lundi 14 septembre 2026

Ludwig von Hofmann Peintre romantique allemand

 


"Je suis peintre, de quelque nationalité qu'elle soit, mais Allemand romantique davantage encore, et je veux représenter la Création. La Nature avec un N majuscule. La vie bref, il me faut de l'eau pure. De l'herbe, des arbres et quelques fleurs. Mais la cerise sur le gâteau si je puis dire, il me faut une Allégorie : une Eve seule et pensive au bord de l'eau, dans le plus simple appareil, et sa présence ajoute le quelque chose de sacré, qui signifie que toute cette Beauté ne vient pas de rien ni du hasard seul : c'est l'oeuvre de quelque chose qui nous dépasse".

Aujourd'hui, malgré l'Argent, la Science, l'Intelligence artificielle et la Chimie phytosanitaire, tout cela reste aussi vrai. Pourtant notre Ludwig est mort depuis 1945 ! 

Ludwig von Hofmann, né à Darmstadt le 17 août 1861 et mort à Pillnitz le 23 août 1945, est un peintre allemand.

Il étudie à l'Académie de Dresde, son maître est son oncle Heinrich Hofmann, puis à Munich et à Karlsruhe. Il étudie à Paris à l'Académie Julian, en 1889 et 1890 et subit l'influence d'Albert Besnard et de Pierre Puvis de Chavannes, qu'il rencontrera. Il se trouve confronté à l'art de Hans von Marées qu'il découvre en 1892. De 1890 à 1903, il a surtout vécu à Berlin, où il s'est fait connaître comme membre du groupe des Onze, comme cofondateur de la revue Pan et de la Sécession. En 1899, il épouse une cousine, Eleonore Kekulé von Stradonitz, union restée sans enfants.

Son monde pictural est peuplé de personnages dans des paysages idéalisés. En 1903, il est nommé professeur à l'École des beaux-arts de Weimar et il fonde la Société des Artistes allemands : le Künstlerbund. De 1916 à 1931, il enseigne la peinture monumentale à Dresde. Il voyage en Grèce et fait plusieurs séjours en Italie. Son œuvre est à la fois saine et éthérée avec des personnages idéalisés, antiquisants, exaltant la jeunesse et la beauté virile et qui animent des compositions intemporelles avec calme et mesure, dans une sorte d'Arcadie de rêve. Ses tableaux étaient fort appréciés de Thomas Mann qui lui acheta en 1914 La Source (Die Quelle), représentant de jeunes garçons au bord de l'eau. Cette toile demeura dans la chambre de Thomas Mann jusqu'à sa mort.

Hofmann est un des grands représentants du néo-idéalisme allemand. 

forcément, Ludwig qualifié "d'antiquisant" a voulu montrer sa vision d'Eve et Adam, je les remets dans le bon sens ! 

ballade sympa à la découverte du Paradis

il faut qu'Eve fasse attention : il semble y avoir d'autres meufs nues dans le bosquet ?

ici le registre est plus classique : les pommes d'or du jardin des Hesprides ; le serpent qui sussure à l'oreille gauche d'Eve ; Adam en Aryen blond


Après avoir croqué la pomme, Adam se casse

tout le naturisme allemand de l'esprit sain dans un corps sain est là, avec des mecs nus qui se courrent après, notre candidat Attal devrait se sentir à l'aise :


voyez le tableau : une meuf s'est éprise de Narcisse

mais lui, se mire dans l'eau pour s'admirer

il a un si joli ... zizi !


Badende Knaben signifie : "enfants se baignant"

voici à nouveau une Mädchen qui tente de séduire un garçon ...bien imperturbable

pourtant elle arbore une bien jolie poitrine

le titre ? Idylle ! tiens ? 

le voici en couleurs


se déshabille-t-elle, ou, l'étreinte passée... se rhabille-t-elle ?

elle remet ses cheveux, est-ce la seconde hypothèse ?

Oui, cela expliquerait l'attitude de l'amant : il récupère, ce qui expliquerait sa placidité, un peu passif, non ?

il y a un sous-titre :

 Ludwig_von_Hofmann_Idyll_(Männlicher_und_weiblicher_Halbakt_in_der_Landschaft)_-_7990_-_Kunsthistorisches_Museum

Pour les non germanophiles, "Männlicher_und_weiblicher_Halbakt_in_der_Landschaft" peut se traduire par "demi-nu masculin et féminin dans le paysage". Il ne faut sans doute pas trop gamberger, l'Idylle n'en est sans doute qu'au tout début ? En tous cas, le mec parait totalement nu, lui. 

