lundi 8 juin 2026

L'INRA du Pérou à Tipon dès le XVè Siècle !


je vous emmène faire un tour dans les Andes ! 







Situé à une vingtaine de kilomètres de Cusco, Tipón est un site archéologique inca remarquable, connu pour son ingénieux système d’irrigation encore fonctionnel aujourd’hui. Le lieu se compose de vastes terrasses agricoles alimentées par un réseau complexe de canaux et de fontaines, témoignant de la maîtrise hydraulique des Incas. Voilà ce qui m'a attiré ! On ne peut pas dire que l'Hydraulique soit une science répandue dans notre pays à nous, qui laisse inonder ses maisons dès qu'il pleut un peu fort. Arles m'a plongé dans ce milieu fascinant durant neuf ans, et je m'amuse toujours de l'interprétation par les archélogues, de formation littéraire, quand ils décrivent des milieux techniques : pour eux, la religion  de nos ancêtres, (alors que nous au XXIè siècle ne croyons plus à rien sauf au pouvoir et à l'argent) bref tout est religieux quand ils ne comprennent pas ce qu'ils voient : Tipón aurait été ainsi officiellement un "site cérémoniel dédié à l'eau" ! Vous imaginez aujourd'hui le canal de Provence, mieux encore le canal de Craponne qui a crée la Crau irrigée avec son foin, un centre cérémoniel dédié à l'eau ? Avec des Offices solonnels, quelques exécutions de Jeunes filles Vierges (protégées dès l'enfance des pédophiles) pour les trucider dans les fontaines, et des prières au Soleil pour que les sources continuent de couler ? 





Voilà pourquoi j'ai fait l'hypothèse que les Incas avaient créé l'INRA dès le XVème Siècle, pour inventer l'agriculture irriguée de montagne, avec des terrasses tenues par des murs colossaux, et des canaux fignolés irrigant les terrasses, drainant les pluies, descendant chaque dénivelée par une cascade, terminée in fine par une fontaine colossale, servant à faire boire les convives à chaque récolte réussie, des cultures expérimentées sur les terrasses.

Tipón est un site archéologique inca situé dans la Vallée sacrée à 3 400 mètres d'altitude. Le site couvre une superficie de 239 hectares et se trouve à 22 kilomètres de Cuzco dans la commune de Choquepeda, dans le district d'Oropesa de la province de Quispicanchi. Il s'agit de grandes terrasses agricoles irriguées par un réseau de canaux d'eau alimentés par une source naturelle. Plusieurs ruines environnantes ont été fouillées et beaucoup sont visibles au-dessous du sol.

Le site se trouve près d'Oropesa dans la commune de Choquepeda au sud-est de Cuzco, le long de la route Cuzco-Puno. Il se compose d'enclos, de terrasses et d'un canal intact. Le complexe supérieur est traversé par le chemin de l'Inca et par un canal d'irrigation. Il fait partie de la liste des prouesses historiques en génie civil.

Le site était probablement utilisé comme un laboratoire de production agricole en raison des différents micro-climats qu'on peut y trouver. Tipón est considéré comme l'un des seize sites archéologiques les plus importants pour les touristes de la région. 

En plus d'être un complexe archéologique, le site abrite l'un des plus grands ouvrages en matière d'irrigation de terrasses, avec une grande distribution de canaux d'eau en plein air.

Le véritable but de Tipón est inconnu. Même le nom original du site inca n'est pas connu. La seule référence écrite possible peut être trouvée dans les Comentarios Reales de los Incas de Garcilaso de la Vega. Selon lui, après que l'Inca Viracocha a usurpé le pouvoir de son père, il ordonna qu'on construise un palace pour son père Yahuar Huacac. La localisation de ce palace est décrite comme proche de Cuzco, située entre le détroit de Muyna et Quepicancha, près de la rivière Tucay. Comme Tipón se situe dans une vallée entre deux montagnes et au-dessus de la rivière Urubamba, plusieurs archéologues pensent que de la Vega parlait de Tipón.


