mercredi 4 novembre 2026

La Villa Roma Art Déco à Louvain




je vous emmène visiter une maison à vendre, ni à la montagne, ni à la mer,

à Louvain !

Louvain (en néerlandais : Leuven ; en allemand : Löwen) est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande, chef-lieu de la province du Brabant flamand et chef-lieu de l'arrondissement qui porte son nom. Elle est arrosée par la Dyle, affluent du Rupel.

jamais vous n'auriez imaginé aller habiter là-bas ?

pourtant, avec le réchauffement climatique, migrer vers le Nord mérite réflexion :

La ville connaît une croissance démographique régulière tout au long des années 2000-2020 avec une population de 105 357 habitants en 2026.

C'est une ville universitaire où siège la KU Leuven (Katholieke Universiteit Leuven qu'on pourrait traduire en français par « université catholique de Louvain »), université flamande née de la scission de la plus ancienne université de Belgique. Louvain est aussi connue pour abriter le siège de l'entreprise AB InBev, le plus grand groupe brassicole au monde : Louvain est la capitale de la bière en Belgique.

capitale de la bière, mérite réflexion, non ?

La villa Art Déco Roma, située le long de la Tiensesteenweg à Kessel-Lo (Louvain), est à vendre. C'est moi qui rajoute : "Art Déco", sur place ils disent "moderniste". Comme les Catalans, où moderniste signifie "Art nouveau" il est parfois difficile de suivre, mais je suis là pour çà ! 

Conçue par le célèbre architecte louvaniste Victor Broos, elle a été construite en 1934. Au tournant du siècle, le bâtiment était complètement tombé en ruine, jusqu’à ce que Michel Decq et Anita Leys lui rendent son éclat et obtiennent son classement comme bâtiment protégé. Aujourd’hui, la famille se résout à vendre la villa à contrecœur. C'est dont l'objet de l'annonce qui me sert de titre : 162m2 sur un terrain de 3000m2. Garages. Remis à neuf dans son jus d'origine. Classée. Un petit billet, vous n'allez pas chipoter pour 850000€, parisien que vous êtes, propriétaire d'un appartement qui en vaut 1 million, et que vous avez intérêt à quitter avant qu'il soit brûlé, par l'un des incendies déclenché par vos émeutiers hebdomadaires, qui assez vite vont monter dans vos étages hausmanniers pour vous braquer perso dans votre appartement, vous faucher vos bitcoins ! 

Victor Broos naquit le 8 décembre 1908 à Louvain, benjamin d'une famille de bouchers. Diplômé d'architecture en 1932 de l'Institut Saint-Luc de Schaerbeek, il entama immédiatement une carrière indépendante qui durera près de cinquante ans, jusqu'à sa mort en 1980. L'une de ses premières commandes fut la maison de son beau-père, maître couvreur d'ardoises. Au cours des années 1930, il réalisa de nombreuses résidences, allant de modestes maisons de ville à de spacieuses villas. En 1936, le jeune architecte fut chargé de concevoir la crypte du Père Damien dans la chapelle Saint-Antoine de Louvain. Cette modeste commande lui permit d'entrer dans les milieux catholiques, une expérience déterminante pour la suite de sa carrière. Avec la commande du couvent des Missionnaires du Sacré-Cœur sur l'Erasme Ruelensvest à Louvain, il eut l'occasion, un an plus tard seulement, de prouver sa capacité à gérer des ensembles de plus grande envergure. Après la Seconde Guerre mondiale, il construisit des monastères, des écoles et des maisons de retraite pour les Pères Picpus, les Annonciateurs, les Salésiens et les Conventuels, principalement à Louvain et dans ses environs. Parmi ses réalisations les plus importantes de cette période figurent l'Entrepôt public de Louvain, l'église Saint-Dominique-Savio à Dilbeek et l'église Saint-Joseph à Louvain.



il y a même un vitrail (non satanique) représentant la Cène ...

