samedi 4 janvier 2014

Autobus (suite)



Si je compte bien, ce doit être la sixième publication !



Il y a des pièces partout : métal d’un côté ; bois de l’autre. Une place terrible, impossible de rentrer dans l’atelier, il faut que je m’y mette pour ranger tout ce bazar. Un rayon de soleil : l’envie revient (elle était partie pendant les fêtes), et je reprends le châssis. Troue ; taraude ; soude, ajustant en permanence, l’obsession étant de respecter l’axe longitudinal, marqué par une règle (elle se dérègle tout le temps) ; et que la suspension fonctionne. Fonctionne bien, sans accrocs. Je révise l’avant qui frottait. Ca marche.

les marche-pides ne sont pas encore coupés

Grand moment : la partie bois arrière vient s’ajuster sur les tôles de l’avant : il faut poser un pare-feu provisoire, et faire que tout s’ajuste. Problème avec les garde-boues avant prolongés par les marche-pieds d’origine : celui de gauche (côté conducteur) ne sert quasiment à rien : il faut le recouper, sans omettre un joli arrondi. Coupe, polissage ; grand coup de soudure par dessous.

Celui de droite au contraire est indispensable à l’accès voyageurs : il lui faut toute son ampleur, avec le même (joli) arrondi ensuite. Les parties restantes des deux marche-pieds seront vissées sous la partie bois on ne les verra plus pendre comme maintenant.

à droite détail marche-pied entrée voyageurs



côté gauche conducteur


Du coup, il devient possible de poser provisoirement les roues, et de mettre le véhicule à l’endroit. Tentant de reprendre les morceaux de carton d’origine, (il en reste quand-même moins !) et de vérifier la silhouette générale.
 

 




Ouf ! les photos ne trompent jamais !

Ca paraît équilibré !




j'avoue avoir hâte de faire fonctionner la porte pliante avec guide en U sous le toit !





Je vous dois un aveu, je n’ai pas tout à fait conçu le montage de la partie supérieure : celle des vitres. Je devine qu’il faut construire un sandwich : des montants bois 10mm large et 5mm d’épaisseur. A l’intérieur, une vitre. Et par-dessus, un renfort : bois ? métal ? Je traine un peu, je tourne en rond, il va falloir que je me lance…


…à l’eau !

vendredi 3 janvier 2014

Rouillard au Grand Rond…

 

…de Toulouse !

Il faut se rendre à Issy les Moulineaux (92) pour « tomber sur sa tombe » : celle de Pierre-Louis ROUILLARD (1820-1881), l’auteur de nombreuses grandes sculptures animalières. Au Musée d’Orsay, le cheval à la herse est certainement la plus célèbre.

 Mais aussi à l’opéra Garnier avec l’aigle qui domine l’entrée.

Contrairement à ses collègues, il ne réalisa que très peu de petits bronzes, privilégiant les œuvres monumentales travaillées en pierre, bronze ou fonte de fer. Pourtant, on trouve encore de magnifiques œuvres d’orfèvrerie en argent, chez Christophe, comme ce centre de table monumental. C'est même le cochon qui est mis à l’honneur ! Je me rappelle la Bretagne, et les maximes : -« dans le cochon, tout est bon. L’argent est dans le cochon » !


Des cochons en argent !


Il est professeur de sculpture et d’anatomie à l’École de dessin et de mathématiques de 1840 à 1881, où il a notamment comme élève le sculpteur animalier François Pompon. Il réalise des sculptures, généralement animalières, de cerfs ou de sangliers pour de nombreux châteaux et les grands décors parisiens du XIXe, comme l’Opéra de Paris, le palais du Louvre, la fontaine Saint-Michel ou le tribunal de commerce de Paris.


