mercredi 24 octobre 2018

Triste journée d'automne

Nous avons déjà vécu, en automne, d'aussi tristes journées, avec la disparition d'un être cher, très cher. Une fois encore, la liste indélébile que nous avons tous en tête, parents et proches, oncles et tantes, cousins cousines, classés par date de naissance, est impitoyablement mise à jour par la Grande Faucheuse. Quand on a son nom dans la liste, il monte inexorablement d'un cran vers le haut. Nous étions réunis hier dans l'émouvante église romane de Saint-Paul-lès-Dax, dans l'hommage et le souvenir de notre dernier oncle, né en 1928.


Il avait vécu la guerre, avait passé le Brevet Technique Industriel, ce qui n'était pas rien à l'époque, participé à électrifier le Sud-Ouest, trains, villes et villages. Tel Voltaire il cultivait son jardin, collectionnait les livres de Balzac, tournait des pièces avec son tour à métaux, avec lequel il me fabriquait de ci de là des pièces d'automobiles. 

C'est lui qui m'avait appris qu'André Citroën aurait aimé faire participer Pierre Benoit à la Croisière Noire, mais que, Pierre ne parvenant à manier une automobile, malgré les leçons particulières de conduite, il avait du s'en séparer, ce dernier, du coup écrivant l'Atlantide !


Pour cette (seconde) locomobile Merlin de Vierzon fonctionnelle, il s'était désigné comme 

Jacques Cardin.
Constructeur


Personne ne lit plus aujourd'hui Mademoiselle de la Ferté, qui fait allusion à Dax, à l’Adour, et tous ces lieux que Jacques a aimés. Je me bornerai à quelques lignes de l’Atlantide :



"Mourir, aimer. Comme ces mots résonnent naturellement dans la salle de marbre rouge. 
Comme Antinéa paraît plus grande au milieu de cette ronde de statues blêmes. 
L’amour a-t-il donc besoin à ce point de la mort pour être ainsi multiplié" !




PS : https://babone5go2.blogspot.com/2013/10/triste-automne6.html



les études secondaires techniques

le fameux livre de comptes journalier retrouvé : 1937-45

la boutique STEAM-Delaby rue de Bourgogne :
des maquettes extraordinaires !

ami du Vieux Saint-Paul


cette jolie Merlin est de Maxwell Hemmens, à l'échelle un peu plus petite de 1/12. En réalité, elle fonctionne avec un petit moteur électrique, pas à la vapeur. Elle pèse 10Kg sur son socle de 78x40x65cm
pour l'acheter, il faut se rendre en Allemagne à Mülheim dans la Ruhr, et sortir 4400€

https://www.youtube.com/watch?v=VwIEgKC98c0




mardi 23 octobre 2018

Toulouse embarrièrée !

La Macronie est pleine de ressources quand il s'agit de taxer les contribuables, les consommateurs, les séniors, les conducteurs, les buveurs de boissons alcoolisées et sucrées, les fumeurs...les citoyens lambda, tout ce qui bouge ! Le gaz, l'électricité, les ordures,  je pense en oublier pas mal ! La dernière ?  un péage pour entrer dans les villes. Comme à Londres et Milan ! Les villes métropoles, les grosses, pas les villages ruraux, du moins pas encore !





interdit de circuler... à pied !





Tenez Toulouse ! Quand on arrive par l'Hôtel de la Région, flanqué de cette hideuse statue qui a du coûter la peau des fesses et que l'on ne voit même plus tellement elle ne représente rien, on est déjà bloqué par la vitesse de 50 Km/H, ça on s'y fait, c'est la règle. Les voitures n'ont plus qu'une voie, la seconde occupée par les bus est souvent vide, sauf les Toulousains-malins-qui-n'ont-peur-de-rien qui roulent dedans pas-vu-pas-pris (tant qu'il n'y a pas de radars, pourquoi n'y en a-t-il pas ??). Jusqu'à ce que l'on monte la côte accèdant aux Allées Paul Feuga, quasi entièrement dédiées au tram. Là un feu vert durant 6 secondes seulement bloque la circulation automobile qui doit en effet ne pas heurter le tram : il a la priorité : une barrière parfaite pour limiter l'entrée en voiture, au-delà, super, priorité aux cyclo, motos, et piétons. La municipalité a reconstitué un octroi technique.


Ma voiture arbore une vignette violette-parme sur le pare-brise, confirmation que je suis un pollueur minimal, soucieux de la qualité de l'air de la Ville Rose, c'est pour moi un comportement citoyen basique. Mais que l'on me prédise (en plus) un péage prochain commençant par cinq Euros, m'apparait tout à fait probable, puisque le péage urbain de Londres étant beaucoup plus lourd, il n'y a pas de raison qu'on ne fasse pas pareil ici !