... et un orgue Cavaillé-Coll comme chez nous)



Victor Broos, aux côtés de Jacques Van Meulebrouck, J.B. Lauwers, Josse Franssen, Alphonse Marchal et des frères Jacques et Paul Stevens, compte parmi les figures majeures de l'Art déco à Louvain. L'architecture moderne ne s'implante à Louvain que vers 1932, atteint son apogée vers 1935-1936, avant de stagner à partir de 1937. Cette courte période coïncide avec le début de la carrière de Victor Broos, qui conçoit la « Villa Roma » à l'âge de vingt-six ans, deux ans après l'obtention de son diplôme. Avec la « Villa Gai Soleil », construite la même année plus bas sur la Tienseteenweg, et la maison Claerhout, datant de 1935, sur la Koning Albertlaan à Kessel-Lo, la « Villa Roma » est l'une des réalisations les plus emblématiques du modernisme chez cet architecte. L'interprétation personnelle du modernisme par Broos puisait son inspiration davantage dans le modernisme tactile de la brique d'Henry van de Velde ou de Willem Marinus Dudok que dans le fonctionnalisme radical du Style international. Il n'appliqua jamais les préceptes de cette architecture puriste, formulés par Le Corbusier dans "Cinq points pour une architecture nouvelle", pas plus que ses confrères progressistes de Louvain. L'expressionnisme formel issu de l'École d'Amsterdam, qui imprégna ses premières réalisations, reprit le dessus dans ses projets résidentiels vers la fin des années 1930. Un exemple typique de ce modernisme atténué, qui cherche un compromis avec l'architecture traditionnelle, est la « Villa Coin Fleuri » de 1938, située plus haut sur la Tienseteenweg. L'architecture de Victor Broos de l'après-guerre, notamment sa production abondante de maisons et d'appartements, s'éleva rarement au-dessus de la banalité du quotidien.

Pour Michel Decq, la villa Roma a été un coup de cœur immédiat. "En tant que médecin généraliste, mon père se rendait souvent chez l’ancien propriétaire", raconte sa fille Louise Decq. "Lorsque la maison a été mise en vente en 2001, il s’y est tout de suite intéressé. Le projet était de venir y habiter à la retraite." 








que vous ai-je appris ?

une verrière sur la terrasse signale un vitrail dessous :





La famille Decq a été séduite par le style et l’histoire de la maison. Si la villa se trouve aujourd’hui le long d’un axe routier très fréquenté, elle a été initialement bâtie comme une résidence secondaire ou une maison de vacances.

"Après la Première Guerre mondiale, de nombreuses maisons ont été construites le long des chaussées", explique Liedewij Elsen, conseillère en politique patrimoniale de la ville de Louvain. "C’était particulièrement prisé par la bourgeoisie, les personnes qui avaient les moyens. Elles quittaient le centre-ville densément bâti, qu’elles jugeaient sale et malsain".

sale et malsain...

... je ne fais pas de commentaire : on dirait que cela recommence, du moins en France ?

A l'époque, habiter le long d’une chaussée avait une tout autre connotation. "Aujourd’hui, les gens ont plutôt tendance à éviter ces endroits pour y habiter. Mais avec l’essor de l’automobile, vivre le long d’une chaussée était une forme de prestige", explique Liedewij Elsen. "Pour des architectes comme Victor Broos, construire le long de ces axes était aussi un grand honneur. C’était également une façon de montrer qu’on avait les moyens".

On trouve ainsi de nombreuses maisons modernistes à partir de la Philipslaan, un style architectural très en vogue à l’époque. "Beaucoup de ces bâtiments ont été préservés. Aujourd’hui encore, le paysage le long de la chaussée ressemble en grande partie à ce qu’il était il y a une centaine d’années."

Après plus de 70 ans d’existence, la villa moderniste était loin d’être prête à accueillir Michel et Anita. Après plusieurs années d’abandon, la maison était complètement délabrée. "Les murs de la chambre étaient recouverts d’une couche de moisissure de dix centimètres d’épaisseur", explique Louise. "Il y avait même des champignons dans la cuisine."

