vendredi 24 novembre 2017

Brio

Il a fallu attendre jeudi, lendemain de sortie du film d'Attal, pour assister à la projection de Brio. 

Superbe !

mais le mot idoine est plutôt : brillant !

Neïla Salah n'est pas n'importe qui, puisqu'elle est incarnée par Camélia Jordana : on se souvient d'elle posant dans l'OBS' en Marianne, dévoilant son sein droit, imitant le célèbre tableau de Delacroix !

Devenue l'incarnation moderne de la France, quand elle chante "Quand on n'a que l'amour" avec Nolvwen Leroy aux Invalides. Une superbe jeune femme, intelligente et d'un fort caractère comme on ne va pas tarder à s'en apercevoir dans ses rapports avec Daniel Auteuil : vivant à Créteil, dans une famille de culture algérienne, amoureuse de Mourid, chauffeur de véhicule-de-transport-avec-chauffeur ubérisé, mais au comportement de Prince, elle rêve de devenir avocate. 

Inscrite à la grande université parisienne d’Assas, elle se confronte dès le premier jour à Pierre Mazard, professeur connu pour ses provocations et ses dérapages. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. A la fois cynique et exigeant, Pierre pourrait devenir le mentor dont elle a besoin… Encore faut-il qu’ils parviennent tous les deux à dépasser leurs préjugés.


Ségolène était plus chaste, mais avait belle allure

Lorsque la jeune Neïla Salah pénètre, en retard, dans le grand amphithéâtre d’Assas à Paris plein à craquer pour son premier cours de droit, loin d’elle l’idée qu’elle va passer un sale quart d’heure. Sous l’œil mi-effaré, mi-amusé de l’assemblée, la jeune femme, culture de banlieue, tchatche assumée et origines maghrébines en bandoulière, devient ipso facto la proie de Pierre Mazard (Daniel Auteuil), sommité du droit français, rhétoriqueur hors pair, monument d’une conception élitiste et méritocratique de la culture littéraire française....

je vous laisse découvrir la suite !




On découvrira tout au long du film les stratagèmes qu'utilise un avocat dans ses plaidoiries, comme le pratiquent de la même mnière un homme (une femme) politique, quand ils tentent d'avoir raison : dans son petit livre, "L’art d’avoir toujours raison ou Dialectique éristique", publié en 1864 à Leipzig, Arthur Schopenhauer nous propose un véritable manuel d’auto-défense intellectuelle ou de communication de crise. Que faire lorsque l’on est à court d’argument ? Comment convaincre ? Schopenhauer, suggère 38 stratagèmes qu'il est amusant de lister, sachant qu'on est conduit un jour ou l'autre à les appliquer, chacun séparément, ou ajoutés ensemble !

L’auteur commence par distinguer la logique et la dialectique. La logique est la science des principes de la démonstration. Elle concerne la recherche de la vérité objective, et est utilisée par les Ingénieurs. La science de la dialectique, dans le sens que lui donne Schopenhauer, a pour principal but d’établir et d’analyser les stratagèmes malhonnêtes afin qu’ils puissent être immédiatement identifiés dans un débat réel, et écartés.

« C’est ainsi que l’on peut voir la dialectique comme l’art de l’escrime mental, et ce n’est qu’en la considérant ainsi que l’on peut en faire une discipline à part entière ». Elle est l’art de se défendre contre tout type d’attaque, et l’art d’attaquer toute thèse adverse sans se contredire soi-même.

Car les êtres humains ne pèchent pas facilement contre les lois de la logique. Ils manquent rarement de logique naturelle. Ainsi, « étudier la logique en vue de ses avantages pratiques, écrit-il, ce serait vouloir apprendre au castor à bâtir sa hutte ». En revanche, il n’y a pas de dialectique naturelle ou innée. Celle-ci s’apprend.

C’est pourquoi « il arrive souvent que, bien que l’on ait raison, on se laisse confondre ou réfuter par une argumentation spécieuse, ou inversement ; et celui qui sort vainqueur du débat doit bien souvent sa victoire non pas tant à la justesse de son jugement quand il soutient sa thèse qu’à l’astuce et à l’adresse avec lesquelles il l’a défendue. ». 

Là où les femmes sont supérieures aux hommes, c'est quand elles ajoutent à leur Brio leurs charmes naturels. A Cannes, Camélia Jordana se présentait ainsi :


Non seulement elle est jolie, mais elle est loin d'être muette !

Une amie la croyait Italienne. Selon wiki, elle est  née le 15 septembre 1992 à Toulon. Sa mère, chanteuse lyrique d'origine algérienne comme son père, la met dans le bain de la musique lyrique. Auteuil lui apprend Schopenhauer et la réthorique. 

Dieu sait ce qu'elle va devenir plus tard, 

elle qui est déjà Marianne !


il faut absolument retrouver les 38 stratagèmes :

en voici la seconde partie
(à vous de retrouver les 26 premiers)

Stratagème XXVII - La colère est une faiblesse
Stratagème XXVIII - Convaincre le public et non l’adversaire
Stratagème XXIX - Faire diversion
Stratagème XXX - Argument d’autorité
Stratagème XXXI - Je ne comprends rien de ce que vous me dites
Stratagème XXXII - Principe de l’association dégradante
Stratagème XXXIII - En théorie oui, en pratique non
Stratagème XXXIV - Accentuer la pression
Stratagème XXXV - Les intérêts sont plus forts que la raison
Stratagème XXXVI - Déconcerter l’adversaire par des paroles insensées
Stratagème XXXVII - Une fausse démonstration signe la défaite

Ultime stratagème - Soyez personnel, insultant, malpoli : Lorsque l’on se rend compte que l’adversaire nous est supérieur et nous ôte toute chance de gagner par la raison, il faut alors devenir blessant, insultant, malpoli. Cela consiste à passer du sujet de la dispute (que l’on a perdu), au débatteur lui-même en attaquant sa personne. On pourrait appeler cela l’argumentum ad personam pour le différencier de l’argumentum ad hominem.

Quand on conduit sa voiture et veut débattre avec le malotru adverse

on passe souvent directement au stratagème 38 !



un doigt dressé exprime beaucoup de choses
y compris chez une femme !