Pourtant, il m'arrive (puisque le train fonctionne toujours aussi mal), de me rendre dans la Capitale d'Occitanie en voiture, avec des bagages lourds à déposer au centre-ville. La liberté de circuler m'a permis, jusqu'ici, d'entrer (après les bouchons du matin) même avec des désagréments. Je gare mon véhicule au parking concédé à Vinci, et paie mon écot, une moyenne de 10 Euros. Je passerai donc de 10 à 15€, et ceci par jour.

Samedi nous étions à Tractomania, nos amis nous couchent à Toulouse, plein centre, nous dirions dans le triangle d'or. C'est là que tout un chacun voudrait vivre, parce que l'architecture est la plus jolie. Les rues sont des ruelles bordées de barrières, tout est fait et on le comprend pour empêcher la voiture d'entrer.


ouf, on peut se rendre à pied chez Conté, on peut petit-déjeuner
mais après, à pied, la voiture est bloquée !

Comme tous les sédentaires doivent avoir une activité physique, et que les allées bordant la Garonne et les canaux de la ville sont nombreux, sans oublier les stades, on se dit que le Marathon annuel,  nécessaire pour ressembler à New-York, va se faire dans l'ambiance rassérénée de la campagne environnante, et pas en Ville.

Surprise donc ce matin quand nous réalisons que les Marathoniens, friands de shopping et de vitrines chics (pourtant fermées le dimanche), courent leur sport favori (et harassant) en plein les petites rues ! Conséquence me direz-vous ? La Ville, à grands coups de barrières, de béton anti-terroriste et de gardes-chiourmes en uniformes, est barrée de toute part, interdite à la circulation automobile, interdite à la marche à pied nous imposent des vigiles jusqu'au-boutistes, car il y en a toujours dès qu'il s'agit d'interdire, pourtant 50 ans pile après 1968. On dirait (un peu) Berlin-Est, que nous avions vue avant la chute du mur !







Nous sommes donc parqués dans la Ville rose toute la journée, participant involontairement à la joie des Bobos du centre qui s'accaparent la Ville pour eux seuls, tout cela en attendant les prochains péages qui vont les conforter encore dans leur situation immobilière ! Nous sortirons enfin après 17 heures, en découvrant Jean-Jaurès bouleversé, et les boulevards Bonrepos et Matabiau en plein travaux, d'où les voies devenues uniques, coinçant un peu plus les voitures tentant de s'échapper.

Finalement nous qui vivons le rural (où l'on parle mal Français nous affirme Mélenchon) conservons quelques libertés que je vous propose d'apprécier à leur juste valeur :

nous pouvons encore (gratuitement) circuler

certes à 80 au lieu de 90

mais j'ai pris soudain conscience que bientôt

on pourrait ne plus circuler du tout !

(les diesels en 2022)




il faut savoir prendre les choses avec hauteur


des chantiers partout !



et à la fin, c'est toujours un Ethiopien qui gagne !


lundi 22 octobre 2018

Tractomania 28°







Nous nous sommes rendus à Toulouse dès vendredi soir. Samedi matin, il faudra une heure d’autoroute pour rejoindre Caussade. Eux, les 50.000 visiteurs, viennent de partout, nous rencontrerons à déjeuner des gens de Saône et Loire. Du plateau de Langres, et même du Tar, car n’en déplaise à Mélenchon on ne prononce pas le n final ! Nous partons dès potron-minet, dans la nuit noire, le froid humide, avec la petite Fiat, plus facile à garer dans la foule immense qui bloque tout Caussade. Prudent de faire le plein, entourés de tous ces automobilistes visage fermé, car digérant difficilement le prix de l’essence de base à 1 Euro 52 !


où voulez-vous trouver ailleurs de tels forets ?