Ce n’était pas le seul problème : au fil des ans, une grande partie du projet architectural d’origine avait disparu sous les transformations successives. Michel et Anita se sont donné pour mission de restaurer la maison dans le respect du projet initial de Victor Broos.

Nous avons dégagé tous les petits carreaux du sol. Ils étaient enfouis sous des couches de ciment, de chape et de moquette…

Ils ont également fait appel à leur fille Louise. "Après mes études, j’y ai vécu pendant plusieurs années avec mon mari, raconte Louise. Nous avons beaucoup participé à la restauration : c’était en quelque sorte notre loyer. Nous avons, par exemple, dégagé tous les petits carreaux du sol. Ils étaient enfouis sous des couches de ciment, de chape et de moquette… C’était devenu une sorte de lasagne. Nous avons recherché la couleur et l’emplacement de chaque carreau pour reconstituer le sol à l’identique."













Des murs au mobilier, en passant par les poignées de porte et les fenêtres, tout a été restauré. "C’était un travail colossal", dit Louise en riant. "La maison est une sorte d’œuvre d’art totale, vous savez. Heureusement, c’était devenu une véritable passion." La villa a également été modernisée au fil des travaux, avec notamment une nouvelle installation électrique et un nouveau système de chauffage.

Le travail de la famille a été récompensé en 2017, lorsque la ville de Louvain a décidé de protéger la villa. Cette protection implique des contraintes importantes, explique Liedewij Elsen. "Si un futur propriétaire souhaite effectuer des travaux, le projet est presque toujours examiné par la ville. Les règles sont plus strictes que pour une habitation ordinaire. Nous évaluons chaque fois si la valeur architecturale du bâtiment sera préservée. C’est ainsi que nous protégeons ces maisons pour les générations futures."

Cette reconnaissance compte beaucoup pour la famille Decq. "Mon père était extrêmement heureux", raconte Louise. "C’est vraiment son bébé et, désormais, il a la certitude que tout le travail que nous avons accompli sera préservé."




La maison est pourtant aujourd’hui mise en vente. "Mes parents ont encore pu y vivre quelques années, mais pas aussi longtemps qu’ils l’avaient prévu, explique Louise. Mon père vit désormais dans une maison de repos et de soins, et ma mère ne pouvait pas continuer à y habiter seule."

Louise parle de la villa Roma avec beaucoup d’émotion. "Pour moi, c’est vraiment la plus belle maison du monde. J’aurais aimé que mes enfants puissent y loger pendant leurs études et, qui sait, m’y installer moi-même plus tard. Mais les choses ne se sont pas passées ainsi. C’est désormais à d’autres de prendre le relais. Je suis certaine que nous trouverons un propriétaire qui, lui aussi, sera très attaché au patrimoine."

vous voyez ? Louise vous attend, Louvain vous attend, 
vous n'avez aucun avenir à Paris

devenez Belge, à Louvain ! 




et derrière, un immense jardin vert vous offre l'air de Louvain

l'herbe

et au fond, il est possible de mettre un parc-à-poules

pour avoir des oeufs frais

chaque matin ! 



l'Hôtel de ville de Louvain, intact
est encore plus beau que celui de Limoges, brûlé par des émeutiers

 mais le top, dès  17 heures, c'est le plus long comptoir de bière d'Europe :


Stella Artois trouve ses racines en 1366, lorsque la brasserie Den Hoorn fut fondée à Louvain, en Belgique. Den Hoorn joua un rôle central dans la communauté, et son nom, signifiant « la corne », devint un symbole de qualité et de tradition brassicole.

En 1708, Sébastien Artois rejoignit la brasserie en tant que maître brasseur. En 1717, il acheta Den Hoorn et rebaptisa la brasserie « Brouwerij Artois ». La bière Stella Artois, dont le nom signifie « étoile » en latin, fut lancée pour la première fois en 1926 comme bière de Noël et devint rapidement populaire pour son goût et sa qualité. Les premiers panneaux publicitaires la présentaient devant l'étoile de Noël.


Jack Martin play on dobro :
Here's Kailey Starks doing Blue Kentucky Girl


Trump a perdu ses midterms ! 

lundi 2 novembre 2026

La torratxa de la Casa Navas restaurada inaugurarà el 12 de novembre !