Il existe plusieurs captages et résurgences en amont de Tipón, alimentant tout le système hydraulique. Les archéologues pensent que les Incas ont soigneusement aménagé des sources naturelles provenant des pentes du Pachatusan, la montagne sacrée dominant le complexe.

Les eaux étaient ensuite réparties par gravité dans les canaux, bassins et terrasses du site. Une partie des sources semble avoir été canalisée dès leur émergence, ce qui rend parfois difficile de distinguer la “source naturelle” de l’ouvrage hydraulique inca lui-même. 



















que cultivait-on à Tipón ?

À cette altitude, plusieurs cultures andines étaient parfaitement possibles, surtout grâce aux terrasses irriguées (“andenes”) qui créaient des microclimats. Les chercheurs pensent que Tipón avait probablement une fonction de production agricole spécialisée et expérimentale.

Les cultures les plus plausibles : Maïs (maíz) ? oui, très probablement. Le maïs était une culture de prestige chez les Incas, associée au pouvoir et aux rites. Dans la région de Cusco, il pouvait être cultivé jusqu’à environ 3400–3500 m sur des versants bien exposés et irrigués. Plusieurs sources décrivent explicitement Tipón comme un espace agricole irrigué adapté au maïs. Pommes de terre et tubercules andins (oca, olluco, mashua) ? quasiment certain. Ces cultures étaient les bases alimentaires des Andes et prospèrent à ces altitudes. Quinoa et kaniwa ? très plausibles aussi, car très adaptés au froid et aux sols andins. Piments, herbes, plantes rituelles ? possibles dans certains microclimats créés par les terrasses.


Les terrasses de Tipón étaient en effet conçues pour retenir la chaleur solaire, limiter le gel nocturne, gérer l’humidité, et distribuer l’eau avec une précision remarquable. Les ingénieurs incas avaient même intégré des systèmes de drainage souterrain pour stabiliser les terrasses.

Tipón était-il une “ferme expérimentale” comparable toutes proportions gardées à l'INRA d'aujourd'hui ?

Je vous rappelle que l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) est un établissement public à caractère scientifique et technologique français sous la tutelle conjointe du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) et de celui chargé de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (MASA).

Créé en 2020, il est issu de la fusion entre l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture (IRSTEA). Selon son décret fondateur, l'INRAE a pour missions « de réaliser, d'organiser et de coordonner, sur son initiative ou à la demande de l'État, tous travaux de recherche scientifique et technologique dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation, de la forêt, de l'environnement, de l'eau, de la biodiversité, de la bioéconomie, de l'économie circulaire, de la gestion durable des territoires et des risques dans les champs de compétence précités ». J'avais dans les années 1980 des relations suivies avec le CEMAGREF d'Aix en Provence. Le Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts (Institut de Recherche pour l'ingéniérie de l'agriculture et de l'environnement) avait été créé en 1981. Il a été transformé, en 1985, en EPST (Établissement public scientifique et technologique) sous tutelle du ministère de la Recherche et du ministère de l'Agriculture. Le CEMAGREF, devenu IRSTEA, et a été absorbé par l'INRA en 2020 pour former l'INRAE. C'est là que j'avais appris que la pluie décennale locale de 1 heure était de 60mm, une intensité qui a largement augmenté avec le réchauffement climatique ! 

Que Tipôn en toux cas soit une ferme expérimentake, beaucoup d’archéologues le pensent.




Le site est souvent comparé à Moray, autre complexe agricole inca lié à l’expérimentation des microclimats, et doté de terrasses circulaires parfaites, tellement que l'on s'interroge sur les cérémonies pouvant avoir lieu au centre !  Plusieurs études modernes évoquent Tipón comme un laboratoire agricole, un domaine royal, un centre cérémoniel lié à l’eau, et un espace de démonstration technologique.

La surface de ~240 ha mentionnée dans plusieurs sources est immense pour un simple sanctuaire.

A-t-on trouvé des “fermes” ou bâtiments agricoles ?