Par quel miracle la chienne et la louve de Toulouse ont-elles été sauvées de la fonte après 1941 ? Grâce aux cartes postales de Delcampe, voici comment était l’entrée du grand rond avant. Avant (répète la pub) c’était avant : on entrait dans le jardin public encadré par ces deux statues, et on débouchait sur le monument de Descuing dont je vous ai déjà parlé, à la gloire de Toulouse avec sur son piédestal, la statue de Clémence Izaure. Les cartes postales listent quasiment toutes les œuvres disparues, dont le David de Mercier ; le conteur arabe, c’est effarant. La Ville de Toulouse qui a investi un argent considérable dans la rue de Metz repavée avec du granit chinois (le Sidobre du Tarn propose pourtant tout près du granite made in France), aurait pu replacer les statues disparues comme la Wallace de Marqueste… et autres de Falguière : nos amis chinois copient très bien nos œuvres, et ils n’auraient pas rechigné à en offrir quelques unes à Toulouse « pour un Euro de plus » !



On sait qu’aujourd’hui les sculpteurs qui confient leur original au fondeur, ont droit à huit tirages, de manière à ne pas casser le marché. Déjà à l’époque on faisait des doubles, et je trouve au Louvre la copie identique aux canidés de Toulouse.

Pour les spécialistes, la chienne est en réalité une molosse de Bordeaux. Elle inspire ainsi les éleveurs de chiens dont le bronze de fer de Toulouse (ça y est : je me souviens que cette matière était exclue des fontes, par lesquelles on cherchait principalement le cuivre ! !) est pris pour effigie.



Allez faire un tour au grand rond :

l’entrée est restée intacte :

elle est drôlement bien gardée !

jeudi 2 janvier 2014

Paul Ducuing, sculpteur…


…de poilus… !

premier hommage aux héros de 1914 (1)

Loi du 11 octobre 1941, le gouvernement de Vichy cherche du cuivre : il décide d’enlever les statues de bronze pour les faire fondre. Surtout les sujets dépassés, vantant de grands hommes (pour lui) sans intérêt comme Victor Hugo à Paris par exemple. C’est un comble, mais il y aura pire : Vichy fera enlever les juifs, femmes et enfants ! On épargne les statues en fonte de fer. On épargne également les statues à la mémoire des morts de la guerre 1914-18. À Paris, presque une centaine d’oeuvres subissent ce sort. En province, c’est l’hécatombe : à Toulouse au Grand rond seul Rouillard avec son molosse et sa chienne sont tellement agressifs qu’on les laisse tranquilles. Je vous les montrerai bientôt. Les monuments de Fourès, de Clémence Isaure, disparaissent.











































A Lannemezan c’est la druidesse qui est condamnée. Une statue énorme de 3m de haut, qui coupe avec sa serpe une branche de gui. A Saint-Gaudens, l’américain Augustus voit son effigie arrachée, les Amériques et la France qui le couronnaient sont fondues.


A Lézignan, c’est la Capounado qui est enlevée : commandé en 1905, payé 15.000 francs ; réalisé en 1909, ce groupe à la gloire des vendanges est attribué à la ville grâce au maire radical Léon Castel et au ministre Dujardin-Beaumetz qui appartient au même parti. Paul Ducuing (1867-1949), statuaire, originaire de Lannemezan, est l’auteur de tous ces chefs-d’œuvre.  Il est contemporain de notre ami Abbal, et parfois concurrent comme pour l’appel d’offres du monument aux morts d’Hendaye. Elève de Falguières, il monte lui aussi à Paris. Lui aussi bénéficie d’appuis politiques du parti radical-socialiste en raison de son amitié avec les frères Albert et Maurice Sarraut, les fils d'Omer, ce qui lui vaut de voir l’Etat acheter ses statues. Lui aussi connait l'ascension sociale type du sculpteur-académique-heureux, avec son mariage le 8 juin 1922 (à Paris) avec la comtesse Françoise de Simard de Pitray (1864-1955), veuve d'un sculpteur toulousain. Attention, la comtesse n’est pas n’importe qui : c’est la fille de son père of course Emile-Vincent, qui s’est marié le 25 mars 1856 avec Olga de Ségur, elle-même fille de Sophie Rostopchine, la Comtesse de Ségur ! Ooouuaaafff !
 