Paris toujours Paris


Fouille à l’arrivée , on s’est habitués aux rochers anti-camions-terroristes qui protègent les innocents. Et c’est la foire immense aux vieux tracteurs, car les neufs n’ont aucun intérêt ici : on recherche la rouille, les accessoires, les pièces détachées introuvables ailleurs, engrenages, vieux moteurs, magnétos, chaines énormes, morceaux de Lanz, tout est trouvaille. Il faut bien dire que les pièces rares sont rares, depuis le temps toutes achetés : 28 ans ! Mais Caussade offre une diversification intéressante : vieilles voitures sorties de grange, automobilia, jouets, voitures à pédales, affiches, déco automobile, motos, solex, tout devient bon pour attirer un large éventail de population. La population y est, Caussade est plein comme un oeuf !










les Belles des prés de l'an passé on pris un an de plus




le Pic du Midi d'Ossau, avec la dent brisée











Au restaurant, impossible de réserver. –« venez déjeuner à 11H15 » m’indique la patronne. Nous nous retrouvons entre séniors exclusivement, car en y réfléchissant bien, qui peut bien s’intéresser à cette mécanique ancienne, dépassée par l’électronique d'aujourd’hui ? Réponse : les séniors, les séniors ruraux, qui paient la CSG augmentée et me disent –« Macron ? je l’emmerde » ! Et qui roulent à 80 Km/H et me disent : -« Philippe ? Je l’emmerde ! ». Je dis à mon voisin d’en face qui vient du Tar : –« Mélenchon vous dirait que vous n’êtes pas Français, comme il vient de le dire à une journaliste toulousaine ». Et il me répond : -« Mélenchon, je l’emmerde » ! Tous ces hommes sont accompagnés de leur femme personnelle, venue les accompagner par amour. 

l'échange 15 Euros contre un jeton : je prends une bière en plus, 2 €





Je suis à côté de Gisèle amie de René, puisque la patronne nous a mis deux+deux à une table de quatre, et elle me demande, s’agissant de René : -« combien vous lui donnez comme âge » ? A vrai dire, elle a un accent rocailleux du Tar, et je peine à traduire ce qu’elle me dit, mais je me force contrairement à Mélenchon puisque je vis moi aussi dans le rural profond aux racines occitanes, et réponds en y réfléchissant à deux fois : « disons : 80 ? ? ». 

Toute fière (de lui) elle me dit : -« non ; 84 ! » et ajoute : « on va sortir tout à l’heure, vous allez voir, vous aurez du mal à courir derrière lui ! ». Je ne réponds rien car c’est vrai ! Je lui parle d’Hervé Bazin, qui a fait un enfant à sa meuf à 81 ans, et lui demande si elle y a pensé avec René ? La conversation prend une tournure grivoise. Elle répond : -« sa femme, à René, est morte il y a trois ans. On se connaissait depuis l’école ça veut dire 50 ans. Quand sa femme est morte, je lui ai écrit une lettre, à René. Depuis, nous sommes ensemble ! ». Je m’efforce de comprendre, en me forçant j’y parviens. Elle passe aux confidences, nous sommes devenus intimes. Elle précise : -« avant, je portais le bois (de chauffage) dans une brouette. René, des tracteurs, il en a 5. Pour mon anniversaire, il m’a offert un tracteur. Pour porter le bois, c’est beaucoup moins fatigant ! Quel âge vous me donnez » ? Elle a 70 ans ! 14 ans de moins que René ! Et ils élèvent des poules pondeuses ! Avec le revenu des poules, ils fréquentent toutes les foires aux tracteurs, Dieu sait s’il y en a dans le TAR !




L’an passé, des visiteurs indélicats sont partis sans payer : aussi la patronne nous donne le mode d’emploi : on se lève, on fait la queue devant le comptoir, et chacun paie son écot soit 15€, en échange d’un jeton. Menu spécial, car en semaine on a l’entrée en plus pour 2 Euros en moins, cuisse confite de canard sur lit de haricots tarbais. Tarte aux pommes maison. Vin. Café. Les haricots mêlés de couenne de porc ne conviendraient pas à un frère halal, mais nous, sommes autorisés par notre religion et en profitons (tant qu’il en est temps) avant qu’on se soumette. Le voisin Monsieur de Langres qui vient du plateau du même nom a obtenu, lui, des frites. Je lui demande comment il a fait ? –« J’ai demandé, me dit-il, jusqu’à ce que je l’observe se goinfrer des haricots piqués à sa meuf. Il est en short, et répond qu’il vit dans cette tenue toute l’année. Il a un petit accent de Langres, et me dit qu’il emmerde Mélenchon. Ce dernier ne s’est pas fait des amis chez les ruraux, malgré qu’il s’habille de vestes de cuir gaufré issu de vaches, faites sur mesure, qui doivent coûter aux contribuables que nous sommes un paquet de pognon. On rigole tous qu’il ait prétendu être sacré, comme une vache dans ce pays sympa qui s’appelle l’Inde, où on ne parle pas Français non plus ! Ploucs de toute la planète, ça fait quand-même une palanquée de ploucs pour niker Mélenchon !