Oui, mais pas des “fermes” au sens européen.

On a identifié  des terrasses agricoles massives, des zones résidentielles, des bâtiments administratifs,(la comparaison avec l'INRA se confirme), des canaux, des structures de stockage assimilables à des greniers / entrepôts (“qullqas”).

Ces espaces de stockage sont importants : ils suggèrent une production agricole organisée et potentiellement redistributive.

Les Incas stockaient notamment : le maïs, le chuño (pomme de terre déshydratée), les graines, les textiles, les produits destinés aux élites ou à l’armée.

Du vin ? Très improbable ! La vigne européenne n’existait pas dans les Andes préhispaniques. Même après la conquête espagnole, la viticulture s’est surtout développée : dans les vallées côtières, ou dans des zones bien plus basses et sèches (Ica, Moquegua, Arequipa). À 3400 m : les gels nocturnes, l’amplitude thermique, et la saison de croissance trop courte rendent la viticulture très difficile. Donc pratiquement aucun indice d’une production de vin à Tipón.

En revanche, on peut envisager la production de : chicha de maïs (bière andine fermentée), qui avait un rôle rituel et politique majeur chez les Incas : donc les vierges sacrifiées au Soleil lors des grandes fêtes d'automne n'étaient pas arrosées à l'eau vive des fontaines, mais à la bière andine fermentée ! 

Et là, le maïs irrigué de Tipón aurait eu tout son sens.

N'oublions pas les  alpagas : la source du textile chaud, à ces altitudes élevées




Les zones supérieures autour de Tipón montent vers 3900–4000 m. Ces altitudes conviennent bien au pâturage des lamas, des alpagas, et probablement à une économie mixte agro-pastorale. Les lamas étaient essentiels au transport, à la laine, à la viande, au fumier, et au prestige rituel.

Cependant, Tipón lui-même est surtout célèbre pour ses terrasses irriguées ; les traces directes d’élevage sont moins spectaculaires archéologiquement que les infrastructures hydrauliques.

Ce qui rend Tipón extraordinaire

Le plus impressionnant est peut-être que l’eau circule encore aujourd’hui dans les canaux construits il y a plus de 500 ans. Je ferai observer qu'en Provence, il en est de même avec le canal de Craponne. Adam de Craponne obtient le 17 août 1554 le droit de prélever l'eau dans la Durance pour la conduire jusqu'à Salon-de-Provence, puis à Arles. Et soigné notamment par le Service du Génie Rural depuis sa création, il coule toujours pour arroser le foin de Crau, et créer la nappe phréatique qui alimente les villes situées dessus.

Le site montre à quel point les Incas, tels des Romains tardifs, maîtrisaient l’hydraulique, les microclimats, la conservation des sols, et l’agriculture de montagne intensive.


Moray dont je vous ai montré les terrasses concentriques, est souvent considéré comme le “complément scientifique” de Tipón : là où Tipón impressionne par sa maîtrise hydraulique, Moray étonne par son expérimentation climatique.

Le site de Moray se trouve dans la Vallée Sacrée des Incas, près de Cusco, à environ 3500 m d’altitude. Il est célèbre pour ses immenses terrasses circulaires concentriques, creusées dans des dépressions naturelles, formant une sorte d’amphithéâtre végétal spectaculaire.

Les archéologues pensent aujourd’hui que Moray servait probablement de centre expérimental agricole pour les Incas. Chaque niveau des terrasses possède en effet un microclimat différent : on mesure jusqu’à 15 °C d’écart entre le sommet et le fond des structures. Cette variation permettait vraisemblablement : de tester des cultures selon différentes températures, d’acclimater des plantes venues d’autres régions de l’empire, et peut-être de sélectionner des variétés plus résistantes au froid ou à la sécheresse. On pense que les Incas y expérimentaient notamment : différentes variétés de maïs, des pommes de terre andines, du quinoa, et d’autres cultures adaptées aux étages écologiques de l’empire.