26 août 2025

Empiezan las obras de reconstrucción

"La Casa Navàs de Reus a officiellement entamé les travaux de reconstruction de sa tour d’origine, détruite en 1938 lors d’un bombardement de la guerre civile espagnole. La reconstruction est entièrement financée par le groupe MaserGrup et devrait être achevée au cours du premier trimestre 2026". Les travaux ont subi un peu de retard, on ne leur en veut pas ! Cette semaine, l’installation des échafaudages nécessaires à l’élévation de la nouvelle tour a commencé, permettant de restituer l’apparence imaginée par Lluís Domènech i Montaner au début du XXe siècle.

Un gros chantier, j'en rêvais depuis 2012

https://babone5go2.blogspot.com/2012/05/casas-navas-et-lleo-morera.html

Après la restitution du frontispice en 2020, la propriété souhaitait compléter la façade originale et reconstruire la tour qui dominait autrefois l’angle entre la rue Jesús et la place du Mercadal. Depuis plusieurs semaines, les artisans préparent dans leurs ateliers les blocs de pierre, les vitraux et les éléments en fer forgé que l’entreprise Constècnia commence désormais à installer, selon le projet technique élaboré par les architectes Joan Tous et Pau Jansà.

Au cours de la dernière semaine d’août, les échafaudages ont été mis en place afin de permettre l’installation d’une structure interne en acier inoxydable, exigée par les normes actuelles de sécurité et inexistante dans la tour originale. Cette structure sera solidement fixée à l’édifice, ce qui nécessitera le démontage partiel de la toiture actuelle.

 https://www.youtube.com/watch?v=UgrdTnLN2Zo



j'ai attendu ce moment 14 ans

Une fois la structure métallique installée, les blocs de pierre sculptés par le maître tailleur de pierre Florenci Andreazini, issus de la même roche de Vinaixa qu’utilisait Domènech i Montaner, seront posés. Bien qu’il ait été envisagé d’assembler entièrement la tour dans les ateliers de Constècnia, la précision extrême requise a conduit à un montage partiel en atelier, puis à l’achèvement final directement sur le bâtiment.

https://www.youtube.com/shorts/_Rn1kyC7vgs

Les étapes suivantes comprendront la pose des vitraux réalisés par le maître verrier Joan Serra Renom (L’Art del Vitrall, Sabadell) et l’installation des éléments en fer forgé créés par Marc Herrero Baró, dont la réplique du navire de Jaume I qui couronnera la tour. L’original sera conservé comme pièce muséale.

les façades ont été scannées en 3D, et voici les vitraux en première, je ne les ai pas trouvés sur le site du verrier


Comme presque aucun élément original n’a survécu, la reconstruction utilise des matériaux neufs fidèlement reproduits à partir de documents historiques. La complexité technique du projet explique le retard des travaux, mais garantit un résultat final précis et respectueux de l’œuvre initiale.

https://www.3cat.cat/3catinfo/la-casa-navas-de-reus-recupera-la-torratxa-perduda-per-la-guerra-civil-aixi-shi-treballa/noticia/3394160/

Cette reconstruction marque une étape décisive pour permettre à la Casa Navàs de retrouver l’intégralité de son profil moderniste et d’enrichir le patrimoine architectural de Reus.

---o---

Reus fut l’une des villes catalanes les plus bombardées pendant la guerre civile espagnole. Lors d’un des nombreux bombardements subis par la vieille ville, le 26 mars 1938, une bombe frappa directement la Casa Navàs, à la suite de laquelle elle perdit une grande partie du dernier étage et du toit, ainsi que le frontispice et le coin tour.

