samedi 23 juin 2018

Capbreton : le gouf

On en apprend tous les jours : pourquoi se rend-on à Capbreton ? Pourquoi est-on assuré d'y goûter d'excellents poissons ? Pourquoi y voit-on des dauphins ? parfois ... des baleines ?



le gouf !

un canyon sous la mer !

 Thalassa nous explique tout :






Une fois vues ces images, wiki nous donne les infos utiles : longueur : 270 km ; largeur  jusqu'à 15.000 m ; profondeur  3.500 m ; âge  300 millions d'années : composé de roches sédimentaires, le gouf de Capbreton (ou gouffre, ou fosse de Capbreton) est un canyon sous-marin créé au Crétacé par l'écartement de deux plaques tectoniques dans le prolongement de l'ancien lit de l'Adour.

Il y a 20 000 ans, le niveau de la mer était plus bas de 130 m et cette zone dite « tête du gouf » était donc émergée. Les sonars montrent des structures cylindriques au fond ; serait-ce des troncs d'arbres ? Non ! les plongeurs remontent des morceaux : coupés, aucune strie de croissance, ce sont de beaux cylindres de roches solidifiées dans des trous, la preuve d'une activité sismique passée !




Le gouf se poursuit par une plaque triangulaire dont la pointe descend de façon régulière vers l'ouest. Il se prolonge donc sur 270 km vers l'ouest par une série de méandres et de canyons de plus en plus profonds jusqu'à atteindre la plaine abyssale au large de Santander avec une profondeur de 3 500 m et une largeur de 15 km.

Une première conséquence : les vagues se créent quand le fond remonte, d'où le surf pratiqué à proximité de la plage. Par contre, au large, la profondeur escamote les perturbations en surface, et le gouf se révèle dans l'histoire maritime comme une zone de calme abritant les navires pendant les tempêtes.

Une seconde : les sédiments mis en mouvement le long de la côte des Landes par la houle majoritairement du nord-ouest et la dérive littorale nord-sud vont se perdre dans la plaine abyssale du golfe de Gascogne par ce gouf. La présence du gouf empêche le ralentissement du phénomène d'érosion du littoral et c'est donc une des causes de l'amaigrissement des plages situées au sud de Capbreton.


Enfin, le gouf permet à Capbreton d'être le seul port des Landes où les pêcheurs peuvent capturer des poissons de roches (rouget, grondin, rascasse...) et des crustacés plus habituels des côtes rocheuses de la Bretagne. Les grands fonds attirent aussi des espèces des zones pélagiques de thonidés (thon, bonite,...) et des céphalopodes (calmar, chipiron,...). On trouve aussi épisodiquement des poissons des abysses, des cétacés plongeurs (dauphin de Risso, baleine à bec de Cuvier, cachalot pygmée,...), des requins rares dans nos régions (requin mako, requin marteau, requin pèlerin,...), des poissons lune. Il y a aussi des légendes de calmar géant.

J'étais innocent la dernière fois :


maintenant que je suis initié, 

j'y reviens !

ce restaurant est pile dans l'axe


on rêve de lire ces annales (après un repas de poissons) !








vendredi 22 juin 2018

Patrimoine et Rococo


Je reprends un article « Cher patrimoine » d'Anthony Palou dans sa rubrique « bien vu » du Figaro publié au début du mois : il plaisante un peu, tout en s’en félicitant, de l’initiative du Président confiant à Stéphane Bern le lancement d’un financement supplémentaire (du moins on l’espère ?) du Patrimoine grâce à un loto spécial. Les heureux gagnants recevront 1,5 millions d’Euros, pour un chiffre d’affaire estimé à 15 millions ! On voit que ce ne sont pas ces gagnants qui gagnent le plus : le billet coûtera 15 Euros, sur lesquels seuls 10% reviendront au Patrimoine : que de prélèvements publics …et privés puisque les buralistes préposés à la vente des billets toucheront leur part… ainsi que ceux qui toucheront les billets gagnants (on s’y perd dans tous ces gagnants mais c’est le principe même du loto). Bizarre d’avoir confié aux Américains l’impression des billets, on ne pouvait pas savoir à l’époque que Trump allait créer des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, et qu’on allait rétorquer en taxant les Harley Davidson.