Les sols eux-mêmes auraient été importés depuis diverses régions du Tawantinsuyu (l’empire inca), ce qui renforce l’idée d’une véritable station agronomique impériale.

Ce qui frappe aujourd’hui encore, c’est l’aspect extrêmement moderne du concept : les Incas avaient compris comment manipuler l’exposition solaire, le vent, l’humidité, le drainage, et la température, afin de créer des environnements agricoles contrôlés en pleine montagne andine.

Il faut absolument rassurer les archéologues et autres chercheurs : Moray reste aussi mystérieux : certains chercheurs pensent qu’il avait également une dimension rituelle ou cosmologique, car les Incas associaient souvent agriculture, astronomie et religion. Mais l’hypothèse du “laboratoire agricole” demeure aujourd’hui la plus largement admise.

Le site de Tipón est fascinant précisément parce qu’il combine plusieurs fonctions : hydraulique, agricole, rituelle et probablement politique. À 3400–3600 m d’altitude, il ne faut surtout pas imaginer un simple “jardin” cérémoniel : les Incas savaient exploiter très efficacement ces étages andins.


Plusieurs autres sites péruviens montrent une maîtrise hydraulique comparable à celle de Tipón, même si chacun possède sa spécialité. Les Incas (et parfois des cultures plus anciennes) ont développé dans les Andes des systèmes extraordinairement sophistiqués pour capter, canaliser, filtrer et distribuer l’eau en montagne.


Machu Picchu n’est pas seulement une cité spectaculaire : c’est aussi un immense système hydraulique de montagne. Une source captée sur le flanc de la montagne alimente : des fontaines en cascade, des canaux de distribution, des terrasses drainantes, et un réseau d’évacuation des pluies extrêmement élaboré.

Les ingénieurs incas avaient conçu des drains souterrains, des couches de graviers filtrants, et des murs perméables pour éviter les glissements de terrain.

Une grande partie de la ville est en réalité construite pour gérer l’eau.

A Ollantaytambo, la ville inca où l’eau circule encore, et  possède encore aujourd’hui des canaux incas fonctionnels dans les rues du village. Le site combine : agriculture en terrasses, alimentation en eau urbaine, fontaines rituelles, et contrôle hydraulique des pentes.

Certaines fontaines cérémonielles rappellent fortement celles de Tipón. L’eau y était aussi liée au pouvoir sacré impérial.

Tambomachay est connu comme le “temple de l’eau” : on y trouve des aqueducs, des canaux taillés dans la pierre, des cascades artificielles, et des fontaines parfaitement symétriques.

L’eau y circule encore avec une précision étonnante. 


canal classique ouvert où le régime est "laminaire", la surface de l'eau parallèle au fond




Une difficulté, est celle du langage : Je suis hydraulicien français, mais si je veux être entendu, je ne dis même pas "écouté", je ne puis être crédible que si je parle anglais :

“pressurized flow”, “confined conduits”, ou “hydraulic head control”.

Le “contrôle de pression” que vous avez vu dans le schéma précédent, correspond probablement à soit à une réduction de section, soit à un bassin intermédiaire, soit à un dénivelé utilisé pour contrôler l’énergie de l’eau.
Comment étaient faites ces conduites ?

Le plus souvent : une pierre inférieure était creusée en rigole, une pierre supérieure servait de couvercle,
formant ainsi une conduite fermée.

Parfois, des blocs semblent effectivement percés ou sculptés avec une section quasi tubulaire.

L’objectif n’était pas de transporter l’eau loin sous forte pression, mais plutôt de maîtriser le débit, protéger l’eau, éviter l’érosion, ou produire des effets rituels précis.

Des études de Kenneth Wright et d’autres ingénieurs ont montré que les Incas maîtrisaient empiriquement la pente critique, la turbulence, la dissipation d’énergie, les pertes de charge, et la stabilité des écoulements.

Sans écriture mathématique connue, ils ont pourtant construit des réseaux auto-nettoyants, très résistants aux crues, et encore fonctionnels après 500 ans.

