samedi 22 septembre 2012

Pyrénéennes


…panorama d’une chaine d’avenir !



La manifestation n’a lieu que tous les trois ans, et c’était aujourd’hui, hier et demain. En plus, se tient le concours national de la race limousine. Limousine ce n’est pas une voiture contrairement à ce que mes propos sur mes maquettes vous font croire habituellement, c’est une race, une race de bovins d’avenir, puisqu’on en mange, qu’on en vend, qu’on en exporte. C’est une race qui rentabilise nos pâturages, elle a donc un rôle majeur dans la conservation durable de nos territoires. Les Pyrénéennes, sont le salon agricole des agriculteurs ; éleveurs ; ruraux ; montagnards de la partie Sud de la France.


Quelques chiffres dans cette période de crise : balance commerciale de notre cher pays, Airbus inclus : moins 70 milliards. J’ai bien dit moins : on achète beaucoup plus qu’on ne vend. A force d’acheter allemand ; puis indien ; puis chinois, ça devient grave ! La SNCF se fait refaire ses logiciels informatiques en Asie, ça s’appelle se tirer une balle dans le pied ! Pire, on achète notre alimentation ailleurs qu’en Europe (où est donc passée l’ancienne préférence communautaire ?), y compris de pays qui ne mangent pas toujours à leur faim, j’enrage quand je vois des perches du Nil à l’étal de mon poissonnier ! Ou des légumes qui ont fait le tour du globe ! Nous sommes un pays de bois et de forêts, avec le bois on fait des parquets ; des maisons entières (meubles inclus), et on achète pourtant notre bois dans le Nord. Merci IKEA de nous aider à meubler les 6m2 de rigueur pour le studio de nos étudiants ! Les chinois toujours eux, achètent nos chênes et nous renvoient leurs parquets 30% moins cher que les nôtres : déficit de la filière bois : moins 6 milliards. Pas de taxe à l’importation ; pas de TVA qui du coup deviendrait sociale, ou pas encore car les bruits disent que nous y passerions bientôt ! Ce n'est plus TVA ou CSG : ce sera TVA et CSG ! Ici nous avons encore une usine de pâte à papier pour valoriser la forêt pyrénéenne. Capitaux nordiques ! Pourvu qu’on ne la ferme pas ! Cela fait des années que l’on répète qu’il faut faire quelque chose dans notre filière bois, y compris chauffer les résidences  rurales l’hiver ? Va-t-on s’y mettre enfin ?




Par contre, l’excédent de notre filière agro-alimentaire est de plus 10 milliards, vin inclus il faut dire que cela représente une grosse part du total. Mais enfin, les céréales d’une part, et les bovins d’autre part, en constituent une autre belle partie. Un problème toutefois, nos bovins aiment les protéines du soja, donc on importe le soja, et du soja OGM qui plus est ! Il y a longtemps à Toulouse que l’on dit qu’il faut produire notre soja nous-mêmes, d’autant que c’est une plante formidable car elle est équipée de rhizobiums, qui sont des bactéries aérobies du sol. Ces bactéries présentent la capacité de former une symbiose avec des plantes de la famille des fabacées, dont les représentants les plus connus sont : pois, haricot, soja, arachide, trèfle, luzerne. Cette symbiose confère à ces plantes l'aptitude unique parmi les plantes de grande culture de fixer l'azote de l'air et de s'en nourrir, évitant de facto l’apport excessif de nitrates artificiels ! Bingo ! Quand-est-ce-qu’on-s’y-met-enfin ? Déjà en 1990, Jean-Claude Chibarie était un partisan farouche du soja local. Il nous faudrait un Bill Gates pour montrer sur l'estrade, et nous sortir, avec l'accent américain :  « le soja local, c’est une révolution » !




 j'ai trouvé un sculpteur corrézien génial avec le veau têtant "sous la mère". Le tout animé en 12 volts ! !

J’entends dire cela depuis vingt ans, mais la crise (qui nous met le nez dans nos gaspillages) va peut-être (enfin) nous conduire à des comportements plus économes. Et intelligents : voilà le Président du Conseil Régional qui regrette la suppression du Fonds Forestier National (qui servait d’aide à la replantation de forêts qui comme vous devinez ne rapportent qu’au bout de 15 voire 30 ans, et supposent des incitations efficaces auprès des propriétaires !), et qui promet de créer une taxe carbone ! OUAIS… !