Un autre "Adam und Eva" montre la suite ...si je puis dire, Eve a tout enlevé, Adam lui aussi crevé est allongé dans l'herbe, pendant qu'Eve attend debout la suite ...du second round, elle en redemande, je me demande si Adam était vraiment à la hauteur la première fois ?


d'ailleurs Idolino nous montre un jeune garçon, bien imberbe, bien pensif, pas loin de sa maman et de sa soeur enroulée dans son sac de couchage : il songe à son avenir, comment fera-t-il quand il sera grand ? Aimera-t-il les femmes ? Aimera-t-il les hommes ? Que la vie est donc incertaine, et compliquée pour les petits garçons ! 


Tant qu'on en est dans le romantisme allemand, les paysages, l'eau qui est en train de tant disparaitre aujourd'hui, les hommes, les femmes, voici une petite merveille, alliant sculpture et peinture :


le titre ? Paysage idyllique, avec une scène de bain 
dans un lac d'eau pure, alimenté par une source vive, toujours "die Quelle"

en voici une variante 


et puis une autre :


Badende Mädchen, ou jeunes filles au bain

Badende am Meer

baigneuses au lac


alors que font les jeunes filles (une fois sèches) sorties du bain : elles dansent !


et même, les garçons les rejoignent




un garçon (des plus intrépides), en emmène deux à la fois...

... mais c'est pour les protéger de la tempête qui arrive


 l'une d'entre elles, la plus jolie, attire Zeus transformé en taureau, et devient Europa


si je parle de source, voici une Rebecca à la fontaine
en réalité une "femme agenouillée avec chignon"
le poids de la cruche la force à une attitude princière cambrée

comme autrefois Epstein forçait les jenes mannequins au maintien en les faisant défiler nues un dictionnaire sur la tête, mais -"il ne se passait rien à Paris" ! 


la source attire toujours les humains, mais ceux-là ne demandent pas les services d'une nana


il s'agit de la fameuse "die Quelle", la toile qui demeura dans la chambre de Thomas Mann jusqu'à sa mort.

là aussi c'est : "die Quelle", la source

femmes à la source dans la forêt



voilà ce qui me plait, chez des Personnes, un peintre, le Pape, qui reconnaissent les bienfaits de l'eau


les mecs sont toujours là, toujours entre eux, ils se cherchent ou quoi ?

là ils construisent un mur


là ils pêchent


ils font du skiff


là, ils se baignent dans les rochers


un autre monte à cru à cheval

même si vous n'êtes pas féru d'équitation, pensez au risque que prend le cavalier qui ne met pas de slip et fait du trot sans selle ?





en réalité, les chevaux, le bain, tout cela est possible en bord de mer



revoilà nos baigneurs sortant du bain, c'est "Bleu vif"


l'Allemagne romantique en paix pouvait être attachante :

les hommes et les femmes avaient l'air heureux

c'est cela le romantisme :

d'Arcadia :


Arcadia (ou Arcadie en français) désigne une terre idyllique, un paradis pastoral et un lieu de paix et de bonheur où l'humain vit en harmonie parfaite avec la nature. Dans la mythologie, cette région était isolée et associée au dieu Pan, représentant un mode de vie simple, rustique et proche des troupeaux.

l'Arcadie est devenue un symbole littéraire et artistique
 représentant un âge d'or, 
un havre de paix loin des conflits et du stress des villes.  



aujourd'hui, ce pourrait être le pastoralisme (habillé)
dans les estives pyrénéennes
au milieu des troupeaux transhumants des moutons

avec le berger Pâris qui juge la plus belle des belles


et avec les évocations laissées par Nicolas Poussin (1638-40_le Louvre)


L’Arcadie est une région montagneuse du Péloponnèse, longtemps restée isolée. Dans l’Antiquité, elle était occupée par des bergers vivant de l’élevage de moutons et de chèvres. Cet isolement géographique et ce mode de vie étaient propices à faire naître des légendes. Selon certaines, Zeus lui-même serait né en Arcadie. Mais l’Arcadie est surtout la patrie du dieu Pan, divinité de la nature, protecteur des troupeaux et des bergers. L’un de ses attributs les plus connus est la flûte.