Voici la description du système de drainage du Machu Pichu



Les “fontaines sacrées” de Machu Picchu comptent parmi les plus belles réalisations hydrauliques incas.

Elles forment une série de seize fontaines alignées descendant en cascade au cœur de la cité. L’eau arrive depuis une source captée plus haut sur la montagne, puis circule de bassin en bassin avec un débit soigneusement contrôlé.







On repère très bien les rigoles taillées dans le granite, les petits seuils de dissipation, les jets calibrés, et les bassins successifs.

On remarque plusieurs éléments remarquables : les angles très soigneusement polis, les écoulements sont laminaires et réguliers, les ouvertures contrôlent la vitesse de l’eau, et chaque bassin amortit l’énergie avant le suivant.

Les ingénieurs incas avaient compris empiriquement comment éviter la turbulence excessive, limiter l’érosion, oxygéner l’eau, et maintenir un débit stable malgré les variations saisonnières. Certaines études modernes ont même montré que la pente des canaux, la largeur des buses, et la hauteur des chutes étaient ajustées avec une précision qui évoque une véritable hydraulique expérimentale. 

Le résultat est saisissant : après plus de cinq siècles, beaucoup de ces fontaines fonctionnent encore pratiquement comme à l’époque inca.

le plus simple est de regarder :


je m'amuse beaucoup de constater que beaucoup de voyageurs du monde vont très loin pour observer des domaines qu'ils ignorent autour d'eux

ils seraient 5 milliards cette année 2026

j'entends dire sur BFM Business ce matin que les avions manquent de moteurs 
que les moteurs ne sont plus adaptés au renchérissement du kérosène
depuis que 20% du pétrole mondial manquant depuis le blocage d'Ormuz
freine l'essor de l'aviation mondiale

allez visiter chez les Incas les ouvrages hydrauliques qui ont été oubliés ici

réfléchissez aux conséquences terribles de fontaines magnifiques
sur les sacrifices terribles d'innocentes jeunes filles andines
d'une agriculture pleine de pratiques religieuses heureusement oubliées :

les voyages forment la jeunesse, 
mais pas que...!

samedi 6 juin 2026

Le silphium des Romains ... retrouvé ?


Il existait il y a deux mille ans, (comme aujourd'hui), une big-pharma antique ! 

elle utilisait, (comme aujourd'hui), les propriétés des plantes médicinales


des fleurs jaunes

des graines en forme de coeur


le silphium


comme hier Néanderthal a éradiqué le mammouth,

comme aujourd'hui on vire les organg-outans de leur forêt primaire pour planter des palmiers à huile,

hier les romains ont tellement coupé leur silphium qu'il a disparu



Bon, disparu, on oublie, l'Histoire se répète car on ne veut pas suivre ses enseignements. La Big-pharma invente le remplacement du silphium, par exemple pour limiter la reproduction humaine, on invente le préservatif, un tuyau souple plastique aromatisé à la framboise, fabriqué à base de pétrole fossile, pas écolo, donc on invente la pilule d'après (l'acte sexuel), j'ignore de quoi le principe actif est extrait ?

Mais il existe des herboristes, il existe des endroits déserts ou peu fréquentés, et les voyageurs intrépides cherchent obstinément des trucs qui pourraient combler une curiosité, curiosité qui est la marque de l'Homme (et de la femme). Disons : des humains.

pourquoi ce sont toujours des Anglophones qui expliquent le Monde ?

Une légende refait surface sur le sol anatolien. En 1983, le professeur Mahmut Miski se tenait sur un flanc de montagne turc, observant une grande plante herbacée à fleurs jaunes qui lui semblait bien trop familière pour être ordinaire.

Il s'agissait du silphium, la denrée la plus précieuse de la Méditerranée antique. Les Romains ne se contentaient pas de le consommer ; ils l'accumulaient dans le trésor de l'État car son poids équivalait à celui de l'or.