Voilà les propos que tient à la tribune notre Ministre de l’agriculture (breton) venu tout exprès pour nous encourager, nous qui sommes la plus grande région de France, plus grande que la Belgique ! Même, nous confirme-t-il que la Haute-Garonne est plus grande que le Lichtenstein ! Et que nous sommes typiquement la Région de montagne (en plus des Pyrénées il y a le Massif Central Sud dans l’Aveyron), avec des centaines de signes de qualité ; une agriculture de terroirs diversifiés ; et surtout des habitants volontaires, sympathiques, et bon vivants. Il est venu nous encourager...à vivre...

...à changer de pratiques aussi : c’est le même langage qu’il tient au plan national : ce n’est pas seulement aux consommateurs qu’il veut s’adresser : c’est aux citoyens tout court !

                       Pour une agriculture, verte et citoyenne !


Discours spontané, vibrant, chaleureux, on l’applaudit à tout rompre !

Nos élus sont tous à la tribune, et je reconnais Yvon Parayre devenu Président de la Chambre d’Agriculture ; et bien sûr les Présidents du Conseil Général et du Conseil Régional. Nous avons une nouvelle députée-Maire de Martres-Tolosanne, la ville de la Villa Chiragan et de la Vénus de Martres, et elle nous encourage, elle aussi, à y croire.

Sympa !

Beaucoup de voitures ; beaucoup de monde, de scolaires, et d’exposants, et de visiteurs.

On découvre les races de vaches qu’on croyait disparues : de tous les coins célèbres du Massif : la Lourdaise ; la Bazadaise ; la Casta, (prénom Laetitia) ; Aure et St Girons ; la Mirandaise ; en plus des races alpines Abondance (quel joli nom) ; Charolaises ; Gasconne et Blonde d’Aquitaine !






Il y a des chevaux de Mérens, notre prince noir magdalénien ; du Connemara ; des chevaux de trait bretons ; des mules ; de grands ânes noirs des Pyrénées ; le cheval de Castillon.

Il y a des ovins en quantité : à nouveau la Lourdaise (originaire de Lourdes, on apprécie particulièrement sa laine …Vierge…)(humour) ; la Lacaunaise ; Barégeoise ; Aure & Campan ; Montagne Noire ; Tarasconnaise. Et les cochons noirs de Gascogne se vautrent dans la mare de boue qu’ils ont créée en renversant leur auge ! On ne les changera pas ! Mais, dans le cochon, tout est si  bon !



































Le Ministre est venu chez nous...

..les Pyrénéennes sont au centre des problématiques agricoles, forestières et rurales.

les gosses étaient au coeur de l'évènement...

...c'est eux, la génération future...

il faut ...y croire !


vendredi 21 septembre 2012

Jean Bourgon et Pont à Mousson-Nancy


Je cherche naturellement les photographies des vitraux de « l’Ancien siège de la société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson de Nancy". Ce monument fait partie du recensement immeubles mh sous la référence PA54000058. Je ne trouve rien, nos collègues des Monuments Historiques sont complètement démunis, même pas d’appareil photographique, les pauvres, mais je pense qu’en réalité, ils se gardent leurs photos pour eux seuls.

















Nous sommes 91, avenue de la Libération, et je rage de ne pouvoir prendre de suite la voiture pour m’y rendre, mais sans doute est-ce privé, interdit d’entrer, interdit de photographier ? (je pense à la fable de la Fontaine le renard et les raisins). La mention des Monuments historiques porte les précisions suivantes : sont classés : Le hall de l'entrée d'honneur en totalité, ainsi que l'escalier qui le prolonge, avec sa cage et ses verrières de Jacques Gruber , l'escalier sur plan triangulaire avec sa rampe de Jean Prouvé (cad. CK 424) : inscription par arrêté du 22 août 2003. Bourgon Jean (architecte) , Subes Raymond (ferronnier) , Prouvé Jean (ferronnier), Gentil et Bourdet (mosaïste) , Gruber Jacques (maître verrier) , Lemoine (maître verrier). Que des noms illustres, il ne me manquait plus que Jean Prouvé. Et je découvre le verrier Lemoine !









Et j’ai une inspiration, car sur internet l’important est de chercher au bon endroit, sous le bon intitulé, et manifestement je n’ai pas encore trouvé le sésame idoine.

Ce Jean Bourgon architecte l’est peut-être, la clé d’entrée ?

