Avec plaisir. Voici une synthèse des 50 décisions (regroupées lorsqu'elles relèvent d'un même thème), avec l'argument du rapport de l'Institut Thomas More et une mise en perspective. Je distingue volontairement ce que dit le rapport des principales critiques ou contre-arguments, afin de rester équilibré.
Période Décision Critique formulée par le rapport Principales objections ou nuances
1975 Collège unique Baisse du niveau scolaire D'autres études soulignent qu'il a aussi démocratisé l'accès au secondaire.
1976 Regroupement familial Début d'une immigration durable Les défenseurs rappellent qu'il découle d'une décision du Conseil d'État et du respect du droit à la vie familiale.
1979 Numerus clausus Pénurie de médecins La démographie médicale dépend aussi du vieillissement et de la répartition territoriale.
Années 1980 Politique de la ville Développement des quartiers sensibles Les évaluations sont contrastées selon les territoires.
1981-82 Nationalisations Affaiblissement de l'économie Certaines entreprises ont ensuite été redressées avant privatisation.
1982 Retraite à 60 ans Explosion des dépenses sociales Les partisans invoquent le partage des gains de productivité et la justice sociale.
1982 Décentralisation Multiplication des échelons administratifs Elle a aussi rapproché certaines décisions des collectivités locales.
1981-83 Suppression de la peine de mort, diverses réformes judiciaires Affaiblissement de l'autorité La peine de mort est aujourd'hui largement rejetée en Europe ; le lien avec la criminalité est débattu.
1988 RMI Dépendance à l'assistance Les défenseurs soulignent son rôle contre la grande pauvreté.
1989 Loi Jospin sur l'école Primat de la pédagogie sur les savoirs Le débat reste vif entre approches pédagogiques.
1992 Maastricht Perte de souveraineté Les partisans mettent en avant la stabilité monétaire et le marché unique.
Années 1990 Multiplication des normes européennes Bureaucratie Beaucoup de normes sont également demandées par les États membres.
1998-2000 35 heures Perte de compétitivité Plusieurs études constatent aussi des créations d'emplois au début de la réforme.
Années 2000 Fiscalité croissante Découragement de l'investissement D'autres analyses insistent davantage sur l'impact de la mondialisation.
2014 Vente d'Alstom Énergie Perte d'un fleuron industriel Cette opération reste très controversée aujourd'hui.
2015-2025 Politiques énergétiques Fragilisation du nucléaire Les choix ont été portés par plusieurs gouvernements successifs.
2025 EVARS Critique idéologique du programme Le ministère met en avant un objectif d'éducation à la santé et au respect.
Les décisions attribuées à Emmanuel Macron (2017-2025)
Le rapport ne fait pas porter la responsabilité du déclin uniquement sur Macron ; il présente plutôt sa présidence comme la continuité de tendances anciennes.
Les décisions qu'il critique concernent principalement :
Immigration Régularisations jugées trop nombreuses, insuffisance des éloignements
Éducation Réformes des programmes et de certaines orientations pédagogiques
Transition énergétique Fermeture ou ralentissement de certains projets nucléaires et développement jugé excessif des renouvelables
Finances publiques Déficits persistants malgré une croissance retrouvée avant la crise sanitaire
EVARS Dernière décision du rapport, considérée comme emblématique d'une évolution culturelle
En revanche, le rapport ne critique pas plusieurs mesures emblématiques de Macron :
réforme des retraites (64 ans) ;
ordonnances Travail ;
baisse de l'impôt sur les sociétés ;
réforme de l'assurance chômage ;
politique de réindustrialisation (qui est même évoquée de manière plutôt favorable sur certains points).
Si l'on regarde les 50 décisions par thème
Le rapport insiste surtout sur cinq causes profondes :
1. École (≈ 20 % des décisions)
Pour les auteurs, c'est la cause principale du déclin. Ils considèrent que la baisse du niveau scolaire explique ensuite : la perte de compétitivité ; la crise civique ; les difficultés d'intégration.
2. Immigration
Ils voient le tournant majeur dans le regroupement familial de 1976, puis dans une succession de décisions juridiques et politiques qui auraient limité la capacité de l'État à maîtriser les flux.
3. Dépenses publiques
Le rapport critique : retraite à 60 ans ; RMI puis RSA ; hausse continue des dépenses sociales ; multiplication des collectivités.
4. Désindustrialisation
Les auteurs mettent en avant : Maastricht ; ouverture commerciale ; fiscalité ; vente d'Alstom ; recul du nucléaire.
5. Justice et sécurité
Ils estiment que plusieurs réformes auraient progressivement réduit l'autorité de l'État.
Ce qui est sans doute le plus intéressant
En lisant les 112 pages, on constate que le rapport ne soutient pas que la France a été "coulée" par une ou deux erreurs spectaculaires. Sa thèse est plutôt celle d'un effet cumulatif : cinquante années de décisions jugées cohérentes entre elles, qui auraient progressivement produit le déclin observé.
Autrement dit, dans cette lecture, ni Giscard, ni Mitterrand, ni Chirac, ni Sarkozy, ni Hollande, ni Macron ne seraient seuls responsables. Chaque présidence aurait ajouté quelques décisions à une trajectoire de long terme.
C'est une grille de lecture cohérente, mais elle reflète une vision idéologique identifiable (libérale-conservatrice). De nombreux chercheurs contesteraient le poids attribué à certaines réformes ou mettraient davantage l'accent sur d'autres facteurs comme les chocs pétroliers, la mondialisation, la désindustrialisation mondiale, les évolutions démographiques ou les crises financières.
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Pour ma modeste part, j'imagine que la Gouvernance française ferait des économies spectaculaires en virant tous les politiques inutiles, et en les remplaçant par quelques Fonctionnaires scrupuleux, prenant leurs décisions après vérification de l'état des lieux. Décisions murement calculées. Evaluation ex post des décisions prises. Rectifications après évaluation des décisions. Comparaison permanente avec les Etats européens voisins.
Tout cela aurait lieu dans des immeubles de bureaux vides, modernes et climatisés, et tous les Palais dorés seraient consacrés à un tourisme de masse international rentable avec la devise :
"voyez comme les Princes français dits "républicains" succédant aux Rois et Révolutionnaires les ayant précédés ont ruiné la France ... par une gabegie incroyable....
...le Pays ne peut se redresser que par la Règle d'Or, et le recours à la Raison"
pouvons-nous nous redresser ?
qui peut bien être le Redresseur ?