samedi 6 mars 2021

Visite printanière à Tibiran



les amis de aquae convenarum vont se repérer autour de la captation bien peu visible dans l'univers du pré martyrisé par les vaches, et le bois coupé


2021 étant une nouvelle année, normal de poursuivre les recherches romaines engagées la semaine passée : pour s'évader, il suffit de changer de département, de migrer en Hautes-Pyrénées : à quoi ressemble Tibiran en ce début de printemps ? Où en sont les fleurs ? A quoi ressemble le paysage après les déboisements d'hiver, marqués par les tas de bois coupé, un peu partout dans le paysage  ?




Je vais vous faire un aveu : à chaque fois que je me rends ici, je me perds, dans les chemins étroits, goudronnés et restés en terre, où les impasses sont légion ! Je finis par aboutir au lieu magique, où se situe la captation de l'aqueduc remontant le cours naturel des eaux de 3,1 m, pour interrompre leur trajet vers l'exutoire naturel en contre-bas, où le moulin turbine toute cette eau. Tiens, les environs du moulin sont débroussaillés, on peut circuler à pied tout autour (pour autant que l'on ne se torde pas la cheville dans les empreintes laissées par les vaches). Les vaches, vous avez compris, sont les "oies du Capitole" des propriétaires, soucieux de ne pas favoriser les visites inutiles des touristes, s'il s'en trouvait perdus dans ce coin oublié.








Pour nos amis parisiens contraints de s'entasser avec masque dans leurs espaces urbains, je vous joins quelques photos de nos fleurs des eaux, qui s'éclatent dans ce coin humide :









voyez je fais le tour du moulin





Je ne suis jamais allé aussi loin, les enrochements qui bloquent le pourtour de ce que je nomme "le robinet" sont très visibles, alors que la fontaine coule à donf :

ne me dites pas que vous ne voyez pas cet enrochement massif !


c'est très très joli, les berges fleuries




à l'aval du moulin, le ruisseau restitue le débit de l'aqueduc romain : 0,7m3/s

c'est comme s'il coulait de nouveau !


toujours les galets roulés glaciaires récupérés et réutilisés dans les murs


ce moulin était très grand, avec deux jeux de chambres parallèles 

mais les anciennes ont été détruites




impossible de dire si ces vannes sont romaines ou tardives ?




tour terminé sans mouiller les chaussures, 

(car naturellement, les bottes sont restées dans la voiture) !






et je remonte par le chemin, sans doute creusé pour remblayer sur 3m de haut la captation
oui la captation d'un côté ... et en face, comme la photo le montre de manière si évidente
...l'intervalle de l'autre côté, avant l'exutoire qui crée la source actuelle...

car si la captation a été remblayée de 3,1 à gauche
il en est de même de la parcelle entourée de son mur à droite


de retour à Saint-Bertrand, les travaux permettant aux piétons relâchés cet été de se hisser tout en haut s'activent :





un escalier monumental, construit à partir du réemploi de galets ... peut-être romains ?


je file à l'endroit où passe l'aqueduc pile poil derrière !



magnifique, les marches sont constituées d'acier corten

je crois avoir un peu participé à vulgariser cet acier dans le coin !


nos ancêtres romains seraient fiers de qui nous sommes devenus !



d'après mes calculs, l'ouvrage d'alimentation en eau des thermes du centre passait depuis la citerne (toujours cachée par la route), par l'endroit remblayé, marqué par la démarcation rouge et blanc. Vite découvert, vite recouvert...!


amusant de voir comment ici, et là

on vit avec l'Histoire !


vendredi 5 mars 2021

Van Gogh à Montmartre (suite)


jardins potagers de Montmartre

Lors de son séjour à Paris, de début mars 1886 à février 1888, Vincent van Gogh prend ses quartiers au cœur de Montmartre, lieu de bohème et d’avant-garde artistique. Pendant cette période, il peindra plus de deux-cents tableaux ! Il a envie d’apprendre, de se confronter à la modernité des impressionnistes, des pointillistes, des symbolistes. Au contact de ces mouvements, Vincent van Gogh libère son vocabulaire plastique, laisse s’exprimer un goût pour la couleur et la lumière. Durant cette période parisienne d’expérimentation et de recherche constante, il appréhende toute la diversité de la Capitale. Cet éclectisme s’illustre par la variété des sujets, paysages bucoliques ou scènes furieusement urbaines, portraits de ses proches, banlieue proche et cœur historique.