Si les œuvres spectaculaires ont disparu, restent les monuments aux morts. Il en existe de remarquables dans notre secteur : Hendaye ; Castelsarrasin ; Valence d’Agen ; Saint-Gaudens ; Lannemezan encore. L’art de Paul est très représentatif des courants officiels de la statuaire publique de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, marqués par un goût pour l'éclectisme et le pittoresque, l'attachement aux formes figuratives classiques, sans toutefois renoncer aux courants décoratifs novateurs du Symbolisme et de l'Art nouveau.


















Ducuing ne fait pas que représenter les poilus. Il les met en scène : le poilu glorieux, est couronné par la Victoire. La Victoire est représentée en France combattante, elle porte un casque, une épée d’officier, et arbore des palmes, comme le soldat triomphant de Valence d’Agen, ou de Lannemezan. A Hendaye, avec à la main la couronne du Héros, elle est au chevet du soldat abattu par les balles ennemies, et le veille. Le soldat est parfois « inconnu » : on le nomme Dupont. Et à Dakar, en hommage aux tirailleurs sénégalais, il fait  figurer côte à côte Dupont et Demba, ce nom étant le plus répandu au Sénégal comme Dupont l’est en France métropolitaine.
























A Saint-Gaudens, c’est toute une histoire que raconte le monument. Une histoire rarement présentée en France : Dupont sur son piédestal, car c’est le même qu’à Dakar, marche victorieux tenant une palme.


Mais plus bas, une femme : est-ce la France qui pardonne ? Elle ne porte pas de casque. Mais un voile de veuve : elle est en deuil. Compatissante, (est-ce la Mort ? une piéta ? ), elle délivre le fusillé des liens qui le ligotaient au tronc d’arbre. Elle va porter la dépouille dans une sépulture, et lui pardonner, comme aux centaines d’autres fusillés de France. Les hommes maintenant en paix, après-guerre, ont commencé de réhabiliter les fusillés.

 
                                  


           










On devrait tous  leur pardonner !

                 François Président a proposé d’inscrire leurs noms aux Invalides.

                                                 C’est amplement justifié !

la Victoire de Ducuing

(1) PS : J’ai prévu  d’autres hommages aux héros de 1914 :

-Joseph, sculpteur de Christs, c’était mon grand-père
-le médaillon d’Abbal : monument aux morts du Collège de St-Gaudens (suite)
-vitraux : honneur aux poilus
-la chanson de Craonne

Je vous ai déjà montré les poilus bleus du Comminges dans :

                    http://babone5go.blogspot.fr/2011/11/republique.html

j'ai enfin trouvé cette photo

mercredi 1 janvier 2014

Europe parle anglais


Europe…mieux qu’Abbal ? (suite)

J’ai bien trouvé Europe interprétée par les espagnols, je me dis que les Anglais ont du s’approprier Europe ! Sceptiques comme ils sont, mais fiers de leur hégémonie planétaire, j’ai hâte de la découvrir  !

Oui ! Elle existe !


 L'Albert Memorial est un monument à la mémoire d'Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), époux de la reine Victoria. Il est situé à Kensington Gardens, à Londres. Conçu par George Gilbert Scott dans le style néogothique, il mesure 47,5 mètres de haut. La structure a été terminée en 1872 et la statue d'Albert posée en 1875.

L'élévation de ce monument est considérée comme emblématique de la puissance britannique à l’'époque victorienne (1850-1870). Le mémorial est constitué d'une statue dorée d'Albert placé sous un baldaquin, lui même surmonté d'une flèche à l'extrémité de laquelle se trouve une croix. Albert tient dans sa main un catalogue de l'exposition universelle de 1851, exposition organisée sous la houlette du prince consort, et qui démontre la prépondérance britannique de l'époque en matière industrielle et scientifique. Au pied du baldaquin se trouvent quatre ensembles statuaires incarnant la puissance industrielle et commerciale britannique (commerce, génie, industrie, agriculture). Plus loin, aux quatre coins du vaste socle sur lequel est installé le baldaquin, quatre autres groupes incarnent les quatre continents.