Après la guerre, entre 1940 et 1943, Joaquim Blasco et Maria Font de Rubinat firent reconstruire le deuxième étage pour le rendre à nouveau habitable, mais pour des raisons budgétaires, ils durent se passer des éléments ornementaux de la façade, comme le frontispice ou la tour. La façade de la Casa Navàs a conservé cet aspect inachevé jusqu’à ce que le propriétaire actuel l’acquière en 2018 et se fixe pour objectif de lui redonner sa physionomie d’origine. Deux ans plus tard, en 2020, le frontispice a été récupéré, la restauration la plus ambitieuse jamais réalisée dans la maison jusqu’à présent, et en 2025, ce sera le tour du toit.

la tourelle est remplie de sculptures comme cette gargouille


 dernière étape : la reconstruction de la tour

Après la restitution du frontispice, la propriété de Casa Navàs a voulu matérialiser la reconstruction définitive de la façade et ériger à nouveau l’unique tour qui présidait l’angle du bâtiment avant la guerre. La maison aura donc désormais non seulement le design intérieur original conçu par Domènech i Montaner, mais aussi l’extérieur qui évoquait jusqu’à présent un bâtiment inachevé.

Entre 2022 et 2023, les architectes Joan Tous et Pau Jansà et le restaurateur conservateur Pau Arroyo, la même équipe qui a repris le frontispice, ont développé le projet de reconstruction de la tour. Pour être le plus fidèle possible au projet original, Arroyo a réalisé une étude laborieuse basée sur la documentation photographique et graphique trouvée, à partir des fragments conservés dans la Casa Navàs ou ailleurs, et dans d’autres bâtiments de Domènech i Montaner.

À la mi-2023, la Commission Territoriale du Bien Culturel du Camp de Tarragone de la Generalitat a donné son feu vert à l’intervention proposée, une étape essentielle, car la Casa Navàs est classée Bien Culturel d’Intérêt National (BCIN). À partir de ce moment, le processus de sélection de l’entreprise qui devait se charger de la reconstruction a commencé et, finalement, c’est Constècnia de La Selva del Camp qui a été choisie. Selon le calendrier prévu, entre les mois de juin et décembre de cette année, la réplique de la tour sera construite en atelier et, début janvier 2025, elle commencera à être placée au sommet de la Casa Navàs. Tous les travaux sont financés par le groupe d’entreprises Masergrup et l’objectif est qu’il pourra être inauguré avant la période de Pâques.

Reconstruction par des entreprises leaders

Sous la direction de Tous et Jansà, le projet sera exécuté par l’entreprise Constècnia. Cette entreprise de construction de Selva del Camp s’est également chargée de la récente restauration de l’intérieur du magasin de tissus de Casa Navàs et possède en outre une vaste expérience dans les projets de réhabilitation ou de reconstruction de monuments historiques. Il a travaillé, par exemple, au château de La Selva del Camp, au théâtre romain de Tarragone, au couvent des arts d’Alcover, au monastère de Santes Creus, au musée Mas Miró de Mont-Roig del Camp, à l’église du monastère-château d’Escornalbou ou les châteaux d’Albiol ou d’Ascó.

De son côté, l’entreprise L’Art del Vitrall s’occupera des vitraux qui brillaient sur la tour. Cet atelier, connu de Casa Navàs, car il a déjà restauré certains vitraux intérieurs, a ouvert ses portes au centre de Sabadell en 1984 et, depuis lors, s’est spécialisé dans la création et dans la restauration de vitraux, sous la direction du maître verrier Joan Serra Renom.

Les travaux de pierre seront réalisés par Florenci Andreazini, le maître tailleur de pierre de La Selva del Camp. Comme pour Domènech, la pierre utilisée pour la reconstruction proviendra de Vinaixa et dans ce cas sera fournie par les frères Balagué. Après une importante réflexion, il a été décidé que, comme cela a été fait pour le frontispice, les motifs ornementaux de chacune des pièces en pierre seraient sculptés à la main.

Enfin, ce sera Juli Rio Peris, artisan de la forge de Bellver de Cerdanya qui se chargera de réaliser tout le travail du fer qui culmine dans la tour Casa Navàs ; parmi lesquels se distingue le navire Jaume I, qui préside l’œuvre.

Processus de reconstruction de la tour

Pratiquement, aucune pièce originale de la tour n’est conservée ; par conséquent, de nouvelles pierres et vitraux seront utilisés pour la reconstruction, à l’image et à la ressemblance des originaux.