Vincent est particulièrement séduit par le charme préservé de Montmartre. Annexé à Paris en 1860, le village champêtre perché sur une colline déploie des paysages de campagne paisible sur ses hauteurs, jardins-potagers, maisons modestes, friches, célèbre maquis et carrières de gypse. Au pied de la Butte, le quartier populaire, plus urbanisé, multiplie les cabarets, bals et hôtels louches comme autant de lieux interlopes de la vie nocturne. Van Gogh à Montmartre va se découvrir et révéler son talent. plus tard, il partira en Provence, séjournera en Arles... seul à part Théo, misérable, il se suicidera, et dans quelles circonstances, deux ans plus tard !

revoici le tableau d'hier



les carrières de gypse








la terrasse de café


l'absinthe

on comprend pourquoi on les nomme "lanternes Montmartre"






Négociant en art, formé dans les succursales de Bruxelles et La Haye de la maison Goupil & Cie depuis 1873, Théo van Gogh, son frère,  est transféré, fin 1880, début 1881, à Paris. Il officie désormais pour la galerie mère. Vincent et Théo entretiennent une relation fraternelle fusionnelle. L’abondante correspondance entre les deux frères offre un éclairage précieux sur le travail du peintre, témoignage unique sur la vie et les pensées de l’artiste. 

Bientôt, Théo devient le gérant de la galerie Boussod, Valadon & Cie, les successeurs de Goupil & Cie. Vincent lui rend visite et à l’invitation de son frère, il s’installe à Paris de façon plus pérenne. Paris et Montmartre forment l’épicentre de l’avant-garde artistique en Europe. Peintres, sculpteurs, poètes, romanciers venus du monde entier s’y rejoignent, attirés par le foisonnement des inventions et la bohème qui prend une dimension mythologique. Vincent van Gogh marque un intérêt particulier pour le travail des néo-impressionnistes. L’ébullition intellectuelle est intense et le bouillonnement des nuits montmartroises n’est pas en reste.

Lorsque Vincent rejoint Théo, ils demeurent au 25 rue Laval rebaptisée Victor Massé en 1887, à deux pas du cabaret du Chat Noir. Le logement modeste s’avère peu commode pour le peintre. Les deux frères déménagent en mai 1886, au 54 rue Lepic, au troisième étage d’un immeuble de rapport typiquement parisien, dans un appartement doté d’un espace qui sera dédié à l’atelier du peintre. Dans sa chambre sous les toits, Vincent van Gogh profite d’une vue panoramique sur la ville. La rue Lepic en bordure de maquis marque le basculement entre haut et bas Montmartre, entre ville et campagne.  Vincent y trouve certains de ses motifs préférés. Il peint des séries dédiées à la Butte Montmartre, le Moulin de la Galette, les scènes de rue villageoise, les jardins, les friches et les carrières côté Haut Montmartre, une ville bouillonnante et urbanisée côté Bas Montmartre. Ces œuvres éclairent l’évolution du style, le renouvellement esthétique inspiré par les artistes qu’il croise.  


je vous quitte pour cette fois, avec la vue de Vincent sur Paname  ...

... depuis sa fenêtre !

j'ai retrouvé cette photo d'époque, du théâtre de la rue Blanche, décembre 1887 :
debout, André Antoine
à droite, Gauguin, à gauche Emile Bernard
Vincent fume la pipe troisième à partir de la gauche


jeudi 4 mars 2021

Van Gogh à Montmartre chez Sotheby's

Encore une histoire contemporaine, encore une histoire de vente aux enchères, encore une rare occasion de s'acheter un Van Gogh, la vie est pleine d'opportunités pour ceux qui savent y faire ! C'est l'histoire de propriétaires, des gens ma foi comme vous et moi, qui possèdent depuis cent ans un vrai Van Gogh, rarement présenté au public. Le tableau n'est pas très grand, (61,3 x 46,1) mais il orne le mur du salon, la signature est prestigieuse, et les invités sont conviés à l'admirer avant de se mettre à table : -"voyez, il a signé là, Vincent" ! ! . Jusqu'à ce qu'un convive avisé s'exclame un jour : -"je parie que si vous le vendiez, ce modeste tableau qui représente le moulin de la Galette se vendrait des millions" !

 




Entendre ces chiffres donne des idées naturellement : les propriétaires réfléchissent, se disent qu'il suffit de vendre le tableau ; de le remplacer par une vraie très très belle copie, et, avec le solde, s'installer sur la Riviera, et vivre comme des nabab, le reste de leurs jours, en profitant de la vie ... (dûment vaccinés).

Voilà comment apparait ce tableau, et cette haie de branchages, détaillés avec minutie par l'oeil observateur de Vincent, avec en vedette le "moulin à poivre" de la Galette, vu depuis l'impasse des deux frères.






sur le tableau de Van Gogh, on distingue au fond le second moulin



on se dit à voir ces images que notre époque a du bon :

certes nous vivons à crédit entourés de virus variants

mais tout bien compté, on mange; on vit ; on reste globalement en bonne santé

...on consomme...

et il n'y a plus de moulins à vent à Montmartre !

(à suivre, demain !)