Et c’est là que cela devient amusant !

G.G.Scott fait appel à Patrick MacDowell, sculpteur britannique d'origine nord-irlandaise né en 1799 et mort en 1870. Il a de l’ambition, et aucun complexe : il se met à la place de Zeus, dont il connaît la légende-officielle, suivant laquelle il séduit Europe en se faisant passer pour un doux taureau. Jusque là, nous Français latinisés par la conquête de Jules César, et rompus à la démocratie d’Athènes, nous suivons.

Voici Europe, la nôtre, représentée selon nos propres références : Europe est une espèce de Charlemagne féminine, juchée sur le bœuf placide, qui tient le globe terrestre contenant les saintes huiles dans la main gauche. La main droite s’appuie sur un bâton, un bâton de Maréchal, faisant office de sceptre. Elle est entourée de quatre allégories, la Guerre avec le glaive de Zeus. Les Arts avec la lyre d’Apollon (mais il y a aussi la palette du peintre). La maîtrise des mers avec le trident de Neptune. Il faut bien qu’il y ait quelque part la Muse de l’écriture et de la poésie qui lit Shakespeare et en dispense les bienfaits urbi et orbi. (Si vous trouvez mieux, faites moi signe) !

Mais l’imagination de nos fans d’Albert foisonne : contrairement à Albert, Zeus ignorait les autres continents ! Il croyait la terre plate, et n’était pas Galilée. Le monde s’arrêtait à Gibraltar.

Poursuivons la réflexion de notre architecte sur la représentation du monde. Se mettant une fois de plus à la place de Zeus, un Zeus parlant cette fois anglais et relooké par rapport aux anciens Grecs. On peut très bien imaginer que, souhaitant conquérir Europe devenue symbole des Amériques, il se transforme en Bison ! Of course, c’est un bovidé lui aussi. Conséquence : Zeus devient bison, dompté par une Europe-devenue-indienne-Sioux, fort jolie avec sa coiffure de plumes et ses flèches !

Vous avez compris le principe ? Je vous dis : je vais représenter l’Afrique, vous réagissez en maugréant dans votre tête : –« l’équivalent du bœuf,  qui serait emblématique en Afrique  n’est pas le bœuf ! c’est le dromadaire » !. Et donc Zeus (devenu mondialiste) va séduire Europe (moi je l’aurais imaginée noire, éthiopienne, et descendante de Lucy), en se transformant en doux dromadaire, un dromadaire blanc, (jamais il ne se serait transformé en chameau, trop équivoque pour séduire une femme) ! J’ai un peu exagéré comme d’habitude : Europe n’est pas noire : c’est Cléopâtre, Reine d’Egypte, elle est entourée du conducteur du dromadaire, et de Sages en turban.


Le quatrième continent est l’Asie. Certes il y a des bovidés, même que ce sont des vaches sacrées. Mais Zeus ne va pas se transformer en vache. En zébu il aurait une bosse. Trop moche.


Non, l’animal adéquat en Asie, c’est l’éléphant au demeurant sacré. Mieux, l’éléphant blanc ! Et notre sculpteur juche une Europe hindoue (vêtue d’un sari en voiles de soie sauvage) sur Zeus-devenu-éléphant. Amusant : l’Inde, sous étroite domination britannique…s’éveille (au progrès) !

Nos amis anglais sont forts !

fini Europe ringarde, méditerranéenne, chevauchant un bête taureau

pire un bœuf

(son seul intérêt étant la côte…la-côte-de-bœuf)

Zeus (Albert) est devenu planétaire

il se transforme (lui) en tous les animaux

du monde !

Wishing you…


         …a happy new year 2014

                             et même, encore mieux :

                          ... a prosperous 2014… !
 

   
Coccinelle, demoiselle

Bête à Bon Dieu
coccinelle, demoiselle
vole vers les cieux.

Petit point rouge
elle bouge.
Petit point blanc
elle attend.
Petit point noir

coccinelle,

au revoir.


à l'an prochain !