Ce qui sera utilisé sera une grande partie des fers qui couronnaient la tour et qui servaient à soutenir une girouette qui indiquait les points cardinaux et culminait avec un navire qui symbolisait un bateau de Jacques Ier dans la conquête de la Méditerranée. Bien que le navire soit préservé, car il est en mauvais état et nécessiterait d’importants travaux de restauration et de reconstruction, il a été décidé de conserver la pièce comme pièce de musée et d’en reproduire une nouvelle.



La tour a une hauteur de huit mètres, à laquelle s’ajoute un mètre et demi de belvédère en fer, et son diamètre est d’un mètre et demi. En raison de sa structure élancée, la construction de cette pièce est bien plus complexe que celle du frontispice et nécessite une précision millimétrique. C’est pour cette raison que, suivant le même système que pour les tours de la Sagrada Família, il a été décidé que l’ensemble de l’œuvre serait d’abord construit dans l’un des entrepôts de Constècnia. Après avoir vérifié que tout s’emboîte parfaitement, il sera démonté puis transféré à Casa Navàs pour l’assemblage final par blocs.

Dans les deux cas, la structure métallique en acier inoxydable sera d’abord érigée, ainsi que les escaliers, puis les éléments en pierre liés à la structure métallique seront assemblés. Enfin, les vitraux et les pièces décoratives en fer forgé seront placés. Les travaux devraient durer dix mois, sept en atelier et trois sur la Plaça del Mercadal. 

Description de l’ancienne tour de Casa Navàs

La tour était située dans l’angle entre les façades de la Rue de Jesús et de la Plaça del Mercadal, et était formée de deux corps de plan octogonal. Le corps inférieur était situé à la hauteur du deuxième étage de la maison, et y était accolé ; tandis que le haut du corps présentait les huit faces visibles, car il dépassait de la ligne de la corniche et atteignait jusqu’à 17,50 mètres au-dessus du niveau de la place.

Entre les deux corps, ainsi qu’au début de la tour et de sa couronne, se trouvait une ceinture de pierre décorée de motifs végétaux sculpturaux, délimitée par des corniches de types et de styles variés. Sur la ceinture centrale entre les deux corps, sur la face perpendiculaire au coin, se trouvait une gargouille en forme de dragon. Toutes les faces visibles de la tour étaient recouvertes de verre dépoli rectangulaire et terminées au sommet par des vitraux aux motifs végétaux floraux.

Au sommet, il y avait une bande de pierre sculptée, en forme de balustrade octogonale. Dans la partie supérieure, se trouvait un belvédère composé d’éléments en fer forgé, avec des motifs végétaux. Du centre du belvédère était érigée une barre verticale au sommet de laquelle se trouvait une rose des vents indiquant les points cardinaux, également en fer couronné par un navire qui symbolisait celui de Jacques Ier. La fonction de la tour était décorative et de point de vue.


 

La Casa Navàs est en constante restauration

Depuis son ouverture au public, la propriété de Casa Navàs travaille constamment à la conservation et à la restauration de ce bâtiment moderniste. En fait, des actions d’amélioration sont souvent entreprises en interne.

Ces dernières années, l’ancien atelier de tissus et l’escalier intérieur – connu sous le nom d’escalier de service – ont été entièrement restaurés, et des interventions ont été réalisées dans des domaines tels que les vitraux et la menuiserie, qui comprennent la réparation des sols et le traitement des fenêtres et des stores. Et à l’extérieur, les anciennes lampes existantes sur la façade de la rue de Jesús ont été restaurées.

Mais sans aucun doute, le travail le plus remarquable jusqu’à présent a été la restitution du frontispice réalisée en 2020.

j'ai hâte de vous montrer la façade terminée de retour de notre voyage sur place ! 


je vous montre, en exclusivité 

avec les lumières de Noël : 


la guitariste : Alexandra Whittingham :

elle joue pour nous Isaac Albéniz – Asturias (Leyenda), Suite española, Op. 47