Elle constituait le remède miracle par excellence pour l'élite de Cyrène. Les médecins la prescrivaient pour tout, de la fièvre aux troubles digestifs, mais son utilisation la plus révolutionnaire fut celle d'une méthode contraceptive antique très efficace.

vous voyez : on n'a rien inventé, et la contraception était déjà un progrès pour la Femme

réguler sa reproduction était déjà légitime !

La plante ne prospérait que sur une étroite bande côtière libyenne. Pendant des siècles, les Grecs tentèrent de la cultiver ailleurs, mais ses tiges refusaient de prendre racine sur aucun autre sol, conservant ainsi un monopole naturel absolu.

La surexploitation a fini par mener l'espèce au bord de l'extinction. Pline l'Ancien a relaté la fin tragique de cette lignée lorsque le tout dernier spécimen fut envoyé à l'empereur Néron comme curiosité.

Des décennies après sa découverte initiale, Miski réalisa que la plante qu'il avait trouvée, Ferula drudeana, présentait d'étranges similitudes avec le trésor perdu. Les descriptions sont anciennes, la découverte est récente. Sa racine épaisse et ridée et ses feuilles caractéristiques correspondent aux illustrations figurant sur d'anciennes pièces d'argent.

Même le comportement du bétail moderne corrobore cette théorie. Les moutons de la région recherchent ces touffes jaunes spécifiques et s'endorment profondément, comme le décrivent des textes anciens datant d'il y a deux mille ans.

L'analyse chimique a finalement révélé la présence de trente métabolites secondaires. Ces composés sont modernes, mais les résultats sont historiques. Ces substances chimiques présentent de puissantes propriétés anti-inflammatoires et contraceptives, corroborant les écrits médicaux des savants romains.

Nous ignorons encore comment un Libyen a pu se retrouver en Turquie. Si c'est là un véritable miracle du monde antique, nous avons affaire à un fantôme vivant qui refuse de mourir.

J'observe que le nom Ferula me dit quelque chose

celle dont nous parle le Chercheur est drudeana, certes, mais reste une belle ombellifère

Moi je connais bien une plante méditerranéenne du genre Ferula et de la famille des apiacées qui est communis. Son « latex » contient des composés toxiques pour les animaux herbivores.

Elle fleurit en mai-juin, se présentant sous forme d'un arbrisseau aux ombelles spectaculaires par leur taille.


Pourquoi j'aime cette plante ? C'est la plante-hôte de Hospiton, le Machaon corse

sa chenille se moque du latex qui empoisonne les vaches
et qui est peut-être contraceptif, il faudrait qu'une femme Corse (qui a fauté)
essaie et teste cet ingrédient ?

j'en parle dans mon vieux bouquin :


La férule contient des composés toxiques. Les premiers identifiés ont été des phénylpropanoïdes et plus précisément des coumarines prénylées. En plus des complexes sesquiterpène-coumarine déjà connus, d'autres composés ont été plus récemment identifiés dans les racines ; deux molécules cycliques de coumarines farnésylées et deux nouveaux dérivés cycliques de chromones farnésylées. Ce sont ces coumarines prénylées qui confèrent aux férules communes leur toxicité anticoagulante. De ce fait, leur ingestion peut poser des problèmes toxicologiques et écotoxicologiques.

Les sesquiterpènes synthétisés par cette plante, en particulier dans ses rhizomes, pourraient peut-être servir à produire des médicaments tels que des anti-mycobactériens

Alors je me pose deux questions :

1-est-ce que la pharmacopée Corse, déjà riche en plantes médicinales, ne pourrait pas réfléchir à la culture de la Férule pour en tirer des médicaments insulaires, augmentant (encore) le potentiel d'attraction de l'ile de Beauté ?