Voici la carte des 18 plus grosses opérations, sympathiquement réparties sur l’hexagone continental, les îles lointaines dont la Corse incluses. J’y trouve l’aqueduc romain du Gier qui alimentait Lyon, et qui ressemble un peu aux aqueducs parcourant la ville de Tarragone. Ouf, on n’oublie ni nos ascendances gallo-romaines, ni nos racines  chrétiennes avec le couvent de St-François à Pino, et tout le monde sera content. Nous, on a l’hôtel de Polignac à Condom.

Tarragonne : carrer de l'escultor Verderol

Ici il est question de patrimoine immobilier, d'architecture. Un autre domaine des Arts est bien plus simple à préserver, la peinture. La chaîne "Histoire" évoque la période baroque, par l’intermédiaire de Waldemar Januszczak : plein XVIIIè. Je voudrais vous montrer quelques exemples de Rococo, avec des noms aussi illustres que Watteau ; Boucher ; Fragonard ; Tiepolo et Gainsborough.

Voici le tableau de ce dernier, où il a peint ses deux filles : Mary et Margaret. Mary a été baptisée le 3 février 1750, et Margaret a été baptisée le 22 août 1751. Elles chassent les papillons, à la main, la sœur prête à assommer sa prise avec son foulard. Je zoome naturellement, et le grossissement permet d'identifier une piéride du chou, Pieris brassicae. Les taches noires désignent une femelle ! Le titre : « Gainsborough’s Daughters chasing a Butterfly ».




Second exemple : « Les Hasards heureux de l'escarpolette » est une scène galante peinte par Jean Honoré Fragonard entre 1767 et 1769.


La toile a été commandée d'abord à Gabriel-François Doyen par François-David Bollioud de Saint-Julien (1713-1788), baron d'Argental et receveur général du Clergé, en ces termes : « Je désirerais que vous peignissiez madame [en montrant sa maîtresse] sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle ». J’imagine que chaque mot a été choisi avec soin pour faire mouche ? Choqué qu'on s'adresse à lui pour un tel sujet, Doyen orienta le commanditaire vers Fragonard. Ce côté anticlérical fit hésiter ce dernier, qui craignit d'éventuelles conséquences pour sa carrière et convainquit son client de remplacer l'évêque par un mari (cocu). « Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant, et mieux même si vous voulez égayer davantage votre tableau. ». Il faut tout regarder en détail, y compris le baron qui s’est placé pile dans l’axe (de la balançoire) et est donc le seul à pouvoir voir « mieux »  (ce qui ne saurait être vu par les profanes et deviendra plus tard le centre du monde).



Troisième tableau, celui de Boucher : comme la dame a ôté sa toilette XVIIIè, impossible de repérer l’époque rococo à ses vêtements d’époque : par contre, l’anatomie de cette personne me semble tout à fait contemporaine, ou plutôt elle est ... intemporelle !



je vous laisse vous faire votre propre opinion…

sujets passionnants, le Patrimoine

...le rococo...

ils valaient bien un Loto !

jeudi 21 juin 2018

Une nécropole romaine à Valcabrère

Quand on visite Valcabrère, le premier mot, c'est réemploi : réemploi des vestiges romains de la cité romaine of course. Dans le pilier d'entrée, est encastré le premier, réemploi, une dédicace mortuaire :


on ne voit pas grand chose : à la troisième et cinquième ligne, le O barré veut dire que la personne est défunte (obitus, obita)

le patron se nommait Eros, tout un programme !

"Caius Julius Atticus, affranchi d'Eros, vivant, Julia Salviola affranchie d'Eros, décédée et 
Caius Julius Victor fils d'Atticus décédé à 18 ans"



Et qui dit épitaphe dit cimetière, autrefois on disait nécropole, avec des sarcophages.

