parents, les réfugiés ! Et les victimes des Stuka qui les mitraillaient ressemblent trait pour trait aux morts du Bataclan.

Que l’Histoire ne se répète pas

et pourtant

ça y ressemble tellement

nos anciens conduisaient leurs chevaux pour porter hommes, femmes, enfants, matelas et victuailles !

les nouveaux réfugiés n’ont même plus


les chevaux de nos parents


un film magnifique !


et puis la musique

d'Ennio Morricone

reconnaissable entre toutes

de lentes mélodies poignantes sur un fonds grave

http://www.deezer.com/album/11421562

du Morricone quoi !


dimanche 15 novembre 2015

Festival d'art sous la Halle aux Grains

Les séniors sont créatifs, ils exposent leurs créations, sous le regard du public. Ils ne demandent rien, ils n'attendent rien, (que le regard bienveillant de leurs contemporains) :

je crée, donc je suis































j'ai déjà vu ces marrons quelque part ?






































le petit bus Citroën escalade courageusement le col de Peyresourde
il y a des poètes


















et des fous de voitures



















...surtout un Président formidable !


ils sont formidables




avant la minute de silence, en hommage aux victimes des terroristes


petite feuille





samedi 14 novembre 2015

La guerre à Paris

Cette fois-ci, c'est bien la guerre...une drôle de guerre ! Tiens, cela rappelle une drôle d'expression, la drôle de guerre ! On était en guerre, mais ça se passait ailleurs. 

Palmyre détruit, au milieu du désert

c'était loin...trop loin ?

qui se soucie du temple de Baal ?
depuis hier soir : tout le monde !


...pas si loin...tout près...ils ont attaqué dans Paris !




Pleurons les victimes innocentes...

...Revenons en aux choses sérieuses, aux fondements, à nos valeurs,

...Soyons désormais sérieux avec les choses sérieuses...

la Victoire pour la Liberté
Detaille

rassemblons-nous autour de

Honneur, Patrie, Courage, Liberté

il va nous falloir plus que jamais 

nous serrer les coudes

pensée aux victimes avec la nuit, de Gérome

toutes générations

toutes opinions


dans les cas graves, je sais pouvoir compter sur Pierre M. 
pour trouver les mots idoines : 

et le jour se lève
sur un avenir de sang

mais voici que se lèvent
des millions de regards
mais voici que battent plus fort
des millions de cœurs
mais voici que des millions de mains
se rejoignent

pour un mot d’espoir
un chemin d’espoir
un pays d’espoir

possible impossible
on ne sait pas
je ne sais pas

je sais seulement
que mes amis vous avancez
et que j’avance avec vous

samedi avec l'A2S, les séniors exposaient leurs oeuvres
il y avait cette gentiane ; et puis cet edelweis





















nous avons observé une minute de silence