La poésie antique s’empara du mythe de l’Arcadie, mais assez tardivement. Théocrite (310-250 avant JC) crée un genre poétique nouveau, la poésie bucolique, comportant des bergers animés de sentiments raffinés. Mais les bergers de Théocrite habitent la Sicile. C’est le poète romain Virgile (70-19 avant JC) qui, dans ses Bucoliques, plaça les bergers chantant l’amour en Arcadie.

La Renaissance, en reprenant contact avec les poètes antiques, fit de l’Arcadie un pays mythique, le pays du bonheur, peuplé de bergers vivant en parfaite harmonie avec la nature.

Le mythe de l’Arcadie se rattache ainsi à une dimension présente dans beaucoup de civilisations, celle du paradis perdu, de l’âge d’or. Il s’agit d’un monde idyllique et bucolique où l’homme vivait à l’état de nature, libre, sans les contraintes de la société. Pour les chrétiens, il peut s’agir du monde d’avant le péché originel, le paradis terrestre.

Trois bergers d’Arcadie, et une femme, examinent attentivement une tombe. Une relation amoureuse existe vraisemblablement entre l’un des bergers et la femme qui lui pose la main sur l’épaule.

L’homme agenouillé désigne une inscription gravée dans la pierre et qui est lisible sur le tableau de Poussin : ET IN ARCADIA EGO (Moi, j’existe aussi en Arcadie). Comme il s’agit de bergers vivant de façon fruste dans les montagnes d’Arcadie, la lecture est un exercice difficile et le déchiffrement s’impose. Le berger suit donc avec le doigt les mots mystérieux comme un enfant qui apprend à lire.
 

Visiblement, Poussin a voulu montrer un groupe de personnes jeunes supputant sur le sens de l’expression inscrite sur la tombe. La femme, une main sur la hanche, réfléchit. Le berger en tunique rouge lui soumet une hypothèse. Le berger debout suit attentivement la lecture.

Selon les normes de la peinture classique, le peintre encadre la scène principale, placée au centre du tableau. Apparaît ainsi un paysage montagneux représentant bien l’Arcadie dans l’esprit des contemporains. Poussin n’est jamais allé en Grèce et s’inspire du paysage italien, aride avec quelques arbres des régions méditerranéennes.

Cette composition est ainsi un modèle de classicisme, d’où émane une parfaite sérénité, mais aussi une impression de nostalgie. La rencontre avec la mort dans une image de paradis perdu, en se conjuguant avec la retenue de l’expression classique, ne peut que faire naître des sentiments mélancoliques. Aucune audace chromatique n’apparaît, conformément à la doxa, mais pour illuminer sa composition, l’artiste habille ses personnages de tuniques rouge, jaune et le bleue.

La dimension sémantique de cette peinture a donné lieu à des dérives interprétatives multiples, comme il arrive parfois dans le domaine de l’histoire de l’art. Mais la signification du tableau est en réalité assez simple. Poussin propose de méditer sur la chose la plus naturelle qui soit : la mort. Elle est omniprésente et existe même en Arcadie. L’expression ET IN ARCADIA EGO doit s’interpréter de la façon suivante : Moi [la mort], j’existe aussi en Arcadie.

La vie en Arcadie représentant l’acmé de ce que peut espérer l’homme sur sa petite planète, il faut donc comprendre que l’immortalité n’est qu’un rêve. Quelle que soit sa félicité ici-bas, quelle que soit sa puissance, quelle que soit sa volonté, l’homme devra affronter la mort. Louis XIV a conservé ce tableau dans sa chambre à coucher pendant des décennies, jusqu’à sa mort. Il y trouvait sans doute à la fois l’harmonie pleine de retenue des compositions classiques et une leçon de philosophie sur la finitude de leur condition, adressée aux humains, aussi puissants soient-ils.