Tel est le but de la recherche archéologique en cours, je viens de visiter : une équipe de chercheurs de l'Université de Lille a réuni des bénévoles de toute la France. Ils viennent de mettre à jour l'un des endroits d'où viennent les réemplois : dans le champ en face !


un drone comme celui-ci est facilement accessible. Il fait des photos formidables !


St-Bertrand au fond à droite

la nécropole en face de St-Just de Valcabrère

si la cuve est intacte, le couvercle cassé est enfoncé à l'intérieur


les mêmes au Sud dans l'ancien cloitre, construit sur une nécropole romaine

des réemplois partout : dehors au Sud

à l'intérieur, reposés à l'envers

rétablis à l'endroit

il règne ici une atmosphère biblique




ruta gravelolens, la rue

hypericum perforatum, le mille-pertuis

valeriana officinalis

ce sont nos ancêtres gallo-romains :

va-t-on leur redonner une sépulture ?





PS : la dernière fois, en 2016
attention : il y a 8 épisodes !

mercredi 20 juin 2018

Sansan et les mastodontes de Lartet


En ces journées de l'archéologie, c'est le moment de citer le paléosite de Sansan, qui vient d'ouvrir un sentier, celui parcouru par Edouard Lartet quand il a découvert les premiers mastodontes... du miocène !

Nous sommes dans le Gers, balcon des Pyrénées, que nous connaissons bien : je vous ai raconté l'histoire de la dent d'Odile, et la surprise de Bernard Buigues venu nous présenter ses mammouths, et découvrant que vivaient ici leurs ancêtres à quatre défenses d'ivoire, les mastodontes !



François Rivière, Président de la communauté de communes Val de Gers
un projet à 200.000€, mené avec les Museum d'Histoire Naturelle de Paris et Toulouse



Voilà : on peut désormais se rendre sur place !

mais que sont devenues 
les collections de René Larrieu ?




PS : c'était il y a 6 ans :


aucun rapport ni avec un éléphant, ni un mammouth
les défenses sont aux deux machoires

mardi 19 juin 2018

80Km/h: le décret est sorti !


e=1/2 mc2
Dans onze jours précisément, nous serons le 1er juillet : attention ! la vitesse sera limitée à 80Km/h !

C’est le Premier Ministre qui confirme cette décision prise contre tous les résidents de la France rurale : diminuer la vitesse sur les routes pour espérer gagner le maximum sur les 3456 morts en 2017. Il escompte 10%, pas mal !

on peut comprendre : ça remonte !

Peu importe qu’il faille changer les panneaux. Peu importe que nos GPS ne soient plus à jour !

Pour ma part, j’ai déjà râlé, estimant que la signalisation routière avait repéré depuis longtemps les endroits dangereux, en en limitant la vitesse, et en y installant des radars !

On dit même que 50% des accidents ont lieu dans des endroits bien précis, représentant seulement 15% du kilométrage total : pourquoi ne réduit-on pas la vitesse à ces endroits seulement ?

...pour créer un mouvement général de réflexion, et rappeler la formule : 
                                                   e=1/2 mc2






Vous connaissez tous naturellement la théorie de la relativité, attribuée à Einstein, et déjà exposée auparavant par Henri Poincaré, établissant l'équation e = 1/2 mc2

le carré de la vitesse !

Je suppose que voilà le principe fondateur de la théorie gouvernementale :

Quand on passe de 90 à 80, le carré de ces nombres passe de 8100 à 6400 !

Le choc est réduit de 20% 
quand la vitesse diminue de 10% !

la distance de freinage raccourcit de 13 mètres !


On roule ainsi plus lentement ...

... mais plus sûrement !


c'est le paradoxe de la formule : 

 "être-en-marche" !





il faut bien dire que quand le trafic augmente, il n'y a guère d'autre solution
je vois bien en sortant de Toulouse sur l'autoroute à deux voies, il est déjà bien difficile
de rouler à 100 Km/H quand la vitesse autorisée est de 130 !