2-là-bas en Turquie, existe-t-il un Papilio accro à Ferula drudeana ?

parce que poursuivre ce papillon faciliterait la recherche du Silphium ?

et rétablirait la Big-Pharma romaine

Je soumets il y a quinze jours cette idée à Giorgia Méloni :

l'idée l'amuse, et en retour, elle m'envoie cette photo-perso :

j'avais un faible pour Monica Belluci. Je l'ai toujours...

j'ai un faible pour elle :

c'est une romaine-italienne-comme-j'aime ! 


un brano per mandolino dedicato a Giorgina :



PS : comme je poursuis ma thèse doctorale me permettant de devenir Docteur-ès-papillons, j'interroge mon IA perso et voici sa réponse :

"À ma connaissance, il n’existe actuellement aucune donnée publiée montrant que Ferula drudeana soit plante-hôte d’un Papilionidae, ni d’un quelconque Papilio anatolien. La plante est extrêmement rare et localisée dans le Taurus central turc, et son écologie entomologique reste très peu étudiée.

"Mais votre intuition est excellente, car le lien Ferula ↔ Papilio est récurrent dans l’Ancien Monde. Plusieurs espèces de Papilio utilisent des Apiaceae riches en composés aromatiques ou furanocoumarines, notamment :

"Papilio hospiton sur Ferula communis en Corse et Sardaigne ; Papilio machaon sur diverses Apiaceae (Ferula, Peucedanum, Seseli, Foeniculum, etc.) selon les régions ; plusieurs Papilio moyen-orientaux exploitent aussi des Ombellifères xérophiles montagnardes.

"Or la Turquie méridionale héberge précisément des complexes relictuels de Ferula, plusieurs lignées orientales de Papilio machaon, et des micro-endémismes comparables à ceux Corse–Sardaigne.

Il serait donc biologiquement plausible qu’un taxon local de Papilio utilise Ferula drudeana, mais cela n’a apparemment jamais été documenté.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que :

F. drudeana pousse vers 1500–2300 m dans des habitats rocheux du Taurus ; ces biotopes correspondent assez bien aux habitats de certaines populations orientales de Papilio machaon ; les Ferula anatoliennes sont chimiquement très riches, ce qui pourrait favoriser des spécialisations larvaires analogues à P. hospiton.


Votre exemple Corse–Sardaigne est d’ailleurs un cas remarquable de co-spécialisation insulaire. On sait que Papilio hospiton montre une forte fidélité gustative et comportementale envers Ferula communis.

Je soupçonne qu’en Anatolie il y aurait matière à une étude passionnante : prospection des chenilles sur Ferula drudeana au printemps, recherche d’œufs isolés sur ombelles ou jeunes feuilles, barcoding des larves, comparaison chimique avec Ferula communis.

Cela pourrait révéler une utilisation opportuniste par Papilio machaon, une écotype spécialisé, voire un reliquat phylogéographique encore mal connu.

C’est typiquement le genre de système plante–lépidoptère relicte qui a probablement été sous-échantillonné en Anatolie intérieure.

Il faut savoir que les populations anatoliennes de Papilio machaon présentent souvent des individus plus pâles, avec des bandes jaunes très développées et parfois une extension noire réduite par rapport aux formes d’Europe occidentale. On rencontre aussi des formes de montagne assez grandes dans l’Anatolie orientale et le Taurus.

Voici quelques images représentatives de variantes anatoliennes et proche-orientales :




On rapproche souvent ces populations des sous-espèces orientales décrites comme :

Papilio machaon syriacus (Levant, sud Anatolie), Papilio machaon muetingi (Anatolie orientale selon certains auteurs), ou simplement des clines anatoliens de P. machaon gorganus.

Ce qui serait particulièrement intéressant pour votre hypothèse autour de Ferula drudeana, ce serait de rechercher des femelles en vol lent autour des ombellifères géantes, des pontes isolées sur jeunes feuilles basales, et surtout les chenilles noires/orange des premiers stades au printemps précoce.

Les populations anatoliennes de Papilio machaon fréquentent justement plusieurs Apiaceae montagnardes proches écologiquement des habitats à Ferula.

alors, dopés de Ferulae, les mâles pleins d'énergie, se livrent à des combats aériens
précédant les pariades