La sérénité parfaite avec laquelle Poussin évoque la mort en organisant visuellement le questionnement élégiaque de jeunes arcadiens sur ce thème universel a continué à séduire les amateurs d’art depuis plusieurs siècles. Evidemment, le sujet autorisant de multiples interprétations, les commentateurs ne se sont pas privés de plaquer sur l’œuvre des dissertations philosophiques ou religieuses. Il est d’ailleurs loisible à chacun d’en choisir une, sans perdre de vue l’essentiel : la rencontre de la jeunesse, de son insouciance, et même de son bonheur arcadien, avec la mort, c’est-à-dire la dimension tragique de la vie.




https://www.facebook.com/reel/910898158703622

Rose on Sharon Walz mit Jack Martin on dobro

samedi 12 septembre 2026

Fourmilion, la Tarasque à Tarascon

nous sommes à Tarascon

rive gauche du Rhône, Tarascon ; rive droite, Beaucaire

à Tarascon, la Cellulose est déjà liquidée

nous à 5GO, sommes toujours en sursis...

la Tarasque, la voici :

et celle qui l'a neutralisée selon le vocabulaire officiel, c'est Marthe

F.Combes est photographe et signe ses photos pour qu'on lui commande d'autres photos

et tous les ans, les Tarasconais trucident la Tarasque en souvenir :

https://www.facebook.com/reel/1026316549908480

Nous sommes en 1976

cela fait 50 ans ! 

nous arrivons en Arles, et je parcours la Provence à la recherche des papillons et autres insectes que m'a appris Jean-Henri Fabre, "le grand observateur" dixit Darwin, dont j'ai lu tous les bouquins

et je vais à Tarascon, fouillant les friches diverses frappées par le soleil

j'ai scrupuleusement conservé ma trouvaille :

des fourmilions


des adultes fourmilions, la date ?  9 juillet 1980 ! 





ne pas confondre avec un escalaphe !

L'adulte fourmilion n'a rien d'une fourmi, aucun rapport avec un papillon :  Les Myrmeleontidae forment une famille d'insectes névroptères dont les représentants sont généralement appelés fourmilions ou fourmis-lions. L'aspect de l'adulte rappelle les libellules. 

Leur particularité ? Certaines espèces sont connues pour le piège en forme de cône inversé que leur larve creuse dans la terre meuble, afin de capturer les petites proies (notamment des fourmis) qui tombent dans ce trou....

....c'est là que la larve me fait penser à la Tarasque : elle est cruelle, dispose de pinces, piège les fourmis, leur jette des tas de sable dessus, et les mange, vivantes, avec délices ! 


c'est là que je me souviens parfaitement d'avoir confirmé les observations de mon grand Maître Fabre

une fourmi tombée dans le cône, se fait lacérer par les grosses pinces


Avez-vous déjà vu dans la nature des petits trous en forme d’entonnoirs ou de cônes inversés ? Avez-vous déjà vu un insecte aux ailes transparentes ressemblant à une demoiselle (libellule), mais portant deux longues antennes ?

 Le nom scientifique du fourmilion, Myrmeleon, tire son nom des racines latines myrmex pour fourmi et leon pour lion. Cet insecte aux grandes mandibules à son stade larvaire est un prédateur vorace de fourmis et son piège est redoutable.


La larve du fourmilion creuse un trou en forme d’entonnoir plus ou moins creux selon sa taille. Elle attend patiemment au fond du trou, ne laissant entrevoir que le bout de sa tête et ses grandes et puissantes mandibules. Une fois qu’une fourmi tombe dans le redoutable piège, la larve essaie de l’agripper avec ses mandibules. Si la fourmi essaie de sortir, la larve lance du sable devant elle afin que cette dernière glisse jusqu’à son étreinte mortelle. Alors, la larve injecte un venin qui liquéfie l’intérieur de la fourmi pour ensuite s’en nourrir en aspirant le liquide interne.

Les fourmis sont ses proies de prédilection, mais on a observé des larves de fourmilion se nourrir aussi de petits coléoptères, de chenilles, de mites, de guêpes et d’araignées.

Le cycle vital peut être plus ou moins long selon la température, l’abondance des proies et l’endroit où s’installent les individus. L’adulte ne vit pas plus d’un mois et, une fois fécondée, la femelle va pondre un à un une série d’œufs, mélangés d’une sécrétion qui les colle au sol. Les larves se développent relativement lentement, sur une période allant jusqu’à trois ans. Une fois que la larve arrive à maturité, elle s’enferme dans une sorte de coque d’où sortira un adulte mature ailé. Les mâles prêts à s’accoupler produisent alors une phéromone qui attire les femelles et le cycle se répète.

voilà comment cela se passe dans la vraie vie, 

à Tarascon

la tarasque vit sous terre ! 

https://www.youtube.com/watch?v=snRr-k9bWaI



mes copains vous chantent "in the pines" :

https://www.facebook.com/reel/2303087927191751