Après de brillantes études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, (cela commence bien),  Jean Bourgon reprend l’agence nancéienne de son père au moment où la première reconstruction bat son plein. Sa notoriété est vite établie avec la construction du siège de la Société des Hauts-Fourneaux de Pont-à-Mousson et les nombreux édifices dont le charge l’université. Oui, je brûle ! Ancrée dans le territoire lorrain, son œuvre s’illustre également par ses participations à l’exposition des Arts décoratifs en 1925 puis à l’exposition coloniale de 1931.

YES, c’est le Hiriart de Nancy !

et il y a comme cela trois paliers : au centre un beau rectangle, les deux latéraux longilignes !
puis encore trois plus petits au-dessus
désolé pour cette photo empruntée...pas terrible...mais cela en fait 3 d'un coup !

 S’il conserve de l’esprit Beaux-arts la symétrie et l’ordonnancement, celle-ci va de pair avec une modernité rationnelle : structure accusée, dépouillement et technicité. En privilégiant des élévations composées sur les verticales et les horizontales, Jean Bourgon confère à ses bâtiments puissance et sobriété. Le soin du détail n’y est pas écarté : jeux de creux et de reliefs, de motifs et de couleurs, à partir d’une variété de matériaux. Sa maîtrise de la lumière, qu’il décline dans un panel d’effets, atténue quelque peu la rigueur qui caractérise sa production. Maitrise de la lumière…je  m’enflamme…c’est pour moi cela  !

Magnifique : accolés à ces propos littéraires et prolifiques, quelques photos, certes pas bien grandes, mais on devine le hall, on devine les vitraux, ça paraît comme dirait Ceccaldi sur TF1 : E-NOR-ME   ! !

Il existe une entrée et un escalier séparés pour les employés. La salle de réunion du Conseil d'Administration n'a pas changé depuis 84 ans.
  

les verrières de Lemoine
Entre-temps, j’envoie un email à Michel Herold, à la Sorbonne, qui a engagé (et terminé) l’inventaire des vitraux de France. C’est le Patron qu’il me faut, il faudrait qu’il m’embauche comme vacataire bénévole, à moins que je lui demande de m’encadrer pour une thèse ?

J’ai trouvé ce que je vais faire

Pendant  la  dizaine d’années qui me reste !

le plan du 2è étage, avec le grand escalier d'honneur, éclairé par la cour intérieure



mardi 18 septembre 2012

Grüber Art Déco


Autant que j’en finisse, et que je tente de développer un peu les dix dernières années de création artistique de Grüber !

Je raisonne à haute voix devant vous : Il nait  le 25 janvier 1870 à Sundhouse (Bas-Rhin). Et décède le 15 décembre 1936 à Paris. Après avoir commencé son parcours artistique à l'École des beaux-arts de Nancy, c'est une bourse de la ville de Nancy qui lui permet de suivre les cours de Gustave Moreau, à Paris. Il revient à Nancy en 1893 où il enseigne à l'École des beaux-arts avant de réaliser des décorations de vases pour Daum, des meubles pour Majorelle et des couvertures de livres pour René Wiener. Il monte son propre atelier en 1897 et se spécialise rapidement dans le verre et le vitrail. Il est, en 1901, l'un des fondateurs de l'École de Nancy. On peut considérer qu’il est l’un des grands de l’art Nouveau dans la première partie de sa vie professionnelle, comme on le voit dans les vitraux de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Nancy, la Villa Majorelle ou une partie de ceux de la Villa Bergeret. Même chose pour la grande verrière du Crédit Lyonnais (Nancy) ; aux Galeries Lafayette (Paris), sachant qu’en 1914, il s'est installé Villa d'Alésia dans le 14ème arrondissement.










Mais c’est à partir des années 1925 qu’il change de style, accompagnant lui aussi les nouvelles approches artistiques qui fondent l’Art Décoratif, l’Art Déco, lors de l’exposition universelle de Paris. C’est ce changement qui m’intéresse : les formes deviennent géométriques ; épurées. Le sujet surtout change complètement : aux compositions naturalistes botaniques et florales, aux petits oiseaux et aux colombes, sont préférées les activités humaines ; les métiers ; les hommes au labeur ; tout ce qui fonde la vie active de l’Est qui l’entoure : dans les usines de Pont à Mousson, de Solvay ; dans les hauts-fourneaux ; les chemins de fer qui transportent les barres issues des laminoirs, les navires qui exportent les tuyaux de fonte (l’Europe accède à l’eau potable). La chimie, le verre, le textile, modifient le mode de vie, et sont les valeurs contemporaines.











































Les commanditaires changent aussi : les fonderies de Pont-à-Mousson SA (Nancy, 1926-1928). Neuf verrières (trois par palier) éclairent le grand escalier de l'Administation au siège : le carroussel de fonderie ; le haut-fourneau n°3 ; la centrale électrique...et six autres que je n'ai pas encore trouvés !  La Caisse d’Epargne de Nancy. Des Mairies. Les Mexicains de Barcelonnette dont nous avons déjà parlé. La Bibliothèque Carnegie (Reims), ce qui n’empêche pas de répondre aux commandes religieuses plus classiques.