Gisèle qui a su ça je me demande comment (mais ils ont mangé là l’année dernière) m’explique qu’il y a plein de jolies filles en cuisine, et précédé d’elle pour ne pas passer pour un harceleur, je demande l’autorisation de photographier. Etchebesse n’a pas besoin de leur donner des conseils : pour faire manger une quantité impressionnante de séniors des deux sexes, elles sont totalement au point : il faut dire que Caussade fait manger durant ces deux jours au moins 100.000 personnes, majorité séniors, je ne vous dis pas la quantité de canards qui ainsi trépassent pour le plaisir de tous !

la place du grand Hall Aimé Bonnaïs, avec un prénom pareil, ça facilite l'amour

la place centrale

Il y a deux parties d'exposition dans Caussade : la place de la gare, l’endroit historique, limité par les rails et la SICA SCS où autrefois j’ai installé les fours à séchage de maïs, le combustible étant la rafle au centre de l’épi ainsi débarrassée gratos par le feu. Il faut dire qu’à Caussade, j’ai été maitre d’œuvre du goudronnage de la place centrale, et l’auteur du premier système de collecte des ordures ménagères. Et il y a le second endroit, la place justement, derrière le monument aux morts, et autour de Marianne, « envoi de l’Etat », une Marianne que j’adore. (j’adore Marianne, c’est à ces détails que l’on voit que je suis totalement ringard). Ici, je suis chez moi depuis 1969.





Sur cette place centrale, ont peu à peu été rassemblées les nombreuses locomobiles à vapeur. Des moteurs Duvant dont le spectacle est le laborieux démarrage, lent, silencieux, rotatif, marqué par l’éjection spasmodique de fumée par le gros tuyau vertical coudé, le souffle odorant de la fumée, puis l’éveil, la vie qui s’installe et prend le dessus : les jeunes mécano qui ont forcé les engrenages à prendre de la vitesse, s’extraient de là couverts d’huile, hilares, heureux d’avoir dompté la bête humaine : que de bonheurs collectifs à admirer ce spectacle ! L’assistance (des séniors) perplexe, haletante, tous regards tournés vers la bête, pousse un souffle d’apaisement collectif quand le moteur démarre. Il y a des masselottes cachées, je n’arrive pas à me les faire montrer, cachées qu’elles sont par une cloche opaque.


justement, la cloche qui cache la masselotte est pile devant vos yeux (ébahis) : l'écrou du haut se dévisse à la main, mais je n'ai pas eu le droit de terminer, le Chef étant pris par une urgence






Il y a des voitures forcément, dont le vernis est parfait. La guêpe, autrement dit le petit autobus Citroën de Laguépie dont je suis la reconstruction depuis 8 ans, est maintenant finie du moins à l'extérieur. Ne restent plus que les sièges à poser : l'année prochaine elle sera complètement terminée. Des Panhard partout, et je suis fasciné par cette jolie décapotable, noire laqué à l’intérieur rouge, volant inclus. Une perfection et une sobriété de lignes, je la voudrais bien, vous pensez bien que le propriétaire la garde pour séduire sa meuf.








huit ans de bénévolat obstiné de Gérard Laurens
www.bus-rosalie-laguepie.blogspot.fr




Cela fait quatre heures chrono que nous sommes debout, l’heure du repas assis ayant coupé une journée commencée tôt. Il est encore tôt, ballade à Saint-Vincent d’Autejac pour fignoler la Land Rover d'Antoine, c’est le moment de la mettre en vente, jamais elle n’a été aussi propre. La voici pour 3500 Euros… à débattre ! Dites moi si vous la voulez, parfait pour faire les courses en ville, elle a 24 ans, et peut durer encore autant… et on met dedans ? … de l’huile de frites (après usage), la seule contrainte est de la filtrer (pour ôter les derniers débris) ! Economique, non ? Pour votre moitié, pour qu'elle vous cuisine ... des frites ! ! 

ils ont arraché toutes les haies, ça fait moche

 

A Saint-Vincent, les Vulcains se font chauffer au soleil, sur les graviers de l'allée.

l'automne a du bon 

en lisière du Pays des Merveilles !






PS : l'an passé : https://babone5go2.blogspot.com/2017/10/tractomania-le-retour.html

pour revoir les Belles des prés : https://babone5go2.blogspot.com/2017/10/belle-des-pres.html

déjà en 2012 : https://babone5go2.blogspot.com/2012/10/tractomania-2012.html

et même en 2011 : http://babone5go.blogspot.com/2011/10/tractomania-2011.html

avant ? nous sommes venus la première fois en 1990

ce blog n'existait pas ! quel dommage !