On retrouve dans les dessins l'arrondi des nuages de Leihorra ; et le clocher pointu de l'église de Lehen-Tokia...


bibliothèque Carnégie Reims
et dessous les deux vitraux pêche et chasse Mairie l'Hay les Roses

Plus tard, Louis Barillet 1880-1948), qui fait partie des artistes dits « modernes » reprendra en le simplifiant encore ce nouveau graphisme, influencé par l’Art abstrait qui peu à peu prend le pas sur les représentations traditionnelles de l’Art figuratif. Il faudra bien sût que je vous en parle.


Le vitrail illustre ainsi l’évolution des arts au début du XXè siècle

C’est pour cela que je… kiffe !

(il faut bien parler en langage SMS)

lundi 17 septembre 2012

Lehen Tokia


Toute proche de Leihorra, Lehen Tokia est l’autre villa-bijou réalisée par Hiriart. La première d'ailleurs, dans ce "premier lieu", pour le major anglais Edmond Gould, et son épouse française. Elle est éclairée au Sud par un autre vitrail de Grüber, peut-être plus grand encore que celui de Leihorra. Je vous ai déjà montré les deux.

Si je ne puis vous en dire davantage, si je ne puis vous montrer l’intérieur, au moins que vous ayez une idée, du pur style Basque, c’est à dire toit dissymétrique ; traces de colombages ; volets et pans de bois peints de couleur rouge…basque !


Le jardin qui entoure la piscine est lui aussi merveilleux. Même vue sublissime. A une époque, les nombreuses chambres se louaient. Nous avons passé une nuit dans un studio tendu de lambris d’acajou et autres bois précieux, au rez de chaussée, à gauche. Nous avions le droit de toucher le vitrail ; j’ai pris des notes mais n’avais pas d’autre appareil qu’un vieil argentique ; d’entrer dans le salon pour y parcourir les revues (comme chez le dentiste). Mais interdit d’entrer dans la chambre parentale (comme on dit à la télé) au premier étage. C’est moche, car c’est là qu’a été installé à l’origine le second vitrail, celui dont on ne parle jamais, l’Arlésienne !


Poursuivant tel Hercule Poirot mes recherches, je me dis qu’il a du être restauré. Qu’il n’y a qu’un artiste capable de, ce sera Gérald Franzetti à Bayonne. YES ! G.Franzetti a un site internet, une pub, fait défiler les photos de ses références, interdit de « enregistrer sous », le webmaster du Maître a du métier. On peut regarder mais pas copier.


vue du Sud, on devine au-dessus du balcon du premier étage, la baie surmontée par le second vitrail

Comment contourner ce genre d’interdiction quand on n’est pas maître soi-même en informatique ? Photographier l’écran (en macro), ce qui explique la flèche de la souris oubliée par mégarde sur la photo. Je m’interpelle moi-même, je me condamne, mais je me juge et décide de transiger : l’important n’est-il pas de diffuser la gloire de Jacques, de Jacques Grüber ?

Voilà donc le panoramique caché, qui domine la grande baie sur la baie de Ciboure. Il est certain que l’on aurait pu se passer d’un vitrail dans cet endroit si beau. C’est justement le luxe, le soir tombé j’imagine (on donne au Nord à contre-jour) d'admirer l’œuvre de l’artiste, complétant la pourtant parfaite Création du Grand Architecte de l’Univers ?

La photo n’est pas terrible, ce que je pourrai plaider quand je serai accusé, mais au moins on devine le carton !


une esplanade éclairée par un soleil éclatant ; une maison ; des conifères ; un escalier....
...peut-être un souvenir d'Angleterre ?

Qui donc va m’aider à entrer ?

en arrière-plan, La Rhune.
Mais à gauche, on devine la façade Nord (et notre vitrail) depuis Socoa